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L'Essonne lance la 2e étape de son Agenda 21
Le 1er Agenda 21 départemental s'était achevé sur un bilan positif, avec plus de 100 engagements sur 120 réalisés. Forts de ce succès, près de 130 acteurs essonniens (élus, institutionnels, associatifs...) se sont retrouvés à l'Hôtel du Département jeudi 5 juin. Leur mission : dresser un état des lieux des progrès restant à accomplir en matière de développement durable et élaborer un nouveau plan d'actions à l'horizon 2009.
Deux semaines jour pour jour après la remise des prix de l'Agenda 21 qui avait fait salle comble, le 6e étage de l'Hôtel du Département a connu une nouvelle fois l'effervescence, jeudi 5 juin, à l'occasion du lancement de la 2e étape de l'Agenda 21 de l'Essonne. Près de 130 personnes, dont 98 signataires du "Protocole d'engagements partagés pour un développement durable du territoire" [doc], ont assisté à cette réunion plénière d'ouverture, présidée par Michel Berson.
"Depuis l'élaboration de la 1ère étape, en 2003, de nouveaux partenaires nous ont rejoint : associations, entreprises, syndicats, services de l'Etat, collectivités... Aujourd'hui, la démarche participative est devenue la marque de fabrique de notre Agenda 21 départemental", s'est réjoui le président du Conseil général. Cette 2e étape est en effet fondée sur une idée force : il faut désormais associer l'ensemble des acteurs essonniens à la démarche d'Agenda 21 départemental. Au 5 juin 2008, 121 partenaires [pdf] avaient signé le Protocole du Département, par lequel ils s'engagent notamment à "inclure les enjeux du développement durable et solidaire dans leur fonctionnement", à "participer aux ateliers de concertation" ou bien encore à "être pilotes d'actions dans les domaines relevant de leurs compétences".
Avec à la clé, un seul et même objectif : "trouver les voies d'un mode de développement nouveau, durable et solidaire", tel que l'a redéfini en préambule Michel Berson. "Ce développement doit être plus durable, c'est-à -dire qu'il cessera de reposer sur le tout pétrole, d'exercer une pression insoutenable sur nos ressources et qu'il n'aggravera pas le changement climatique. Mais il doit être aussi plus solidaire, en se basant sur une nouvelle économie et un nouveau partage des richesses, de nature à satisfaire les besoins de tous".
Méthode simple et pragmatique
Pour relever ce défi planétaire à l'échelle locale de l'Essonne, la méthode choisie pour cette 2e étape se veut simple et pragmatique. Les réflexions seront organisées autour des 4 pôles d'enjeux identifiés lors des forums participatifs de la 1ère étape : "Territoires durables", "Vivre ensemble", "Innovation économique et sociale" et "Animation territoriale". Concrètement, ces pôles d'enjeux regroupent des domaines de compétences sur lesquels l'Essonne a décidé d'agir collectivement et en priorité. Par exemple, pour "Territoires durables", le climat, les déplacements, la biodiversité et les paysages. Pour "Vivre ensemble", la politique de la jeunesse, celle de la santé ou le vieillissement de la population. Pour l'"Innovation économique et sociale", les métiers de demain, les emplois de proximité, les éco-filières et l'agriculture durable.
Enfin, pour l'"Animation territoriale", l'information, la sensibilisation et la formation de la population au développement durable. Sur l'ensemble de ces chantiers, les 121 partenaires du Conseil général n'arrivent pas en terrain inconnu. Ils pourront se baser sur les nombreuses études réalisées et les données collectées par la Délégation au développement durable et solidaire du Département depuis 2003 : l'empreinte écologique de l'Essonne, le Bilan Carbone du Département, un diagnostic des déplacements, de l'habitat, un "Atlas énergétique", et bien entendu, les bilans du 1er Agenda 21... Une véritable mine d'informations pour les réunions de travail qui se dérouleront par pôles d'enjeux tout au long du mois de juin.
Urgence planétaire
Côté calendrier justement, la 2e étape de l'Agenda 21 sera à son tour scindée en deux phases : de juin à octobre 2008, les partenaires vont établir, pour chaque pôle d'enjeux, un état des lieux des forces et des faiblesses en Essonne et fixeront en parallèle les objectifs à atteindre dans chaque domaine d'intervention ; puis, de novembre 2008 à janvier 2009, ils élaboreront un plan d'actions concret pour transformer ces objectifs en réalité. Une "démarche courte", selon Serge Aguilar, directeur général adjoint en charge de la citoyenneté et du cadre de vie, qui a rappelé que "nous n'avons pas de temps à perdre, car en matière de développement durable, il y a urgence planétaire".
