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Une enquête nationale pilotée par le Conseil général
Le sport peut-il sauver les jeunes de l'obésité ? Pour répondre à cette question, le Pôle départemental de médecine du sport (PDMS), à la pointe en matière de lutte contre l'obésité en milieu scolaire, a piloté une enquête nationale dans cinq collèges du département. 750 élèves de 6e ont ainsi été mesurés, pesés et leur activité physique évaluée pendant toute une année scolaire. Essonne.fr publie, en exclusivité, les résultats de cette enquête inédite.
1 m 50, 43 kg, 67 cm de tour de taille et un IMC* de 19. Voici les mensurations moyennes des élèves de 6e dans les collèges des Ulis, de La Norville et de Ris-Orangis qui ont participé à l'enquête.
Un élève sur cinq est en surpoids dès la 6e. 21 % des élèves sondés ont en effet un IMC supérieur à 20, alors que la norme se situe entre 18 et 20 pour leur classe d'âge. Un chiffre d'autant plus inquiétant lorsqu'on sait que les trois quarts des adolescents en surpoids deviendront des adultes obèses...
45 minutes d'activité physique par jour contre les 60 minutes recommandées. En additionnant séances d'éducation physique et sportive (EPS), sport en club et déplacements à pied, les élèves sondés n'atteignent pas l'heure quotidienne d'activité physique recommandée pour leur classe d'âge.
Les séances d'EPS ont la cote chez les 6e. Constat rassurant : plus de 80 % des garçons et près de 70 % des filles interrogées ont déclaré participer aux séances d'EPS de leur collège "avec plaisir".
Plus de 50 % des élèves font aussi du sport en club. Football, tennis, natation et judo pour les garçons, danse, équitation et gymnastique pour les filles : plus d'un élève sur deux pratique une activité sportive extra-scolaire.
Le sport pratiqué également en dehors du collège limite la prise de poids. C'est la seule corrélation entre sport et surpoids clairement établie par cette enquête : les adolescents pratiquant, en plus de l'EPS au collège, une activité sportive régulière dans une association ou en club, auraient moins tendance à être en surpoids. Une tendance à confirmer dans l'assiette, bien entendu !
*Indice de masse corporelle.
L'avis de l'expert
Pr. Charles-Yannick Guézennec, directeur du Pôle départemental de médecine du sport et auteur de l'étude.
"L'objectif de cette enquête était de vérifier si la pratique d'une activité physique couplée aux conseils des enseignants pouvait modifier la composition corporelle des préadolescents. Au terme de cette enquête, nous n'avons pas encore de réponse formelle à cette question. Mais cette étude souligne tout de même l'importance du rôle joué par les associations et les clubs sportifs.
Ces structures aideraient les jeunes à avoir une activité physique régulière qui limiterait leur prise de poids. L'effort doit donc se porter sur le soutien aux clubs et associations sportives, comme le fait le Conseil général en Essonne. À court terme, il faudrait rendre ces clubs - souvent chers - accessibles à tous, mais aussi diversifier leur offre, axée surtout sur la compétition, vers la pratique de loisir. À plus long terme, il faudrait aussi aménager les trajets pour permettre aux enfants d'aller à l'école à pied... Autant de pistes qui pourraient bientôt faire l'objet de nouvelles campagnes de santé publique nationales, à la suite des propositions issues de cette enquête."
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