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Défendons la santé publique en Essonne
La santé devrait être au coeur des priorités du gouvernement. Pourtant, année après année, les moyens sont considérablement réduits. La réforme hospitalière engagée par le gouvernement pour réduire le trou de la Sécu a pour conséquence la disparition des hôpitaux de proximité. L'Essonne n'est pas épargnée... Le Conseil général s'en saisit.
La santé des Français et des Essonniens serait-elle quantité négligeable ? Au vu des restructurations réalisées par le gouvernement et en cours, il semble que oui. "Depuis 2009 et la réforme hospitalière, on est dans une logique comptable. Les directeurs d’établissement sont devenus des contrôleurs de gestion. Le maître mot est de faire des économies au détriment de la qualité des soins et surtout des patients. Comme si cela pouvait régler le trou de la sécu !" Ce constat, c’est le docteur Roger Ferreri, psychiatre au centre médico-psychologique infanto-juvénile d’Évry, qui le dresse.
Il ne croit pas si bien dire. Cette logique purement financière, entérinée par l’Agence régionale de santé, bras armé du gouvernement, a vu l’hôpital de Juvisy contraint de fermer ses services de chirurgie, sa maternité et son centre IVG. Ce sont également les services hospitaliers d’Évry-Corbeil, de Dourdan-Étampes et d’Orsay-Longjumeau qui se voient imposer de fusionner. Les menaces de fermeture pèsent toujours sur les hôpitaux gériatriques de Champcueil et de Draveil et sur les urgences de nuit.
Une privatisation de la santé
Une situation dénoncée par le Conseil général : Marjolaine Rauze, vice-présidente chargée des solidarités et de la santé, a demandé aux représentants de l’État en urgence un moratoire. Car, plus scandaleux encore, cette mise au pain sec par l’État de l’hôpital public profite aux cliniques privées. "On est passé à une médecine à deux vitesses. D’un côté, il y a ceux qui ont les moyens de se soigner et qui se tournent vers le privé ; de l’autre ceux qui ne les ont pas", constate le docteur Ferreri.
À cette privatisation de la santé publique s’ajoute le manque de médecins. La loi Hôpital patient santé et territoire de 2009 devait prendre en compte l’offre de soins de la ville à l’hôpital. Mais le Parlement en a décidé autrement. Conséquence, la médecine de ville est menacée. Dans le Sud de l’Essonne mais aussi dans les quartiers, des médecins qui partent à la retraite ne trouvent pas de remplaçant. Du coup, les urgences des hôpitaux sont souvent prises d’assaut pour une grippe ou une angine. "Il existe des solutions. Pour lutter contre les déserts médicaux, pourquoi ne pas réfléchir à des mécanismes incitatifs efficaces pour que des médecins reviennent dans ces lieux et quittent les centres-villes où ils sont concentrés ? Il faut organiser, avec les élus locaux, des réseaux de soins de proximité, cela répon drait à une demande de terrain. Un débat national est nécessaire, la santé n’est pas un business", souligne un représentant CGT au Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie, par ailleurs médecin urgentiste. Pour lui, il est nécessaire d’aller plus loin. "Nous devons créer un contre-pouvoir aux agences régionales de santé qui décident de tout, de façon unilatérale. L’implantation d’un hôpital doit faire l’objet d’une vaste concertation. Les problématiques de transport et d’aménagement du territoire doivent être prises en compte." Une évidence ? Pas toujours.
Pour un service publique de qualité et de proximité
L’exemple de l’hôpital Sud Francilien est révélateur à bien des égards. Né de la fusion des établissements d’Évry-Courcouronnes et de Corbeil-Essonnes, ce paquebot qui comptera plus de 1000 lits n’est pas desservi par les transports en commun ! Une aberration qui n’est rien par rapport à son montage financier totalement scandaleux dénoncé par le Conseil général mais également le docteur Ferreri: "En met tant en place un partenariat public-privé, on a demandé à un groupe financier de construire un hôpital qui devait être la référence. Terminé depuis janvier, il n’est toujours pas ouvert car il n’est pas aux normes. Le pire, c’est que le public paie un loyer annuel colossal à cette société alors même que l’établissement n’est pas en service. Et à côté de cela et pour trouver de l’argent, la direction doit faire des économies et réduit le nombre de postes de médecins." Une colère partagée par le médecin urgentiste: "Nous avons demandé à l’ARS de revoir ce montage financier. En vain pour l’instant. Contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire, l’argent ne manque pas. Il est aux mains de grands groupes pharmaceutiques et industriels comme Sanofi-Advantis. La seule part des bénéfices versés en dividende chaque année aux actionnaires comblerait quasiment le déficit de la branche maladie de la Sécu qui est autour de 7 à 8 milliards d’euros."
