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Le test de l'espoir
Un diagnostic fiable
Près de 80 % des cancers du poumon sont diagnostiqués tardivement, au moment où les patients se plaignent de difficultés respiratoires, de douleurs thoraciques persistantes ou crachent du sang. La plupart d'entre eux ne pourront être opérés, à cause d'un dépistage trop tardif. "En phase 3 ou 4 de la maladie, le taux de survie n'est que de 15 %. Or, lorsque le cancer est détecté en phase 1, plus des deux tiers des malades survivent encore cinq ans après", explique Jean-Pierre Tirouflet, président de Biosystems International (BSI). Spécialisé dans la recherche de diagnostics innovants du cancer, BSI vient de mettre au point un nouveau diagnostic sanguin du cancer du poumon. "À partir d'une simple prise de sang, on sera capable de déceler la maladie à un stade précoce, lorsqu'il est encore possible d'opérer", confirme Mariana Kuras, directrice de la recherche chez BSI.
Les chercheurs sont parvenus à identifier treize anticorps monoclonaux* à la suite d'expérimentation sur des souris. Confrontés au plasma humain, ces anti corps sont capables de reconnaître différents niveaux de concentration de protéines présentes dans le sang et symptomatiques du cancer du poumon. Les essais menés en laboratoire démontrent une sensibilité et une spécificité supérieure à 80 %. "Le test livre un verdict fiable quatre fois sur cinq, et nous espérons encore augmenter ce chiffre", avance Jean-Pierre Tirouflet. Pour les médecins, il s'agirait d'une technique rapide pour diagnostiquer la maladie, sans incidence sur l'organisme.
Ils pourraient également prescrire ce test régulièrement aux fumeurs, tous les six mois, afin de déceler au plus tôt la maladie. Le projet est à présent dans sa phase de validation clinique, auprès d'un grand nombre d'échantillons. La commercialisation pourrait débuter en 2015 en Europe. Peut-être même d'ici à deux ans. Mais déjà , Biosystems planche sur de nouveaux projets. "Nous travaillons sur le développement d'un test applicable au dépistage du cancer du sein et du colon, et au suivi des rechutes. Les premiers résultats sont encourageants", confirme Mariana Kuras. De bon augure lorsqu'on sait que le cancer est, depuis 2004, la première cause de mortalité en France.
Le Conseil général, partenaire de Genopole®
Ces recherches, synonymes d'espoir, ont toutes été réalisées en Essonne, plus exactement à Évry, au Genopole®. Créé en 1998 pour accélérer les recherches sur les maladies génétiques rares (en lien avec le Téléthon organisé par l'AFM), ce centre est devenu le premier bioparc français dédié aux biotechnologies et aux biothérapies. Son originalité : réunir, sur un même site, recherche publique et privée, formations universitaires et entreprises de haute technologie en sciences de la vie.
Leur mission : transformer les progrès scientifiques en traitements innovants pour la santé. "Genopole® a atteint une force de frappe scientifique et médicale incontournable qui lui assure une renommée internationale. Le Conseil général l'accompagne dans ses ambitions depuis plus de dix ans et lui accorde une subvention annuelle moyenne de cinq millions d'euros", souligne David Ros, vice-président du Conseil général chargé de l'innovation, de la recherche et du développement économique.
* Les anticorps monoclonaux sont une variété d'anticorps produits en laboratoire de façon artificielle en tant qu'outils de diagnostic, et intervenant depuis peu dans le domaine thérapeutique.
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Renseignements sur www.byosis-intl.com et www.genopole.fr
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