Un peu plutôt dans son discours, Michel Berson avait en effet évoqué "les grands défis" posés chaque jour par l'actualité nationale et internationale : les émeutes de la faim qui secouent les pays les plus pauvres, la colère des pêcheurs, agriculteurs et routiers français contre la flambée des prix du pétrole, une "facture" de plus en plus lourde pour la population sur les matières premières et les biens de consommation... "Face à ce contexte qui s'aggrave, il nous faut désormais aller plus loin, pour opérer des changements de long terme. Au vu de cette salle pleine à craquer, tout laisse présager que les conditions sont réunies pour que nous réussissions notre 2e étape", a conclu Michel Berson. C'est sur cette note positive que les partenaires ont rejoint leurs salles de travail, répartis selon leurs domaines de compétences, d'intervention ou tout simplement, "selon leur passion", comme l'a proposé Claire Robillard, vice-présidente chargée du développement durable et solidaire et de l'écologie.
Pourquoi participez-vous à l'Agenda 21 de l'Essonne ?
Quelques signataires du Protocole témoignent...
- Carole Marchal, maire-adjointe au développement durable de la ville de Marcoussis : "Notre ville s'est engagée depuis de longues années dans une démarche de développement durable. De nombreuses actions ont été entreprises pour préserver l'environnement, l'éducation, le social. Nous avons formé du personnel afin de devenir une commune éco-responsable. Aujourd'hui, avec le Protocole du Conseil général, nous avons l'opportunité d'aller plus loin, d'enrichir notre réflexion. Nous attendons du Département un rôle de facilitateur, d'animateur et de diffuseur de bonnes pratiques. De notre côté, nous allons nous engager dans le cadre d'un plan climat et d'un Agenda 21 local."
- Jacques Pouyé, chef de service développement durable à la DIREN (Direction régionale de l'Environnement) : "Depuis 15 ans, mon métier consiste à essayer de promouvoir les Agendas 21 dans les collectivités territoriales. Dans ce domaine, l'Essonne a mené un effort considérable pour expliquer au grand public de quoi il était question. J'apprécie notamment l'accent mis sur le deuxième terme, souvent oublié : le développement ne doit pas être seulement durable mais aussi solidaire. Ce qui signifie par exemple créer des activités économiques qui laissent plus de place aux économies de main d'œuvre afin d'éviter les délocalisations..."
- Jean-François Mistou, chef de service développement durable à la Chambre de commerce et d'industrie de l'Essonne (CCIE) : "Les entreprises sont naturellement associées au développement durable et solidaire, puisqu'elles interviennent dans les domaines de l'emploi, du comportement des entreprises, du développement du territoire, de l'environnement... A la CCIE, nous menons des actions de certification environnementale et de promotion des éco-entreprises, nous soutenons celles qui suivent les recommandations du Guide SD 21000*, en partenariat avec le Conseil général. Avec l'Agenda 21 départemental, nous espérons développer la cohésion sociale et l'innovation au sein des entreprises essonniennes."
- Isabelle Gaillard, représentante de l'Association des familles de Courcouronnes : "Depuis 1949, nous menons un travail de fourmi en relation directe avec les familles de la ville. Notre objectif : faire entendre la voix des familles auprès des pouvoir publics. Les familles sont en effet les premières victimes du mode de développement économique et social actuel. Pour elles, le développement durable et solidaire revêt une importance capitale. Voilà pourquoi nous nous sommes engagés auprès du Conseil général pour relever ce défi."
- Vincent Dumenil, de l'association Les Petits Débrouillards : "Nous travaillons à éveiller la curiosité des enfants sur les sujets scientifiques et les enjeux environnementaux : eau, réchauffement climatique, etc. Nous avons mis en évidence la transversalité de tous ces problèmes. Mais nous avons rencontré des difficultés pour réunir les différents partenaires autour de notre démarche. L'Agenda 21 départemental nous donne la possibilité de rencontrer ces acteurs et de travailler ensemble, autour de ces enjeux essentiels pour l'avenir de notre société".
* Le Guide SD 21000 est un ouvrage de référence présentant des recommandations en matière de développement durable afin d'aider les entreprises à en intégrer les enjeux dans leur stratégie et leur management.
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