À son niveau et même si cela ne relève pas de ses compétences, le Conseil général se bat pour maintenir un égal accès aux soins pour tous dans ses équipements. Ses 5 centres départementaux de prévention santé, ses 62 centres de protection maternelle et infantile (PMI), dont 29 sont aussi des centres de planification, assurent des services de santé publique indispensables au plus près des habitants dans les quartiers. La proximité, un enjeu essentiel. Le département a également co-organisé avec la Région une con férence citoyenne de la santé, fin juin. Objectif : réunir usagers et professionnels de la santé pour faire un état des lieux et commencer à esquisser les contours d’une politique de santé alternative à celle mise en oeuvre au niveau national. Une initiative qui aura des prolongements prochainement au plan régional comme départemental.
Payer plus !
Suite au plan de rigueur, le gouvernement a décidé d’augmenter le tarif des mutuelles. Quand déjà 5 millions de personnes se privent de complémentaire santé faute de moyens financiers, cette ponction ne peut qu’aggraver ce phénomène. Et le recours aux urgences hospitalières qui en découle coûtera encore plus cher à l’Assurance maladie. Un véritable non-sens.
Solidaire des salariés et des usagers de la CPAM de l'Essonne
Sous prétexte de restrictions budgétaires, la Caisse primaire d’assurances maladie veut fermer en Essonne des agences d’accueil ainsi que 6 centres d’assurance maladie. Ainsi, en 2013, il n’en resterait plus que 3 pour tout le département. La fin d’un service de proximité dénoncée par les élus du Conseil général dans une motion.
La PMI, un service de santé publique
Puéricultrices, médecins, infirmières, sagesfemmes, psychologues... Les professionnel(le)s des 62 centres de PMI du Conseil général veillent au bien être physique et psychologique des enfants et de la famille. La PMI, c’est un service public original, hérité du Conseil national de la résistance. Des équipements de proximité très appréciés des Essonniens : près de 80% des bébés essonniens y sont suivis médicalement.
Plus de 2 500 femmes enceintes s’y adressent pour leur grossesse. Des centres de planification familiale sont souvent installés dans ces structures : ici, adolescents ou jeunes adultes qui ont besoin d’informations sur la sexualité ou la contraception sont reçus de façon anonyme et confidentielle... Depuis peu et pour pallier le manque de centres d’orthogénie, 6 et bientôt 12 de ces centres seront équipés d’un échographe utilisé pour la réalisation de l’IVG médicamenteuse. Des appareils financés par la Région alors que cela ne relève pas de ses compétences. Une preuve de plus du désengagement de l’État.
Les CPDS, en actions !
Ouverts à tous les Essonniens, les 5 centres départementaux de prévention et de santé (CDPS) sont des lieux d’accueil, d’écoute et d’information du Conseil général. Leurs médecins et infirmiers ont vacciné gratuitement l’an dernier près de 2 600 Essonniens. Ces professionnels ont réalisé plus de 12 000 consultations de dépistage anonyme et gratuit dans le cadre de la lutte contre le Sida, l’hépatite B, C et la syphilis. Ils ont permis à 2 500 Essonniens de bénéficier de mesures de suivi et de prévention de la tuberculose, coordonnées par le Centre de lutte anti tuberculeuse (CLAT 91).
Ils sensibilisent également les Essonniens à la lutte contre le cancer du sein et du colorectal. Enfin, les personnes en situation de précarité sont plus particulièrement accompagnées via les consultations infirmières de prévention qui peuvent déboucher sur des actes infirmiers comme une vaccination, une consultation médicale par le médecin du CDPS ou des orientations vers les acteurs de santé.
Mais aussi
• Avis négatif du Conseil général sur le Plan stratégique régional de la santé publique [pdf]
• La carte interactive des Centres de PMI en Essonne
• La carte interactive des CDPS en Essonne
• La rubrique enfance du site essonne.fr
Le chiffre
1,2 milliard d'euros
C'est le coût de l'hôpital Sud Francilien dont 500 millions d'euros auraient pu être économisés si le montage financier avait été uniquement public (Source : rapport de la Chambre régionale des comptes d'Île-de-France)
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