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Excision : enquête sur un tabou

le mannequin guinéen Katucha, s'est mobilisé contre l'excision dont elle a été victime à  l'âge de 9 ans

le mannequin guinéen Katucha, s'est mobilisé contre l'excision dont elle a été victime à  l'âge de 9 ans

En France, 53000 femmes ont subi une mutilation sexuelle dans leur enfance ou leur jeunesse. Qui sont-elles ? Et quelles sont les conséquences pour leur santé et leur sexualité? Une enquête nationale à  laquelle ont participé six centres de PMI essonniens* lève le voile sur ce sujet tabou.

Profil des femmes excisées


Migrantes ou filles de migrantes, pour la plupart d'Afrique subsaharienne, les femmes excisées sont en moyenne moins diplômées que les non excisées : 22% n'ont jamais été scolarisées. Un tiers d'entre elles exercent un emploi, en majorité en tant qu'employées, et elles ont davantage d'enfants.

Les circonstances de l'excision


Dans 9 cas sur 10, l'excision a été pratiquée avant l'âge de 10 ans, en France (40%) ou dans le pays d'origine (60%). Les filles excisées avant 5 ans n'en gardent aucun souvenir, mais les autres parlent d'un événement “traumatisant”.

Des problèmes de santé chroniques


Les femmes excisées sont davantage exposées aux infections urinaires et gynécologiques ainsi qu'aux déchirures à  l'accou - chement. Elles sont aussi plus nombreuses à  souffrir de douleurs qui peuvent les gêner dans leur vie quotidienne (pour marcher par exemple).

Une vie sexuelle difficile


La moitié des femmes excisées ne se disent pas satisfaites de leur vie sexuelle. Un quart d'entre elles n'ont pas de désir et 13% des douleurs pendant les rapports.

Faible recours à  la chirurgie


5% des femmes excisées enquêtées ont eu recours à  une opération de chirurgie réparatrice. Mais la majorité déclarent “accepter leur état actuel”.

Net recul chez les fillettes


Depuis les années 1980, l'excision a nettement chuté sur le sol français, du fait d'un durcissement des sanctions et des campagnes de prévention. Seules 11% des filles de femmes excisées l'ont été à  leur tour. Mais les services de santé départementaux restent vigilants : un risque de perpétuation de cette pratique subsiste, notamment en cas de retour au pays. Et ce, malgré les mesures récentes prises par certains gouvernements africains pour interdire là -bas aussi ces mutilations.


*Centres de protection maternelle et infantile d'Athis-Mons, Corbeil-Essonnes, Évry, Grigny, Ris-Orangis et Viry-Chatillon.

Date de création : 06 10 2010
Dernière mise à  jour : 06 10 2010

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