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L'Essonne parraine une dissidente chinoise
Mao Hengfeng a trois filles... Une exception dans un pays tel que la Chine, où règne encore la politique de l'enfant unique. Cette mère de famille, considérée comme une mère courage dans son pays comme à l'étranger, a payé son audace du prix de sa liberté. En 1988, déjà mère de jumelles, elle est à nouveau enceinte. Refusant l'avortement imposé par les autorités, elle est internée de force en hôpital psychiatrique. Quelques années plus tard, elle sera cette fois contrainte à l'avortement alors qu'elle se préparait à avoir un 4e enfant. Depuis, Mao Hengfeng n'a cessé de protester auprès des autorités chinoises : contre son avortement forcé, son internement et son licenciement abusif, prononcé pendant son séjour à l'asile.
Cette opiniâtreté lui vaudra de nombreuses arrestations et de nouveaux internements en hôpital psychiatrique. En 2004, elle est envoyée dans un camp de "rééducation par le travail", où elle est torturée. Elle sort en septembre 2005 et reprend son combat, qui s'étend désormais au-delà de son cas personnel : elle dénonce les détentions abusives, notamment celles de femmes ayant enfreint les règles du planning familial, les expulsions arbitraires de domicile et les internements abusifs en hôpital psychiatrique. En janvier 2007, elle est de nouveau condamnée à deux ans et demi de prison. L'ONG Amnesty International la considère comme une prisonnière d'opinion.
"Attentif au sort des militants des droits humains"
Le président du Conseil général de l'Essonne, Michel Berson, a accepté de parrainer Mao Hengfeng, dans le cadre de la campagne sur les droits humains en Chine menée par Amnesty International à l'approche des Jeux Olympiques de Pékin. Dans une lettre adressée le 25 juin à l'ambassadeur de Chine en France, Michel Berson demande la libération sans condition de Mao Hengfeng. "A quelques semaines de l'inauguration des Jeux de Pékin, il s'agirait là d'un geste fort de la part des autorités chinoises, que la communauté internationale apprécierait à sa juste valeur", estime le président du Conseil général. Tout en rappelant son soutien au choix de Pékin pour les JO et les liens entretenus par l'Essonne avec la province chinoise du Hubei (centre de la Chine), Michel Berson a aussi déclaré être "très attentif aux évolutions démocratiques de la Chine, et notamment au sort réservé aux militants et militantes des droits humains".
L'action de l'Essonne s'inscrit dans une vaste mobilisation du public français et en particulier des personnalités politiques à l'approche des JO de Pékin. Plus de 265 élus, toutes tendances politiques confondues, ont en effet affirmé leur soutien à un ou plusieurs prisonniers d'opinion chinois, soutenus par Amnesty dans le cadre de sa campagne "Jeux Olympiques de Pékin". Le 8 juillet dernier, 116 467 signatures en faveur de la libération de ces hommes et de ces femmes ont été déposées à l'Ambassade de Chine à Paris. Car le chiffre avancé par l'ONG a de quoi faire frémir : comme Mao Hengfeng, ils seraient près de 500 000 à être détenus en Chine sans inculpation ni procès, par le biais de la "rééducation par le travail" et d'autres formes de détention administrative.
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