Santé Social

Toute l'actualité de "Santé social"

Où en est-on 100 ans après ?

affiche de l'appel des 100

En Essonne, le centenaire de la Journée internationale des droits des femmes a été marqué par une initiative originale du Conseil général : la publication, dans la presse, de "L'Appel des 100" destiné à  faire progresser l'égalité femmes/hommes par des actions concrètes et locales. L'occasion aussi d'interpeller l'opinion publique sur les avancées réalisées depuis 100 ans et sur le long chemin qui reste encore à  parcourir...

Vous avez peut-être vu cette affiche (cf.notre visuel) le 8 mars dernier dans les pages de "Libération" ou du "Parisien". Avec, parmi les premiers signataires, des noms tels qu'Élisabeth Depardieu, Ladji Doucouré ou bien encore Xavière Gauthier.

À la demande du Conseil général de l'Essonne, l'actrice, l'athlète et l'écrivaine ont accepté sans hésiter d'y apposer leur signature, aux côtés de 97 autres personnalités essonniennes, issues du monde du spectacle, du sport, de l'entreprise... et des nombreuses associations oeuvrant pour l'égalité femmes/hommes. Ensemble, ils forment les "100" qui ont donné leur nom à  cet "Appel". 100, comme 100 ans de luttes pour les droits des femmes. 100, comme le nombre d'années qui séparent la première Journée internationale des droits des femmes, créée le 8 mars 1910, et ce 8 mars 2010. Un siècle marqué par des avancées notables sur le plan législatif, social, économique et politique. Mais ces nouvelles libertés, conquises au fil des années sur le papier, sont loin d'être aujourd'hui effectivement res pectées dans la vie quotidienne.

Loin des listes "chabada-bada"

Quelques exemples. En 1944, les femmes françaises obtiennent le droit de vote et d'être élues. Un droit renforcé en 2000 par la loi sur la parité en po - litique, qui visait à  favoriser un "égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives". Pourtant, dix ans plus tard, les femmes ne représentent que 18,5% des députés siégeant à  l'Assemblée nationale et 13,9% des maires élus localement. Des taux qui risquent encore de chuter avec la réforme territoriale en cours. On est loin en tout cas des listes dites "chabada-bada", qui devraient en principe être composées alternativement d'"un homme et une femme".

80% des travailleurs pauvres sont des femmes

Dans le monde du travail, les femmes ont dû attendre 1965 pour pouvoir travailler sans l'autorisation de leur mari, et 1972 pour que l'égalité de rémunération entre les hommes et les femmes soit inscrite dans la loi. Mais faisant fi de ces obligations légales, les employeurs continuent, en moyenne, à  payer davantage la gente masculine : à  compétences égales, l'écart de revenus est aujourd'hui de 25% selon le sexe. D'où une précarité économique qui frappe en priorité les femmes: elles représentent en effet 80% des travailleurs pauvres en France et sont les premières victimes du temps partiel, subi ou choisi, ainsi que du "plafond de verre" qui les empêche de progres - ser dans leur carrière.

Littéraires contre scientifiques

À l'école, filles et garçons partagent les mêmes classes depuis la loi Haby de 1975, qui a instauré l'obligation de scolarisation mixte dans l'enseignement public. Une révolution sociale et cultu - relle, mais qui ne se répercute pas forcément dans le choix des études, et donc du métier: dès le lycée, on trouve 80% de filles dans les filières littéraires et 90% de garçons dans les filières scientifiques. Résultat, quelques années plus tard : la mixité scolaire n'entraîne pas forcément la mixité professionnelle, certains secteurs (l'informatique, les sciences...) restant largement dominés par les hommes, et contribuant à  la reproduction des rap ports sociaux de sexe.

Menaces sur l'IVG

Autre grande “victoire” des féministes dans les années 1970: le droit à  l'avor - tement, reconnu par la loi Veil en 1975 en tant que “droit des femmes à  disposer de leur corps”, est aujourd'hui remis en cause par la fermeture massive de centres IVG au cours de ces dernières années. Un problème auquel s'attelle le Conseil général en Essonne.

Un nouveau délit : la violence psychologique

Quant aux violences conjugales, elles sont punies par la loi seulement depuis 1992. En février dernier, l'Assemblée nationale a adopté une nouvelle proposition de loi contre les violences faites aux femmes. Celle-ci instaure des mesures de protection renforcée pour les victimes (confrontées aussi au manque d'hébergements d'urgence) et crée un nouveau délit : celui de la violence psychologique au sein du couple, qui précède souvent la violence physique. Reste à  voir si la menace d'une sanction pénale réussira à  faire reculer ce fléau: aujourd'hui, en France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son conjoint...

"En 2010, beaucoup reste à  faire !"

 Dans leur "Appel" du 8 mars, les 100 Essonniens signataires se disent cons cients qu'"en 100 ans, des luttes essentielles ont été remportées", mais “sans suffisamment changer les choses”. “En 2010, beaucoup reste à  faire!”, écrivent-ils. Pour “faire enfin de l'égalité entre les femmes et les hommes une réalité en Essonne”, effectivement exercée dans tous les aspects de la vie, et non plus seulement un “droit fondamental reconnu légalement”, ils ont interpellé officiellement les 196 maires du département en leur demandant de: “nommer un référent de l'égalité sur leur territoire” ; “adopter la Charte européenne pour l'égalité des femmes et des hommes dans la vie locale” ; et “élaborer un plan d'actions concret”.

À ce jour, chacun d'entre eux a reçu un courrier nominatif de la part du Conseil général de l'Essonne. En même temps, une trentaine d'autres citoyens essonniens ont rejoint les premiers signataires dans leurs revendications en apposant à  leur tour leur nom au bas de cet "Appel". L'ensemble du texte et la liste des signataires sont disponibles en ligne sur le site (voir notre colonne de droite).

Date de création : 27 04 2010
Dernière mise à  jour : 05 05 2010

Contact

En savoir +
Si vous aussi, vous souhaitez signer "L'Appel des 100" pour l'égalité entre femmes et hommes en Essonne, rendez-vous sur notre article "L'appel des 100" ou envoyez un mail à  appeldes100@essonne.fr