L'Essonne

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Essonnes, berceau de l'industrie papetière française

Vue de la machine à papier en continu

La machine à papier en continu qui révolutionnera l'imprimerie, mise à l'honneur lors de l'exposition universelle de Paris en 1889.

La région parisienne accueille, dès le XIVe siècle, les premiers moulins à papier, notamment dans le village d'Essonnes* au hameau de Moulin-Galant. Cette industrie connaît une prospérité remarquable à partir du XIXe siècle, puis décline à la fin du XXe.

En 1789, la papeterie d'Essonnes est achetée par Pierre-François Didot, frère de Didot l'Aîné, inventeur du point typographique. Ce nouveau propriétaire, imprimeur de la Cour, s'associe avec ses trois fils : Henri, Léger et Didot Jeune ainsi que son gendre Bernardin de Saint-Pierre, le célèbre auteur de "Paul et Virginie". En l'an II (1794), la papeterie est réquisitionnée pour confectionner les papiers des lois : elle emploie alors plus de 300 ouvriers.

 

La machine à papier en continu

Le comptable de la papeterie d'Essonnes, Nicolas-Louis Robert, imagine une machine à fabriquer du papier de grande dimension pour laquelle il dépose un brevet le 29 nivôse an VII (18 janvier 1799). Le principe consiste à déverser de la pâte à l'aide d'une roue à écopes sur une toile de cuivre en rotation sans fin. La feuille ainsi obtenue passe entre deux cylindres de presse puis s'enroule autour d’une bobine. L'invention est fabuleuse, cependant, Léger Didot exigeant la co-propriété du brevet, il s'ensuit un procès.

Nicolas-Louis Robert crée sa propre entreprise mais des difficultés financières l'obligent à revenir rapidement à Essonnes chez son ancien patron. Ce dernier lui confie alors la direction de l'usine et part avec le précieux brevet pour l'Angleterre où la technique sera perfectionnée grâce au financement des Frères Fourdrinier, papetiers français installés Outre-Manche. Après le dépôt de deux brevets, la machine à papier en continu devient opérationnelle en 1804... mais elle est anglaise ! Quant à Nicolas- Louis Robert, il finira sa vie dans la pauvreté en 1828.

 

Les Darblay, une épopée familiale et industrielle

Après incendies et faillites, la manufacture d'Essonnes est reprise en 1867 par la famille Darblay qui va industrialiser les procédés de fabrication. Dans les années 1880, 1700 ouvriers travaillent sur douze machines à vapeur; en 1900, les 2000 employés réalisent un dixième de la production française. En 1906, la société anonyme Darblay est propriétaire de trois usines en France.

Les crises papetières des années 1920-1930 ainsi que la Seconde Guerre mondiale provoquent le déclin de l'entreprise et l'obligent à se recycler dans de nouveaux produits : emballage, ouate de cellulose (Sopalin). En 1970, elle emploie encore 1100 ouvriers. Après un fonctionnement chaotique, l'entreprise ferme en 1996. Le nom des Darblay reste intrinsèquement lié à l'histoire de Saint-Germain-lès-Corbeil où l'on compte plusieurs générations de maires, le dernier en date, Stanislas Darblay, qui prit la suite son père de 1968 à 2000, année de sa disparition.

 

*Essonnes fut rattaché à Corbeil en 1951.

Source : Archives départementales de l’Essonne

Date de création : 20 04 2011
Dernière mise à  jour : 20 04 2011

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