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Un toit, c'est un droit... même au printemps

Vue d'un panneau d'affichage annoncant le 15e rapport de la fondation Abbé Pierre

Alors que la trêve hivernale pour les expulsions s'est terminée le 15 mars et au lendemain de la publication du rapport 2010 de la Fondation Abbé Pierre, l'Essonne vient de se doter d'un nouveau Plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD). Un outil essentiel pour rendre le droit au logement effectif.

De la colère teintée d'espoir. En présentant son rapport 2010 sur l'état du mal-logement en France le 1er février dernier, le président de la Fondation Abbé Pierre, Raymond Étienne, semblait partagé entre ces deux sentiments contradictoires : "Pour ce 15e rapport sur le mallogement, j'aimerais demander très officiellement l'application de toutes les lois, qu'on y mette les moyens et qu'on ne vienne pas nous dire qu'il n'y a plus d'argent ! Changeons vite de politique pour que dans un an, nous soyons contents de présenter notre 16e rapport, que l'on ait des résultats et surtout moins de personnes à  la rue !"

Car les chiffres, recueillis chaque année par la Fondation, ont en effet de quoi faire frémir : 10 millions de personnes en France seraient touchées par la crise du logement, et 3,5 millions sont considérés comme des "mal-logés". Parmi eux, 600 000 enfants, désignés en tant que "victimes collatérales" du mal-logement pour les dégâts irréversibles que peut entraîner le défaut de conditions décentes de logement.  Des chiffres dont on trouve l'écho au niveau local dans chaque département, y compris en Essonne : 36000 ménages étaient ainsi "en difficulté de logement" fin 2009, 16000 en "très grande difficulté" et plus de 26000 demandes sont en attente.

Venir à  bout d'un problème de société incontournable

À l'origine de cette crise du logement sans précédent, l'insuffisance des constructions pendant un quart de siècle, conjuguée à  une flambée des prix de l'immobilier au cours des dix dernières années. Le tout aggravé par la crise économique actuelle qui a fragilisé de nombreux ménages et rendu certains encore plus vulnérables...

Dans son rapport, la Fondation Abbé Pierre pointe "la nécessité d'une intervention politique ma jeu re pour venir à  bout" de ce qui est devenu "un problème de société incontournable." Même si la route est encore longue pour garantir à  tous un toit, en Essonne, le Conseil général, conjointement avec la Préfecture et en concertation avec les acteurs du logement (bailleurs, associations, travailleurs sociaux, gestionnaires de structures...), a pris le problème à  bras le corps, en adoptant un nouveau Plan départemental d'action pour le logement des personnes défavorisées (PDALPD) pour la période 2010-2014.

Avec plusieurs grands chantiers en ligne de mire : s'assurer du relogement des personnes prioritaires, notamment au titre de la loi Dalo* (à  savoir les ménages à  très faibles revenus, les jeunes isolés, les familles nombreuses, etc.) ; impulser la création de logements "très sociaux" - y compris dans le parc privé grâce à  la toute nouvelle Agence immobilière sociale (AIS) ; améliorer les structures d'hébergement temporaire (comme les appartements-relais) ou d'urgence ; ou bien encore, accompagner les personnes rencontrant des difficultés pour accéder à  un logement ou s'y maintenir.

"Il s'agit par exem ple de soutenir les copro prié tés en difficulté ou d'apprendre aux ménages à  maîtriser leur consommation énergétique", précise Sonia Hurcet, directrice de l'habitat au Conseil général de l'Essonne. Mais en ce début de printemps, la priorité est avant tout de venir en aide aux milliers de familles qui risquent, comme chaque année, de se retrouver à  la rue à  partir du 15 mars, date de la fin de la trêve hivernale pour les expulsions locatives.

"En Essonne, les partenaires du PDALPD se sont fixé comme objectif une réduction de ces expulsions de 5% par an, grâce à  un travail de prévention sur les impayés de loyer, à  tous les stades de la procédure", poursuit Sonia Hurcet. Pour que, petit à  petit, année après année, le droit au logement devienne enfin un droit fon damental garanti à  tous, tel qu'il est défini par loi. Et ce, quelles que soient les ressources d'un ménage... et la saison de l'année !

*Droit au logement opposable

Date de création : 17 03 2010
Dernière mise à  jour : 17 03 2010

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Repères

Depuis 1998, le Conseil général de l'Essonne a financé :
- la construction de 5 700 logements sociaux (soit 600 par an en moyenne)
- la réhabilitation de 20 000 autres
- l'amélioration de l'habitat de 5 500 familles
- la création de près de 1 000 logements pour les jeunes.

Objectifs du PDALPD de l'Essonne d'ici 2014 :
- 900 relogements de ménages reconnus prioritaires par an
- 60 nouveaux logements “très sociaux” par an
- 400 logements locatifs privés à  loyer maîtrisé
- 5% de procédures d'expulsion en moins.

- Voir notre rubrique Logement