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Non à la délocalisation de l'aéroport d'Orly

Avion à l'atterrissage

Lors de la séance publique du 27 juin, le Conseil général de l'Essonne a voté à l'unanimité une motion dénonçant la proposition de loi proposant la délocalisation de l'aéroport d'Orly. Une proposition de loi jugée incohérente, anachronique et préjudiciable pour notre territoire.

Tous les élus de l'Assemblée départementale, majorité comme opposition, ont souhaité faire front commun pour dénoncer la proposition de la proposition de loi en date du 1er juin 2011 relative à la desserte aérienne du Grand Paris dans laquelle est envisagée la délocalisation des plateformes aéroportuaires franciliennes comme celle d'Orly. Celle-ci a été déposée par des députés issus du Groupe UMP à l'Assemblée nationale, dont trois parlementaires essonniens, Mme Françoise Briand, MM. Guy Malherbe et Pierre Lasbordes.

Cette proposition remet en cause la dimension socio-économique de l'aéroport d'Orly qui, depuis 10 ans, s'est vue renforcée en même temps que son lien avec l'Essonne. Par son potentiel économique, son attractivité, la diversité des filières représentées, l'aéroport et plus généralement, le Pôle d'Orly, remplissent effectivement des fonctions régionales économiques et sociales majeures.

Tout en veillant scrupuleusement au respect de la réglementation en vigueur sur l'exposition au bruit des populations riveraines ainsi que sur la limitation du nombre de créneaux aériens, le Conseil général a souhaité participer pleinement à l'essor et l'attractivité de l'aéroport.

Un pôle d'attractivité pour l'Essonne


Une démarche ambitieuse a notamment été menée dès 2005 autour du Pôle d'Orly, en lien étroit avec le Conseil général du Val-de-Marne, l'ensemble des communes et partenaires ainsi que les riverains. Avec plus de 173 000 emplois (dont près de 30 000 sur la plate-forme aéroportuaire), plus de 18 000 entreprises représentées, près de 2000 chambres d'hôtels, le Pôle d'Orly contribue indéniablement à l'attractivité du territoire sud-francilien et essonnien.

Les acteurs du Pôle d'Orly portent collectivement une double ambition au service d'une vocation renouvelée du territoire : le développement économique durable et l'amélioration des conditions de vie, qui visent à réaffirmer le rôle moteur du territoire du pôle dans le développement métropolitain.

Un projet d'aménagement durable et partagé du territoire orlysien a d'ailleurs été élaboré afin d'ancrer la plate-forme aéroportuaire au cœur d'une dynamise métropolitaine.

Force de proposition et soucieux des enjeux écologiques liés à la plateforme, le Pôle d'Orly a également mené un important travail sur les impacts environnementaux de la présence aéroportuaire ainsi que sur les nuisances subies par les riverains de l'aéroport. Cette démarche a abouti à la signature de la charte du développement durable du Pôle d'Orly début 2011.

Le travail initié dans le cadre de la démarche Coeur d'Orly vient également accroître cette dynamique économique et sociale autour de l'aéroport.

Une zone privilégiée de développement


Aussi, depuis le début des années 2000, l'aménagement du territoire et le développement des transports collectifs ont été pensés en lien très étroit avec Orly. Etat, Région Ile-de-France, Conseils généraux et collectivités locales ont ainsi défini leur politique d'investissement autour d'Orly et de son potentiel économique. Le tramway T7 mis en service en 2013, le prolongement de la ligne 14 jusqu'à Orly, le projet de création d'un métro automatique léger entre Orly et Versailles (Grand Paris), l'implantation d'une gare TGV sous les aérogares préconisée lors du débat public sur l'interconnexion sud des lignes à grande vitesse ou encore la mise en place d'une ligne à grande vitesse Paris-Orléans-Clermont-Lyon viennent confirmer le positionnement central de la plateforme aéroportuaire et des activités tertiaires qui lui sont liées. Ces projets viendront indéniablement renforcer l'intermodalité air-fer et offriront, pour ce qui concerne les LGV, des alternatives crédibles à l'aérien dans les trajets province-Paris.

Par ailleurs, il convient de signaler la constance du trafic aérien à Orly depuis 10 ans avec une moyenne de 25 millions de passagers et 220 000 mouvements par an observés depuis 2001 dans le respect des dispositions législatives limitant les créneaux à 250 000 par an (arrêté de 1994). Aussi, la perte de 4000 emplois sur le Pôle entre 2000 et 2003, suite à la faillite d'Airlib et au départ d'Air France a considérablement fragilisé l'aéroport. Cette dégradation vient seulement d'être compensée.

La perspective de création d'un troisième aéroport et de la délocalisation de l'aéroport d'Orly ne manquerait pas d'entraîner de nouvelles nuisances sonores et écologiques dans une région déjà saturée. Une nouvelle plate-forme ne serait pas la solution aux nuisances subies par les riverains puisqu'elle augmenterait le nombre de personnes impactées.

Face à ces différents constats, les élus départementaux dénoncent cette proposition et avancent des solutions alternatives à la délocalisation comme le développement de l'intermodalité air-fer (LGV) et le report modal du trafic aérien vers le rail, ou encore le biais du rééquilibrage de l'utilisation des aéroports français au profit des aéroports régionaux.

Au travers de cette motion, le Conseil général a souhaité montrer sa vigilance sur cet enjeu, crucial au développement de notre territoire tout en affirmant sa vigilance pour le respect de la limitation du nombre quotidien de mouvements, des couvre-feux et sur l'utilisation de quotas d'émission de gaz à effet de serre au niveau européen.

Date de création : 05 07 2011
Dernière mise à  jour : 13 07 2011