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La Chambre régionale des comptes a rendu son rapport

Portrait de Jérôme Guedj

Jérôme Guedj, Vice-président du Conseil général chargé des solidarités et des innovations sociales

3 questions... à  Jérôme Guedj, vice-président du Conseil général chargé des solidarités et des innovations sociales.

La Chambre régionale des comptes (CRC) d'Île-de-France a rendu public un rapport sur la politique de prise en charge des personnes âgées dépendantes. Comment notre département est-il considéré dans ce domaine ?

Jérôme Guedj :
Le Conseil général de l'Essonne a développé une politique ambitieuse en faveur des personnes âgées, répondant à  une véritable exigence de solidarité et de qualité de prestations offertes. Le rapport de la CRC fait état des nombreux dispositifs mis en œuvre. En effet, ce sont plus de 10 000 personnes qui bénéficient de l'Allocation personnalisée d'autonomie (Apa). Cette réalité s'appuie également sur une politique favorable aux structures de coordination gérontologique. Le Conseil général de l'Essonne s'est fixé comme objectif prioritaire le maintien et l'accompagnement à  domicile des personnes âgées, notamment sous la forme de “téléassistance”. Parallèlement, un objectif de création de 2000 places d'EHPAD* en cinq ans a été défini et programmé jusqu'en 2010. Enfin, la CRC a salué le dispositif innovant du Discepah** de lutte contre les maltraitances.

Le Département de l'Essonne pourra-t-il, à  l'avenir, répondre aux besoins croissants d'aide et d'accompagnement des personnes âgées ?

J. G. : Le rapport de la CRC pointe effectivement une forte croissance à  venir du nombre de personnes âgées de 75 ans et plus (21,6 % d'ici 2010) sur le territoire essonnien. Cette évolution va représenter autant de nouveaux chantiers pour les années à  venir. Afin de répondre à  ce défi, nous avons validé le principe d'une dizaine de projets de maisons de retraite, dont l'implantation géographique permet de rééquilibrer l'offre de places d'hébergement. Mais, dans le même temps, alors que le Département agit de façon constructive, le gouvernement gèle les crédits de médicalisation, bloquant leur ouverture. Ainsi ce sont quelque 700 places, dont des unités d'accueil Alzheimer, qui sont en attente de financement en Essonne. Avec cette baisse des crédits d'État, nous nous retrouvons dans une situation paradoxale et même pour tout dire, ubuesque : d'un côté, l'État incite les Départements à  une réelle ambition et de l'autre, il nous place dans la situation de ne plus avoir de marge financière pour répondre aux besoins sociaux de la population. De ce point de vue, nous allons vers une impasse !

En période de crise, le Conseil général a-t-il encore les moyens de ses ambitions ?

J. G. :
Les services de qualité proposés par le Département demandent un véritable effort financier pour la collectivité et nous sommes donc dans l'obligation de valider par un choix politique, chaque année, les enveloppes budgétaires conséquentes que cela représente. L'Essonne ne vit pas sur une autre planète, les effets de la crise mondiale s'y ressentent aussi. En 2009, nous allons intégrer de nouvelles modalités de maîtrise des coûts pour l'ensemble de nos projets ; c'est la seule façon de continuer à  innover au service des personnes les plus fragiles, qu'elles soient âgées ou handicapées. D'autant que le coût de la prise en charge de la perte d'autonomie devrait être supporté au premier lieu par l'État, au titre de la solidarité nationale. Parce que la perte d'autonomie concerne toutes les catégories sociales et professionnelles, cette problématique exige donc une réponse collective. Avec les projets du gouvernement, je crains que nous n'en prenions pas le chemin.

* EHPAD : établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes
** Discepah : dispositif de surveillance et de contrôle des établissements pour personnes âgées et handicapées.

Date de création : 04 02 2009
Dernière mise à  jour : 04 02 2009