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Les écrans ne sont pas des jouets

Publié le : 29.11.2017, dernière mise à jour : 05.12.2017

Dans le cadre de son schéma pour l’enfance et la famille, le Département lance une campagne d’information sur les risques d’une surexposition des jeunes enfants aux écrans. Elle fait écho aux constats de terrain du docteur Ducanda, médecin de PMI à Viry-Chatillon, établissant un lien entre cette surexposition et troubles du comportement.

Le Département lance une campagne de sensibilisation sur les risques écrans-enfants©DR

En tant que médecin de PMI à Viry-Chatillon et dans le cadre de ses interventions en école maternelle, le docteur Anne-Lise Ducanda constate une augmentation des troubles du comportement chez les jeunes enfants de 0 à 4 ans. "D’une vingtaine de cas recensés en 2003, nous sommes parvenus à plus de 200 aujourd'hui et certains relèvent de la sphère des troubles autistiques", démontre-t-elle graphique à l'appui.

Des effets heureusement réversibles

Ce phénomène, également observé au niveau national et international, pourrait être la conséquence d'une surexposition aux écrans. En effet, en interrogeant les parents concernés, la praticienne s’est aperçue que leurs enfants étaient en contact d'une tablette, de la télévision ou d'un smartphone au moins 4 heures par jour. "La plupart du temps, ils se replient sur eux-mêmes, reproduisent toujours les mêmes gestes ou s'expriment par écholalie, c'est à dire qu'ils répètent ce qu'ils entendent sans en comprendre le sens. D'autres ne parlent toujours pas à 3 ans".

Constat répété dans les écoles où certains élèves se montrent également fortement agités voire violents. "La motricité aussi peut être atteinte. Des enseignants signalent de jeunes enfants n'ayant pas acquis le geste de la pince à trop effleurer les écrans tactiles. Impossible pour eux de tenir un crayon".

Le lien avec les écrans semble d'autant plus établi que dans 70 % des cas, les troubles s'estompent ou disparaissent quelques semaines après le début du "sevrage numérique" de l'enfant.

Comme une drogue

Mais à quoi sont dues ces réactions ? Les petits s'habituent aux stimuli rapides et intenses des flashs lumineux et sonores émis par l'écran. Ils les recherchent dès que l'appareil est éteint. Idem avec les jeux truffés d'effets "waouh" qui activent les circuits du plaisir et de la récompense du jeune cerveau. "L'enfant exposé va rechercher à tout prix cet effet. Plus il regarde l'écran, moins il peut s'en passer. C'est comme une drogue". Cette exposition est d'autant plus néfaste qu'à cet âge, il lui est nécessaire d'appréhender son environnement avec ses cinq sens afin de développer son cerveau. L'écran ne le permet pas. Il coupe de la relation aux autres et au monde.

Pourtant, les parents pensent bien faire en proposant la télévision ou une tablette à leurs petits. Et ce, quel que soit leur milieu social. "Ils se laissent convaincre par les arguments "éducatifs" des industriels du numérique et souhaitent occuper l'enfant pour un temps tout en le préparant au monde de demain".

Accompagner les parents

Plus que jamais, la PMI doit jouer son rôle d’accompagnant de la parentalité."Notre but n'est pas de culpabiliser les parents mais de les informer, de les aider dans la gestion des écrans et de proposer autre chose pour leur enfant. Les professionnels de la petite enfance (puéricultrice, sage-femmes, assistants maternels, pédiatres, psychologues...) aussi doivent être sensibilisés afin d'intégrer davantage la question des écrans dans leurs pratiques". C’est pourquoi le Département lance dès à présent, dans le cadre de son schéma de l'enfance et de la famille, une campagne de sensibilisation sur tout le territoire essonnien.

Parallèlement, le docteur Ducanda continue de se mobiliser, accompagnée de son collectif de professionnels (Cose – collectif surexposition aux écrans). Sa vidéo publiée sur le net l'été dernier a été vue près de 200 000 fois et les médias s'emparent du sujet. "Une étude scientifique à grande échelle serait utile à ce stade. Elle appuierait ce que je constate à Viry-Chatillon et ce qu'observent les membres de COSE". À bon entendeur...

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