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L'Etat revoit sa copie face aux élus essonniens
Invité en Essonne, le 28 septembre dernier, le secrétaire d'Etat à la Région capitale, Christian Blanc, s'est efforcé de rassurer les conseillers généraux sur son projet de "Grand Paris", en donnant des garanties en matière de concertation et de gouvernance... D'autres questions, comme le financement des infrastructures de transports de proximité - et en particulier la modernisation du réseau RER - ou l'avenir du Sud Essonne, restent en revanche en suspens.
Pour sa première audition au Conseil général de l'Essonne, Christian Blanc a eu droit à une avalanche de questions de la part des élus du Département. Les conditions dans lesquelles sera réalisée la future rocade de métro automatique à grande vitesse, autour de Paris, et la cinquantaine de nouvelles gares à construire, préoccupent autant la majorité départementale que l'opposition.
Premier sujet d'inquiétude, soulevé dès l'ouverture de séance par Michel Berson, président du Conseil général : le "régime juridique d'exception" instauré par la création d'une "Société du Grand Paris", qui se substituerait aux collectivités et au STIF et disposerait de "droits exorbitants" en matière d'urbanisme. Christian Blanc a justifié ce système par un double souci : "Etre rapide et efficace ". En clair, l'Etat veut aller vite pour réaliser sa double boucle de métro de 130 km et aménager les terrains autour des futures gares. « Mais dans ce schéma exceptionnel, "comment se répartiront les compétences entre l'Etat et les collectivités territoriales ?", s'est interrogé Thierry Mandon, en sa qualité de président délégué aux stratégies d'aménagement. « Nous nous inscrirons dans une logique de contrat » a tenu à rassurer Christian Blanc. « L'Etat se superposera pour un temps aux structures qui existent, sans modifier les compétences transport de la Région. Une fois les infrastructures terminées, l'exploitation du réseau sera remise à la Région, donc au STIF", a assuré le secrétaire d'Etat.
"Le Grand Paris ne pèsera pas sur les finances des collectivités"
D'où la question sous-jacente et toujours aussi sensible des financements et des éventuels transferts de charges non compensés... D'après Christian Blanc, "le futur réseau du métro automatique sera financé pour l'essentiel par emprunt et valorisation foncière des terrains aux abords des gares (...)
L'opération ne pèsera donc pas sur les finances de la Région ou des collectivités locales". Autre garantie du secrétaire d'Etat : "l'instance de gouvernance de la future Société du Grand Paris sera modifiée afin que tous les présidents des conseils généraux d'Ile-de-France siègent au conseil de surveillance". Satisfecit général des élus essonniens, qui demandaient une « meilleure concertation » et une "gouvernance partagée". Idem pour le futur Etablissement public Paris-Saclay : "Les élus de la CAPS* auront pleinement la possibilité de faire valoir leur préoccupation de participer à la décision", a promis le ministre.
Tous ces engagements doivent maintenant être validées au Parlement car, comme l'a souligné Michel Berson, "le débat sur le Grand Paris n'est pas clos. Il se poursuivra à l'Assemblée nationale et au Sénat, et les élus locaux de l'Essonne comptent bien y prendre part". D'autant que certaines de leurs questions sont restées sans réponse : pas un mot en effet du secrétaire d'Etat sur la réduction des inégalités sociales, la mise en œuvre de mécanismes de péréquation financière, la prise en compte de la question environnementale, ou l'avenir du Sud Essonne...
* Communauté d'agglomération du Plateau de Saclay.
Des élus à demi satisfaits sur les transports
Comment intégrer le Plateau de Saclay et la Vallée des biotechnologies, deux territoires essonniens identifiés comme "stratégiques", au projet de métro automatique en rocade imaginé par Christian Blanc ? La question a été posée par plusieurs élus du Département. Réponse du secrétaire d'Etat : un tronçon de la future rocade ira de Versailles à Massy en passant par Saclay. Quant à la Vallée des Biotechnologies, Christian Blanc a reconnu, pour la première fois, la nécessité de raccorder, par une liaison structurante, le secteur d'Evry-Corbeil au pôle d'Orly via la RN7, liaison qui pourrait être financée dans le cadre de la révision, en 2010, du Contrat de projets Etat-Région.
Dans un communiqué commun, Michel Berson, Thierry Mandon et Manuel Valls, député-maire d'Evry, se sont félicités de cette annonce. Mais ils regrettent en même temps que le secrétaire d'Etat n'ait pas apporté de réponse satisfaisante à la question du financement des infrastructures de transports de proximité (RER, tram train, tramway, bus en site propre, ...) ", pour lesquelles l'Etat est attendu à hauteur de 6 milliards d'euros, les collectivités territoriales, dont le Conseil général de l'Essonne, s'étant déjà engagées pour 12 milliards d'euros.
En suivant la RN7...
12h30. L'audition de Christian Blanc à peine achevée, une partie de l'Assemblée départementale a pris le bus avec le secrétaire d'Etat pour une visite spéciale de la Vallée des Biotechnologies, entre Evry-Corbeil et Orly. Cap d'abord sur Genopole, la cité des gènes et des biotechnologies.
"C'est ici qu'a eu lieu le premier séquençage du génome humain et qu'est né le Téléthon", a expliqué micro à la main son directeur, Pierre Tambourin, qui participait à la visite. D'ici 2012, ce "cluster international" des sciences du vivant accueillera le futur Centre hospitalier Sud francilien. Le bus a ensuite emprunté la RN7, que l'architecte Yves Lion a imaginé totalement urbanisée à l'horizon 2030 et dotée d'un transport commun en site propre (TCSP), reliant le pôle d'Evry-Corbeil à celui d'Orly, via Ris-Orangis, Grigny, Viry-Chatillon, Juvisy-sur-Orge et Athis-Mons.
Un projet que les élus essonniens veulent transformer au plus vite en réalité, grâce à l'extension du tramway Villejuif-Juvisy-sur-Orge - prévu pour 2013 - jusqu'à Evry. A bord du bus, Christian Blanc s'est dit favorable à ce chantier, dont il a lui-même pu mesurer l'intérêt par cette escapade mi-touristique, mi-politique...
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