Santé Social

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Le Département, un bouclier anti-précarité

Paniers à  provisions dans une épicerie sociale de l'Essonne

Trois nouveaux dispositifs d'insertion - le micro-crédit personnel, un soutien renforcé aux épiceries sociales et de nouveaux partenariats avec les centres sociaux - viennent d'être votés en Essonne. Un rempart contre l'exclusion sociale, qui perdure en ce début de nouvelle décennie.

Sur le front social, l'année 2010 ne commence pas sous les meilleurs auspices. Dans ses dernières prévisions, l'Insee annonce un taux de chômage qui avoisinerait bientôt les 10% en France, une éco­no­mie qui avance au ralenti (1,1% de croissance au premier trimestre) et des suppressions de postes qui vont se poursuivre dans les entreprises.

Un an après celle qu'on a désignée comme "crise du siècle", les effets de la "reprise" annoncée par le gouver­nement tardent donc à  se faire sentir auprès des particuliers. L'Essonne, malheureusement, ne déroge pas à  la règle : le taux de chômage du département - qui reste toutefois le plus bas d'Île-de-France - a bondi de 30% en un an, pour atteindre 6,2% fin 2009. De nombreux fleurons de l'industrie essonnienne, comme Altis ou Faurecia, sont encore sous la menace de plans sociaux.

Comme partout en France, la vie chère et la pénurie de logements touchent d'abord les publics les plus fragiles : chômeurs ou travailleurs pauvres, familles monoparentales, jeunes, retraités... Résultat : le nombre d'alloca­taires du nouveau Revenu de solidarité active (RSA), qui remplace le RMI et vise à  garantir à  tous "des moyens convenables d'existence", ne cesse d'augmenter depuis ces derniers mois. 22 100 foyers esson­niens, qui ne disposent que de faibles revenus, voire d'aucune ressour­ce, en sont déjà  bé­néficiaires. Et de nouvelles demandes - notamment de chômeurs qui arrivent en fin de droits - affluent chaque semaine à  la CAF de l'Essonne...

Protéger les Essonniens dans le besoin

Face à  cette banalisation de la précarité, le Conseil général de l'Essonne ne bais­­­se toutefois pas les bras. Plus que jamais, il tient à  jouer son rôle de chef de file de l'action sociale, qui lui a été confié par les lois de décentralisation. Cette année encore, il déploie son "bou­clier social" pour protéger les Essonniens qui se retrouvent dans le besoin. Une protection qui prend notamment la forme de trois nouveaux dis­po­­­sitifs, mis en place en 2010 : l'expé­ri­mentation du micro-crédit personnel, un soutien renforcé aux épiceries socia­les et de nouveaux partenariats tissés avec les centres sociaux du département.

En parallèle, le Conseil général fait aussi appel à  toutes les bonnes volontés pour "recréer du lien social". L'appel à  projets "Rompre l'isolement", par exem­ple, a permis l'an dernier à  plus d'une centaine de personnes en grande précarité de remettre un pied dans la vie sociale. Ces projets, intégralement finan­cés par le Département, étaient portés par 12 associations essonnien­nes. Parmi elles, l'association Atelier Mémoire Images et Sons (AMIS) propose à  des personnes en situation d'exclusion de participer à  l'écriture, la réalisation et au tournage d'un film.

Compte tenu du succès de ces expériences, certains de ces projets seront réédités en 2010, auprès de nouveaux bénéficiaires, et un nouvel appel doit être lancé. Autre façon de favoriser l'intégration professionnelle de publics en difficulté : les chantiers dits d'insertion. À Méréville par exemple, des personnes qui étaient jusqu'à  présent exclues du marché du travail sont employées dans le cadre d'un contrat d'un an pour valoriser les espaces verts du domaine départemental, classé monument historique. Elles suivent en même temps une ­formation agricole qualifiante qui leur ­permettra de repartir avec un "métier en main" et de prétendre ensuite à  un emploi durable.

Un plan départemental d'insertion

Toutes ces actions s'intègrent dans un cadre plus vaste : le Plan départemental d'insertion, de lutte contre les exclusions et de l'emploi (PDILEE). Voté en 2007 par l'Assemblée départementale, il compor­te une série de mesures concrè­tes (36 au total) destinées à  "favoriser une insertion sociale et professionnelle durable" des Essonniens. Par exemple, en les aidant à  obtenir leur permis de conduire, via la plateforme "mobilité" mise en place dans le Sud Essonne, ou en menant des actions de recru­­te­ment ciblées en direction des bé­né­­fi­ciaires du RMI/RSA.

Ce Plan va être prochainement révisé, afin de mieux répondre aux nouvelles urgences sociales. En attendant, le Con­seil général va mettre les bouchées doubles en matière d'insertion dans la préparation de son budget 2010. Le budget RSA notamment sera abondé afin de répondre à  l'augmentation des demandes. Et ce, en dépit des me­na­ces qui planent sur l'avenir financier des collectivités, avec la réforme terri­to­riale en cours et la suppression de la taxe professionnelle entérinée.

Quelles qu'en soient les conséquences, les dé­penses de solidarité resteront la priorité numéro un du département. Une solidarité qui, parfois, s'étend même au-delà  des frontières de l'Esson­ne. Dernier exemple en date : l'envoi d'une aide d'urgence aux sinistrés du tremblement de terre d'Haïti.