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Prendre soin de nos aînés
Grâce aux progrès scientifiques, l'espérance de vie s'allonge. On vit plus longtemps et mieux, l'entrée dans la dépendance - notamment en maison de retraite - se faisant désormais au-delà de 85 ans. Dans notre département, ces octogénaires représentent actuellement 3,5% de la population. D'ici dix ans, le chiffre devrait presque doubler. Une évolution à prendre en compte dès maintenant. Dans le même temps, les personnes issues du "baby boom" arrivent à la retraite et, de fait, viennent grossir les rangs des personnes âgées. Une progression à anticiper également.
Bien vieillir en Essonne
Répondre aux besoins actuels et à venir de prise en charge des personnes âgées, telle est la mission du Conseil général, chef de file de l'action sociale menée en direction des seniors. Telle est également l'ambition du nouveau schéma dépar temental - le 3e depuis 1999. Un plan d'actions ambitieux, élaboré dans la concertation, auquel le Conseil général consacre près de 600 millions d'euros dans les six années à venir.
Écouter les intéressés
Le département a en effet lancé une vaste consultation l'an dernier. Sondages auprès de 500 Essonniens de plus de 50 ans, rencontres du Bien Vieillir qui ont mobilisé pas moins de 850 seniors et leurs familles, réunions avec les professionnels... Il s'agissait pour le Conseil général d'écouter les intéressés et leurs aidants. Et de connaître leurs préoccupations pour mieux y répondre.
Retarder l'entrée dans la dépendance
Ce que souhaitent nos aînés en priorité ? Pouvoir vivre chez eux, le plus longtemps possible. Les précédents schémas départementaux avaient déjà beaucoup oeuvré en la matière. L'Allocation personnalisée d'autonomie (APA), créée en 2002 et versée par le département, sous condition de ressources, leur permet, par exemple, de rémunérer une aide à domicile. Un soutien indispensable pour plus de 11000 bénéficiaires*. Pour cette seule prestation, le Conseil général a consacré pas moins de 46 millions d'euros en 2010, contre 13 millions en 2002. Une montée en puissance** liée au vieillissement de la population et à une meilleure prise en compte de la dépendance tant à domicile qu'en établissement. Pour préserver l'autonomie des personnes âgées, le nouveau plan d'actions va plus loin : "Le département va demander aux bailleurs sociaux de réserver des logements adaptés, en rez-de-chaussée", précise Jérôme Guedj, président du Conseil général. La création de nouveaux foyers-logements pour les seniors indépendants est également à l'ordre du jour : tout en vivant dans leur propre appartement, ils pourront bénéficier de services communs comme un restaurant ou encore une surveillance la nuit.
Lutter contre la solitude
Autre préoccupation des seniors : la peur de la solitude. Pour y répondre, "le Conseil général va renforcer son soutien aux accueillants familiaux, des Essonniens formés par le département, qui hébergent, chez eux, contre rémunération, un senior et prennent soin de lui. Parce qu'il participe à la lutte contre l'isolement, l'habitat solidaire, qui consiste par exemple pour une personne âgée à louer une chambre à un étudiant, va également être encouragé par le département" ajoute Marjolaine Rauze, nouvelle vice-présidente chargée des solidarités et de la santé. Le département veut également valoriser la place de la personne âgée dans la cité en favorisant le développement des formations aux nouvelles technologies d'information et de communication.
Des maisons de retraite moins chères
Les personnes âgées consultées ont largement insisté sur leurs difficultés à payer, quand cela s'avère nécessaire, une maison de retraite. Parce que les tarifs sont trop élevés, le Conseil général a autorisé la création de 3 établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) publics à un prix journalier inférieur à celui pratiqué en maisons de retraite privées. Pour rendre ces dernières accessibles aux classes moyennes, le département va les encourager à augmenter le nombre de places habilitées à l'aide sociale. Par ailleurs, le Conseil général va créer 600 nouvelles places en EHPAD et mettre en place un outil informatique pour faciliter la recherche de places disponibles.
Développer les accueils Alzheimer
Parce que la maladie d'Alzheimer progresse, le Conseil général, après avoir déjà favorisé la création de deux structures spécifiques (EHPAD du Breuil à Épinay-sur-Orge et Les Parentèles à La Ville-du-Bois) et de 120 places d’accueil de jour, va ouvrir 13 accueils de jour dans les six années à venir soit 130 places.
Associer davantage les communes
Décliner ce schéma départemental au niveau communal et intercommunal pour qu'il soit plus pertinent. C'est aussi l'ambition du Conseil général qui va développer les Contrats locaux territoriaux du bien vieillir avec un important volet prévention. Parallèlement, la mise en réseau des intervenants auprès des personnes âgées sera encouragée. Ainsi, les Centres locaux d'information et de coordination (Clic) et les équipes médico-sociales du département en charge de l'APA, seront amenés à davantage collaborer, avec un objectif à terme, de généralisation des Coordinations locales pour l'autonomie (CLA).
*L'APA peut aussi financer une partie des frais liés à la dépendance pour les personnes âgées accueillies en établissement public, privé, habilité ou non à l’aide sociale.
** L'APA, la Prestation de compensation du handicap et le RSA ont été transférés par l'État aux départements mais non compensés intégralement financièrement. Pour ces trois allocations, l'ardoise de l’État vis-à-vis de l'Essonne s'élève à 290 millions d'euros. En décembre dernier, le département de l'Essonne, comme 60 conseils généraux, a attaqué l'État pour qu'il rembourse ses dettes.
Dépendance: un débat mal engagé !
Alors que le gouvernement lance la réforme de la dépendance, les élus de gauche du Conseil général s'interrogent, dans une motion, quant à la pertinence des pistes évoquées dont la suppression partielle de l'APA et l'obligation, pour les personnes de plus de 50 ans, de souscrire une assurance privée. Ils rappellent que la dépendance relève de la solidarité nationale et, de ce fait, souhaitent la création d'une 5e branche de la sécurité sociale. Les élus essonniens regrettent également l'exclusion des personnes handicapées au débat national.
Mais aussi
• 31 000 Essonniens de + de 85 ans en 2020 (projection) contre 19 000 actuellement.
• 46 millions d'euros : c'est la somme que le Conseil général a versée en 2010 aux 11 000 bénéficiaires de l'APA contre 13 millions en 2002.
• 590 millions d'euros : c'est le budget que le Conseil général consacre au schéma départemental des personnes âgées 2011- 2016.
• 12 713 : c'est le nombre de places d'accueil pour personnes âgées en Essonne dont 2 306 créées par le Conseil général depuis 1999. La tranche d'âge la plus présente est celle des 85-99 ans.
• 3 maisons d'accueil rurales (72 places) autorisées depuis 2005.
• 12 unités d'accueil de jour Alzheimer et 255 places d'accueil temporaires créées dans les cinq dernières années.
• 600 nouvelles places en EHPAD d'ici 6 ans et 130 places d'accueil de jour Alzheimer.
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