Dans l'intimité du peintre Foujita...
Des chaussures rangées près du lit, un kimono posé sur une chaise... Bienvenue chez Foujita, l'un des plus célèbres peintres de l'École de Paris. C'est ici, à Villiers-le-Bâcle, que l'artiste se réfugia en 1961 et qu'il y termina sa vie, en 1968, à 82 ans. C'est là aussi, dans cet atelier, qu'il composa ses oeuvres majeures. Restauré* et conservé à l'identique, ce lieu de mémoire attend votre visite...
D'origine japonaise, Foujita débarque à Paris en 1913. Il s'installe à Montparnasse, quartier déjà au coeur de la vie intellectuelle et artistique. Il y côtoie Modigliani, Picasso, mais aussi Mistinguett, Paul Fort ou Fernand Léger. Ces derniers font découvrir au peintre l'Essonne dans les Années Folles... À la fin des années 1950, au détour d'une visite chez un éditeur d'art installé à Bièvres, Foujita a un coup de coeur pour une petite maison en ruine située dans le village de Villiers-le-Bâcle. Le peintre de renommée internationale l'achète et y entreprend des travaux d'envergure. Fasciné par l'artisanat, attiré par le design et la modernité mais aussi la couture - il crée ses nappes, rideaux et autres kimonos -, ce touche-à -tout se charge de l'aménagement, jusqu'au moindre détail, mêlant subtilement et avec des décennies d'avance, influences orientales et occidentales.
En lieu et place de la cave, il installe une cuisine en formica avec un évier en inox - révolutionnaires au début des années 1960 - et une salle à manger d'une sobriété déconcertante. Peu de meubles mais des paravents et des céramiques magnifiques de couleurs blanche, bleue et marron - une association de tons osée pour l'époque -, que Foujita a lui-même façonnées. À l'étage, une entrée. Au mur, est accroché le tableau “Avec qui voulez-vous lutter ?â€, réalisé en 1957 dans le cadre d'une manifestation annuelle organisée au profit d'artistes démunis. Populaire, cette évocation du combat rappelle les baraques à foire. Puis, on passe au salon, d'une grande sobriété. Juste à côté, la chambre qui n'était pas séparée par une cloison car au Japon, les chambres n'existent pas.
Au 2e étage, les combles sont aménagés en atelier. C'est la plus belle partie de la maison sans aucun doute.
Pinceaux côtoient pigments et esquisses. La blouse de Foujita est adossée à une chaise. Sur les étagères, des flacons contenant des farines de riz, de soja et du talc sont posés là . Mystérieuses substances... qui ont permis de mettre à jour sa technique du blanc qui laisse passer la lumière, les fameux “fonds opalescentsâ€, de Foujita. Au mur, une esquisse de fresque, hommage à la Renaissance italienne - où apparaissent Michel-Ange et Léonard de Vinci - et allemande (avec Dà¼rer). Il y préparait là la fresque de la chapelle Notre Dame de la Paix de Reims, qu'il conçut de A à Z, sa dernière oeuvre.
* En 1991, Kimyo Foujita, la veuve du peintre, fait don au Conseil général de cette maison. Suite aux travaux depuis 2000.
© Conseil général de l'Essonne - CG91
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