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L'Essonne publie son "empreinte écologique"

Visuel représentant la planète Terre et le département de l'Essonne

De décembre 2006 à  juin 2007, le Conseil général a mesuré l'impact des activités humaines sur l'environnement essonnien. Essonne.fr publie les résultats de cette enquête, afin de sensibiliser les Essonniens à  l'urgence de modifier nos modes de vie.

Avec une empreinte écologique moyenne de 5,65 hectares globaux par an et par habitant (gha/hab/an), l'Essonne fait figure de mauvais élève en la matière. C'est la principale conclusion de l'étude «L'empreinte écologique essonnienne», menée de décembre 2006 à  juin 2007 sur le département. Cette enquête, réalisée par la société Empreinte Ecologique SARL, a été supervisée par la Délégation du développement durable et solidaire du Conseil général de l'Essonne. Elle s'inscrit dans le cadre de l'action du Département pour une «Essonne durable et solidaire», menée depuis 2003. Par la publication de ces résultats, le Conseil général entend sensibiliser les Essonniens à  l'impact de nos modes de vie sur l'environnement, et à  l'urgence de les modifier.

 

5,65 gha/hab/an, c'est plus que l'empreinte écologique moyenne d'un Français, estimée à  5,33 gha/hab/an. C'est aussi plus que celle d'un Francilien, qui s'élève elle à  5,33 gha/hab/an. L'enquête a mis en évidence plusieurs causes pour expliquer cet écart et cette performance moyenne de l'Essonne. Le logement tout d'abord : l'Essonne compte une proportion plus forte de maisons individuelles que la moyenne française ou francilienne, d'où une consommation énergétique plus importante par rapport aux départements où l'habitat collectif domine. D'autre part, le gaz et l'électricité - deux énergies qui ont une empreinte écologique élevée - occupent une place importante dans la consommation d'énergie des ménages essonniens. Côté déplacements, l'utilisation fréquente de la voiture en Essonne, notamment pour les trajets domicile-travail, accompagnée d'un taux d'équipement automobile élevé des ménages essonniens, et le recours fréquent à  l'avion - peut-être en raison de la proximité de l'aéroport d'Orly - contribuent aussi à  alourdir l'empreinte écologique des habitants du département.

 

Dix Essonniens aux profils variés

 

Pour obtenir ce résultat global, dix Essonniens aux profils variés - une agricultrice, une retraitée, un chômeur, un professeur, une étudiante, une femme au foyer... - se sont livrés au jeu des questions et des réponses afin de déterminer leur empreinte écologique individuelle. Celles-ci s'échelonnent de 4,10 à  7,57 gha/hab/an en fonction de 5 variables, dont certaines sont citées plus haut : l'alimentation, le logement, la mobilité, la consommation des biens et celle des services. Les résultats variés montrent l'impact, mais aussi les limites, des comportements individuels sur l'empreinte écologique globale d'un territoire.

 

La dernière partie de l'étude portait sur des empreintes écologiques thématiques. A partir de ces chiffres, souvent trop élevés, les auteurs proposent des scénarios susceptibles de réduire l'impact de nos activités sur l'environnement, secteur par secteur. Ainsi, en matière de performance énergétique, l'habitat collectif social de l'Essonne se trouve actuellement au niveau D, soit au 4e niveau sur 7, d'après les normes thermiques CERQUAL. L'étude propose de mettre aux normes énergétiques 20% des logements collectifs locaux ce qui permettrait de faire sensiblement baisser leur empreinte écologique.

 

Normes HQE et cantines bio

 

Autre exemple, la construction et la rénovation des collèges essonniens. Le collège Villabé, construit selon les normes HQE, a une empreinte écologique de 0,075 gha/hab/an, alors que le collège Louise Michel, rénové selon les anciens procédés qui ignoraient le facteur isolation, affiche lui une empreinte de 0,123 gha/hab/an. Parmi les autres pistes à  explorer, les repas biologiques dans les cantines ou bien encore  les gares autoroutières, telles que celle de Briis-sous-Forges. Autant de facteurs qui permettraient d'alléger l'empreinte écologique du département.

 

L'étude rappelle par ailleurs, en guise de conclusion, qu'un habitant du Cercle de Douentza au Mali (ndlr : collectivité africaine avec laquelle l'Essonne a engagé une coopération décentralisée) a une empreinte écologique en dessous de 1 gha/hab/an. Un chiffre dérisoire à  côté des 5,65 gha/hab/an de notre département. Au Mali en effet, les logements ne sont pas chauffés et seulement 10% de la population est raccordée au réseau électrique. Et pour se déplacer, les Maliens privilégient la marche, la charrette ou les transports collectifs. Par cette comparaison explicite, l'enquête démontre à  quel point nos modes de vie de pays «développés» sont néfastes pour l'environnement. Elle renvoit aussi, pour une vision plus internationale, au Rapport Planète Vivante du World Wildlife Fund (WWF), qui présente tous les deux ans l'empreinte écologique de tous les pays de la planète. D'après ce rapport, «si tout le monde vivait comme un Français, il faudrait près de trois planètes pour vivre de façon durable». De quoi tirer la sonnette d'alarme.

 

Qu'est-ce que l'empreinte écologique ?

Que ce soit pour se nourrir, se déplacer, se loger, éliminer nos déchets, nous consommons des ressources naturelles et nous dégradons l'environnement. Inventé par deux Canadiens au début des années 1990, le concept d' «empreinte écologique» mesure l'impact de nos modes de vie sur l'environnement. L'empreinte écologique d'un territoire est l'espace nécessaire pour que la population de ce territoire puisse continuer à  vivre indéfiniment selon un mode de vie donné. Cet espace sert à  produire des aliments, à  construire des routes, à  stocker des déchets, etc. L'empreinte écologique se mesure en hectares globaux par an et par habitant (gha/hab/an).

L'empreinte écologique dans 6 pays ou régions du monde

Emirats arabes unis : 11,9 gha/an /habitant
USA : 9,6 gha/an/habitant
France : 5,6 gha/an/habitant
Union européenne : 4,8 gha/an/habitant
Afrique : 1,1 gha/an/habitant
Inde : 0,8 gha/an/habitant

Source : WWF

Bientôt un bilan carbone de l'Essonne

Dans le cadre de la deuxième étape du développement durable et solidaire en Essonne, et en particulier de l'élaboration d'un plan Climat territorial, le Conseil général calcule actuellement, au travers d'un bilan carboneâ„¢, un autre indicateur de développement durable : les émissions de gaz à  effet de serre produites sur le territoire essonnien.

Date de création : 20 02 2008
Dernière mise à  jour : 12 04 2010