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L’aide à domicile : un secteur fragile à préserver !

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Le Tribunal de grande instance d’Evry se prononcera jeudi sur l’avenir de l’Association de services d’aide à la personne (ADSA), en redressement judiciaire depuis l’été dernier. Une situation qui milite comme tant d’autres en France et en Essonne pour un véritable plan de sauvetage d’un secteur stratégique et gisement d’emplois en grande difficulté, mais pourtant essentiel à la prise en charge de la dépendance et au bien vieillir. Jérôme Guedj, Président du Conseil général de l’Essonne, et Marjolaine Rauze, Vice-présidente du Conseil général chargée des solidarités et de la santé, interpellent les pouvoirs publics.

L’Association de services d’aide à la personne (ADSA) emploie près de 145 intervenants en Essonne et prend en charge les demandes de 700 personnes âgées ou handicapées. En redressement judiciaire depuis juillet 2011, l’ADSA sera fixée sur son sort jeudi prochain, le Tribunal de grande instance d’Evry rendant sa décision sur l’une des trois propositions de reprise. Projet associatif ou projet privé ? C’est ce que devra trancher le TGI jeudi. En attendant, un éventuel projet de reprise par le privé inquiète bénéficiaires et salariés quant au maintien des effectifs et des tarifs des services à domicile.

L’ADSA et la SAM AREPA (une autre association qui emploie plus de 500 personnes en Ile-de-France au service de 2 000 usagers) font face à une situation économique préoccupante. Jérôme Guedj, Président du Conseil général de l’Essonne, s’est adressé à la Ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Madame Roselyne Bachelot-Narquin, ainsi qu’au Directeur général de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France, Monsieur Claude Evin, afin de les alerter sur les difficultés croissantes rencontrées par les associations d’aide à domicile en France et en Essonne.

"La situation est critique, les structures sont exsangues", explique Jérôme Guedj. "Les déficits structurels auxquels sont confrontés les acteurs de ce secteur ont d’ores et déjà conduit de nombreuses structures à d’importants déséquilibres financiers, voire des liquidations judiciaires, générant des ruptures d’aide, des suppressions d’emploi et une précarisation accrue des populations fragiles - personnes âgées, en situation de handicap et leurs familles". "Des milliers d’emplois et plusieurs centaines d’associations sont menacés de disparition, avec un impact sur plus de 2 millions de personnes en France. Et ce malgré la succession de tables-rondes, de rapports et de missions parlementaires !", ajoute Marjolaine Rauze, Vice-présidente du Conseil général chargée des solidarités et de la santé.

La situation de l’ADSA et de la SAM AREPA est révélatrice des difficultés d’un secteur que l’Etat laisse tomber. Alors que la demande des professionnels porte depuis deux ans sur la création d’un fonds d’urgence de 100 millions d’euros pour aider les structures en difficulté financière et que les besoins ont été évalués par la Direction générale de la cohésion sociale à près de 150 M€, ce ne seront finalement que 25 M€ qui seront débloqués en 2012 et 25 M€ en 2013, prélevés sur le Fonds National des Solidarités Active (FNSA).

"C’est quand même hallucinant", s’indigne Jérôme Guedj. "Il s’agit d’une situation nationale, avec perte d’emplois ! Quand le secteur automobile va mal, c’est réunion de crise à l’Elysée, mais pour l’aide à domicile il y a juste une réunion dans les sous-sols du ministère !".

Le Président du Conseil général a ainsi demandé à la Ministre la mise en place rapide de mesures concrètes, à la hauteur des enjeux de maintien des emplois, d’accès et de qualité de l’accompagnement à domicile. Il a également sollicité Claude Evin afin que le fonds d’urgence, bien que nettement insuffisant, soit très rapidement mis à disposition des structures qui en ont besoin, que ses modalités d’accès soient simplifiées et qu’il soit doté de moyens à la hauteur des besoins identifiés. Il milite également pour que l’ADSA et la SAM AREPA puissent faire partie des premiers bénéficiaires de ce fonds en Essonne.

"Des travaux réalisés en concertation entre l’Assemblée des Départements de France et quatorze organisations du secteur ont permis d’élaborer un projet de réforme de la tarification sur lequel le gouvernement pourrait utilement s’appuyer", indique Jérôme Guedj. "Le temps n’est plus à recenser les difficultés, mais à les résoudre".


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