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Dans l’intimité des Balbuzards pêcheurs

L'Essonne est le seul département francilien qui accueille un couple de Balbuzards pêcheurs ! Sur les Marais de Misery et de Fontenay-le-Vicomte, des caméras ont été mises en place en janvier 2023 sur 2 aires artificielles de nidification. Ce dispositif répond à un double objectif : scientifique et pédagogique. Il va notamment permettre une meilleure compréhension de l’espèce et de son comportement…

Balbuzard pêcheur





  • Il est nécessaire de rafraichir la page toutes les 5 minutes. 
  • L’onglet en haut droite « Historique » vous permet de visualiser les différentes séquences du jour et de la veille. N’hésitez-pas à les consulter !
  • Dans le cadre du suivi du dispositif, si vous observez la présence d'un oiseau (quelle que soit l'espèce) ou d'un autre animal sur l'une des 2 aires, n'hésitez-pas à nous envoyer le jour et l'heure de celle-ci à l'adresse espaces-naturels-sensibles(at)cd-essonne.fr afin que nous puissions archiver cette séquence vidéo.

Les aires pour le Balbuzard pêcheur

Qu'est-ce qu'un Balbuzard pêcheur ?

Rapace diurne de la famille des Pandionidés, le Balbuzard pêcheur (Pandion haliaetus) est une espèce présente sur tous les continents, à l’exception de l’Antarctique. Seul représentant de sa famille, il existe cependant plusieurs sous-espèces à travers le monde. En Europe, la sous-espèce présente est Pandion haliaetus haliaetus.

Ses caractéristiques physiques le rendent facilement identifiable : plutôt de grande taille (50 à 60 cm), il présente une envergure variant de 145 à 170 cm. Ses couleurs sont contrastées, avec une dominance de claires. Sa tête est blanche avec un bandeau noir sur l’œil, ses yeux sont jaunes et son bec est long, crochu et présente un aspect gris-bleuté à la base. Ses ailes sont coudées et fines et ses pattes possèdent des serres longues et incurvées bien adaptées à la pêche. Le dimorphisme sexuel est peu marqué entre le mâle et la femelle : la femelle est légèrement plus lourde, présente un plastron un peu plus sombre et des ailes plus longues que le mâle.

Aussi appelé « Aigle pêcheur », il est principalement piscivore, et peu regardant sur le choix des poissons. Espèce discrète, le Balbuzard a besoin d’un site présentant un large champ visuel pour pouvoir nicher. La cime de hauts arbres, le sommet des pylônes ou encore les pans de falaises lui conviennent plutôt bien. Son nid se situe généralement au centre de son territoire de pêche, dans un rayon maximal de 20 km.

C’est une espèce migratrice. Les populations présentes en période estivale au nord de l’Europe traversent pour certaines la France puis la méditerranée afin d’aller hiverner au sud du Sahara ou dans la péninsule Ibérique. En France, les Balbuzards migrateurs sont observés en fin d’été/début d’automne et en fin d’hiver/début du printemps. Les populations présentes sur le pourtour méditerranéen sont quant à elles sédentaires ou erratiques à l’échelle du bassin méditerranéen.

Les individus ont tendance à revenir chaque année sur les sites qui les ont vus naitre (pour 85% des cas).

Pourquoi une aire artificielle ?

Après la chute d'un nid suite à un fort coup de vent, deux aires artificielles ont été installées sur les marais de Misery et de Fontenay-le-Vicomte en 2001. Cette dernière, installée au sommet d’un Pin sylvestre a dû être remplacée en 2021 car cet arbre avait rapidement dépéri et menaçait de tomber. (Voir la vidéo sur l'installation de l’aire de Fontenay-le-Vicomte : 91 secondes : vol au-dessus d'un nid de balbuzards - Conseil départemental de l'Essonne).

Balbuzard

En moyenne, les couples peuvent donner naissance chaque année de 1 à 3 jeunes. Depuis 19 ans, 24 individus se sont envolés des marais essonniens. La plupart d’entre eux sont bagués à la patte, les données ainsi recueillies permettent aux scientifiques de comprendre, de surveiller et de conserver les populations d'oiseaux migrateurs. C’est ainsi que certains jeunes Balbuzards nés en Essonne ont pu être observés près du Tage au Portugal ou plus récemment, le 25 février 2023, dans le Parc de la Langue de Barbarie au Sénégal.

La mise en place de caméras sur les deux aires relève d’une démarche scientifique et doit permettre une meilleure compréhension de l’espèce, de son comportement, de ce dont elle se nourrit précisément…et s’agissant d’une aire de reproduction, de suivre en direct le cycle complet de celle-ci.

C’est ainsi que les informations suivantes ont d’ores-et-déjà pu être recueillies pour l’aire du Marais de Fontenay-le-Vicomte :

  • La femelle (non baguée) est arrivée sur le site le 8 mars 2023. Depuis ce jour, elle n’a cessé de consolider et parfaire la structure de l’aire (apport de nouvelles branches, repositionnement…) :

 

  • Le mâle, né sur le site en 2009 est quant à lui arrivé le 15 mars. L’accouplement avec la femelle n’a pas tardé :

 

  • Ponte du 1er œuf ! le 31 mars 2023 :

 

  • Ponte du 2ème œuf ! Le 3 avril 2023 :

 

  • Ponte du 3ème œuf ! Le 7 avril 2023 :

 

  • C'est l'heure du nourrissage !

