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Réforme de l'hôpital : l'inquiétude grandit en Essonne
Après la série de décès tragiques dans les hôpitaux publics, le Conseil général réaffirme son inquiétude concernant la réforme de l'hôpital, qui doit être examinée courant février par le Parlement. Un sentiment partagé par les syndicats hospitaliers du département, qui appelaient à une mobilisation massive le 29 janvier dernier.
Alors que le projet de loi "Hôpital, patients, santé, territoires" sera débattu courant février à l'Assemblée nationale, l'inquiétude liée à cette réforme gagne du terrain en Essonne. Elus, syndicats et associations ont fait part de leur émotion, après la série de décès tragiques de patients au cours de la période de Noël.
Parmi eux, un Essonnien victime d'un malaise cardiaque, résidant à Massy, est décédé le 28 décembre dernier après une longue attente, faute de place dans les services de réanimation d'Ile-de-France. Moins d'un mois plus tard, le 20 janvier, un enfant de 3 ans est lui décédé à l'hôpital d'Evry-Courcouronnes, après y avoir été admis dans la matinée, puis renvoyé chez lui. De retour aux urgences quelques heures plus tard, l'enfant a fait un arrêt cardiaque.
Fermetures et fusions
Au lendemain du drame de Massy, le président du Conseil général, Michel Berson, et son vice-président en charge des solidarités, Jérôme Guedj, avaient déjà exprimé leur "très vive émotion" et réclamé que "l'enquête demandée par la ministre de la Santé débouche rapidement sur des mesures fortes et concrètes en faveur du droit à la santé pour tous".
L'occasion aussi pour les deux élus de rappeler l'inquiétude du Conseil général, exprimée depuis déjà plusieurs mois, concernant la réforme de la carte hospitalière. En Essonne, celle-ci prévoit notamment la fermeture de l'hôpital de Juvisy-sur-Orge, le rapprochement des hôpitaux de Dourdan et d'Etampes, le basculement de la chirurgie de l'hôpital d'Arpajon sur le Centre Hospitalier Sud Francilien ou bien encore la fusion des hôpitaux de Draveil et de Champcueil.
"Sans mésestimer les nécessités d'une gestion plus efficiente, il ne peut être question d'autre chose que d'améliorer l'offre et la desserte (ndlr : de soins) proposées aux Essonniens", avait déclaré Michel Berson en octobre dernier, lors d'une rencontre avec le directeur de l'Agence régionale hospitalière d'Ile-de-France, Jacques Métais. Plus généralement, le Conseil général demande que le service public de la santé assure à la fois proximité et qualité des soins, sur tout le territoire essonnien.
De son côté, Marie-Pierre Oprandi, conseillère générale du canton de Massy-Ouest, où s'est produit le drame du 28 décembre, a dénoncé à cette occasion la réduction des moyens pour l'hôpital public. "De réformes en réformes, le gouvernement multiplie les attaques contre le service public hospitalier : restrictions budgétaires, suppressions de lits, fermetures de services..., au nom de la rentabilité, de la rationalisation", estime l'élue. Elle appelle, elle aussi, à la défense de "l'égalité d'accès aux soins et au droit à la santé pour tous".
Mobilisation nationale le 29 janvier
Face à la polémique, Nicolas Sarkozy a déclaré, lors de l'inauguration de l'hôpital civil de Strasbourg le 9 janvier, que "notre système hospitalier est l'un des meilleurs au monde". Mais, dans le même temps, le président de la République a exclu de débloquer de nouveaux fonds, citant un "déficit d'organisation" de l'hôpital public, plutôt qu'un "problème de moyens".
De quoi attiser encore davantage la colère des syndicats hospitaliers, comme la CGT Essonne, qui évoque "une réforme qui tue". Pour le syndicat, ce sont bien "les suppressions de lits d'hospitalisations, de services et d'hôpitaux, engagées depuis plusieurs années qui sont à l'origine de tels drames (ndlr : comme celui de Massy). La réforme de l'hôpital que la ministre de la Santé entend engager en présentant une loi ne fera que déstructurer encore plus l'hôpital public".
Plusieurs syndicats hospitaliers de l'Essonne annoncent donc "de larges débats publics" sur ce sujet et appelaient à une mobilisation massive à l'occasion de la journée nationale du 29 janvier, "afin de mettre entre les mains des Essonniens l'avenir de leur hôpital, de leur santé, de leur vie".
Rappel
Le droit à la protection de la santé est reconnu parmi les droits inaliénables et sacrés par le Préambule de la Constitution de 1946. Ainsi, toute personne malade doit pouvoir accéder aux soins que son état nécessite, quels que soient ses revenus et son lieu de résidence ; ces principes d'égal et de libre accès aux soins garantis aux usagers ont été développés par le système de protection sociale crée au lendemain de la seconde guerre mondiale et fondé sur la solidarité nationale.
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