La renaissance de l’observatoire Camille Flammarion
"Quand le directeur de l’observatoire de Rio de Janeiro a constaté l’état de délabrement de l’observatoire Camille Flammarion, à Juvisy-sur-Orge, il a éclaté en sanglots." L’anecdote racontée par Gérard Dufour, secrétaire général de l’association “Les amis de Camille Flammarion” nous enseigne deux choses. La première: l’astronome français, mort à Juvisy-sur-Orge (1842-1925), semble jouir d’une renommée internationale supérieure à celle qui lui échoit en son pays. La deuxième: il devenait plus que nécessaire de réhabiliter le site - tout aussi célèbre que lui - où il vécut et oeuvra au développement de l’astronomie.
Pourtant, quand en 2004, quelques amis férus d’histoire et d’astronomie décident de se rassembler pour redonner vie à son observatoire, devenu la cible régulière de pillages et de vandalisme, la partie est loin d’être gagnée. Huit années plus tard, de nombreux Juvisiens et Franciliens ont rejoint l’as sociation qui compte désormais 320 membres, dont un certain Hubert Reeves, astrophysicien. Mais surtout, elle a obtenu - grâce notamment au soutien financier du Conseil général et à la participation de la Drac (Direction régionale des affaires culturelles) -, la restauration de la coupole de cinq mètres de diamètre et, à l’aide d’un fond privé, celle de la lunette (datant de 1886).
Elles sont désormais accessibles au public, sur rendez-vous. Le parc - qui contient certaines essences rares - est à nouveau en accès libre. "Depuis 2009, c’est le seul observatoire en France à être classé monument historique. La valeur patrimoniale de ce site est unique", insiste Laurent Weill, président de l’association, en glissant notamment que c’est dans ce bâtiment que Napoléon Bonaparte apprit, en 1814, la chute de l’Empire...
Car il faut voir plus loin que les deux tonnes d’acier et de verres polis de la lunette. "Camille Flammarion était un homme brillant et cultivé. Dès son plus jeune âge, il a beaucoup écrit. Il a popularisé l’astronomie et s’est évertué à transmettre ses nombreuses connaissances scientifiques et philosophiques", souligne Gérard Dufour. Rompu à la pratique de la photographie, la météorologie ou encore l’horticulture, le savant a ainsi amassé une somme exceptionnelle d’objets rares. Plus de 10000 ouvrages dont certains incunables, quelque 26000 plaques photographiques et de nombreux instruments de mesure d’époque...
Faute de réhabilitation du bâtiment principal, qui date de 1730, cette impressionnante collection n’est pas encore accessible au public. "Nous cherchons des financements pour recréer la bibliothèque et installer un musée de l’astronomie ancienne", reprend Laurent Weill. Le prestige de Camille Flammarion le mérite bien...
© Conseil général de l'Essonne - CG91
Hôtel du département ► Boulevard de France ► 91012 Évry cedex ► Tél. 01 60 91 91 91 ► Télécopie 01 60 91 91 77








