Résistants dans l'âme
Paulette, Odile et Roger, résistants et déportés pendant la Seconde Guerre mondiale, ont reçu le 5 janvier dernier les Palmes académiques de l'Education nationale au Centre Jean Moulin de Fleury-Mérogis, ancien site de réadaptation pour les déportés de retour en France.
Une juste reconnaissance pour ces trois Essonniens qui racontent depuis plusieurs années la Résistance, la répression nazie et les camps de concentration dans les écoles, collèges et lycées du département. "On avait promis aux filles mortes dans les camps de raconter ce qui s’était passé", confie Odile Arrighi-Roger, bien tôt 90 ans. En 1941, à seulement 17 ans, Odile vivait au rythme des manifestations, de la clandestinité -"La police me surnommait la bohémienne..."-, des faux papiers. Elle dirigea même une organisation de jeunes résistants, à Paris.
Quant à Paulette Lechevallier-Vallérie, née en 1920 à Caen, elle a parcouru "le littoral normand à bicyclette pour renseigner la Résistance sur les mouvements des troupes allemandes". Agent de liaison, Paulette a également hébergé des résistants, diffusé des tracts, gardé des armes en dépôts. Enfin, Roger Trépant, 92 ans, entreprit lui aussi des actes de résistance avant d’être contraint de rejoindre l’Allemagne en 1943 pour effectuer son Service du travail obligatoire (STO). "Le combat ne s’est pas arrêté pour autant, j’ai été condamné à deux reprises pour sabotage", témoigne-t-il aujourd’hui.
Devoir de mémoire
"Nous avions peur, mais étions convaincus qu’il était nécessaire d’agir", ajoute Paulette. Tous trois ont payé le prix fort de cet engagement: la déportation. Paulette a même été condamnée à mort. Roger échappe in extremis à une exécution sommaire grâce à l’intervention d’un officier nazi. Ils découvrent l’horreur des camps, les coups, la peur. La solidarité entre détenus aussi.
Près de 70 ans plus tard, le devoir de mémoire et le travail de transmission aux jeunes générations leur tient toujours à coeur: "Pour que les jeunes sachent ce que sont la guerre et le racisme. Le risque que ça arrive à nouveau existe toujours. Il faut rester vigilant", martèlent les trois adhérents de l’association AFMD 91*. C’est ce qui incite aujourd’hui Odile, Paulette et Roger, à résister, encore et toujours.
*Amis de la fondation pour la mémoire de la déportation
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