Malgré les 3 œufs pondus par la femelle Balbuzard entre le 30 mars et le 7 avril, seul un oisillon a survécu et est actuellement nourri par ses parents.

Pour satisfaire ce petit glouton, les adultes se partagent la tâche. La femelle mange les poissons apportés par le mâle et en découpe une partie en tous petits morceaux qu’elle distribue à sa progéniture.

Au menu : brèmes, rotengles et gardons !

 
  • L'appel du ciel

Bien nourri par ses parents, le jeune grandit à vue d’œil, et poursuit ses apprentissages. Il s’entraine désormais à se dégourdir les ailes et à faire du surplace au-dessus de l’aire. L’heure du premier envol est imminent !

 

  • Bientôt prêt...

Le dimanche 2 juillet, il s’est élancé pour la 1ère fois hors de l’aire pour explorer son environnement proche, mais revient régulièrement dans le nid, encore incapable de pêcher lui-même.

Sa mère n’a désormais plus besoin de lui découper les poissons, il sait maintenant se nourrir seul.

 
  • Le retour du grand frère

Le 9 août dernier, un comportement anormalement agressif du jeune a attiré l’attention…

La vidéo montre à ses côtés sur l’aire, la présence d’un autre Balbuzard, qui n’est pas sa mère, ni son père mais son grand frère !

Ce dernier, issu d’une fratrie de 3 jeunes, est né en 2021 sur le marais de Misery.

Celui-ci aime visiblement la notoriété car il a été photographié le 10 novembre 2021 sur les bords du Tage au Portugal, et le 25 février 2023 sur la Réserve naturelle de la Langue de Barbarie au Sénégal où il passait l’hiver.

Les retrouvailles n’ont toutefois pas été chaleureuses, le jeune n’ayant pas du tout apprécié la visite inopinée de son ainé…

Cette vidéo prouve que les jeunes oiseaux peuvent regagner leur lieu de naissance dès leur 2ème année.

Cet individu n’est certainement pas sexuellement mature, mais son retour peut laisser espérer son installation dans les 2 années à venir sur l’une des 2 aires artificielles. Le marais pourrait ainsi, peut-être, prochainement accueillir 2 couples de cette espèce emblématique. A suivre…

 

Depuis le mois de septembre, les Balbuzards essonniens sont repartis en Afrique (Sénégal pour la plupart) pour y passer un hiver paisible.

Ils se répartissent sur les lagunes côtières, le long des grandes rivières et des lacs et zones d’inondation où leurs activités se limitent au repos et à la pêche en mer.

Les aires, désormais disponibles, sont parfois explorées par divers visiteurs à plumes, mais pas que… (regardez les vidéos ci-dessous consacrés aux visiteurs inattendus !).

Cependant, à partir du début du mois de mars 2024, ces locataires opportunistes devront faire place nette car les maîtres des lieux seront de retour pour assurer leur descendance…

 

Des visiteurs inattendus sur l’aire du Marais de Misery

Même si elle est à l’origine destinée au Balbuzard pêcheur, l’aire mise en place au Marais de Misery n’est pour le moment pas occupée par cette espèce.

Elle n’est cependant pas sans intérêt car elle sert depuis quelques jours, et ce régulièrement, d’aire de repos/nourrissage pour un couple de Milans noirs qui, sans y nicher (ils nichent à proximité, bien caché au sein d’un arbre), viennent y déguster leurs proies favorites.

 

Le Milan noir (Milvus migrans) est de la taille d’une Buse variable. Il se caractérise par sa queue faiblement échancrée et sa coloration brun foncé uniforme. Sa tête est quant à elle d’un blanc brunâtre strié de noir. 

Oiseau migrateur, il niche dans toute l’Europe à l’exception des îles Britanniques, du Danemark, de la Norvège et des îles de la Méditerranée. Ses quartiers d’hiver se situent en Afrique tropicale, du Sénégal au Kenya.

C’est un charognard qui ramasse volontiers les poissons morts à la surface des eaux libres et ne dédaigne pas les déchets, mais il peut aussi capturer les vertébrés et les invertébrés. Dans les prairies, sa proie principale est le Campagnol des champs.

Les marais de la basse vallée de l’Essonne accueillent entre 5 et 6 couples de ce rapace.

Depuis début mai, à la surprise générale, un couple de Bernache du Canada s’est installé sur l’aire du Marais de Misery et la femelle couve actuellement un œuf. Généralement, cette espèce fabrique son nid à même la berge, et pas dans une aire de rapaces à plus de 10 mètres du sol ! Comme son nom l’indique, la Bernache du Canada est originaire d’Amérique du Nord. Introduite en Europe à partir du XVII ème siècle, comme oiseau d’agrément. Dotée d’une grande capacité d’adaptation, la Bernache du Canada a fini par s’installer un peu partout en Europe.

 

Un Ecureuil roux dans l’aire de Misery

 

Un jeune Autour des Palombes dans l’aire de Misery

Cette observation d’Autour des palombes est de loin la plus remarquable de toutes.
Ce rare rapace diurne forestier est souvent confondu avec l’Epervier d’Europe qui est plus petit. En général, l’Autour des palombes capture ses proies par surprise, en volant à très faible hauteur au cœur des boisements.
Cette espèce est connue pour sa très grande discrétion. En 2023, sa reproduction a été prouvée sur les marais essonniens et il est fort à parier que ce jeune observé soit issu de cette nichée.

 

Une Buse variable dans l’aire de Misery