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L'Essonne accueille le 8e Forum mondial

Détail de l'affiche du 8e Forum mondial du développement durable et solidaire

Après le Congo et le Burkina Faso, le Forum mondial du développement durable pose ses valises en Essonne, du 24 au 26 juin à  Marcoussis. Experts et personnalités politiques viendront y débattre réchauffement climatique, crise alimentaire ou bien encore lutte contre les inégalités entre le Nord et le Sud. Avec une piste centrale pour un monde plus durable et solidaire : la coopération entre collectivités locales françaises et étrangères.

Un des puis construits au Niger grâce à  la solidarité des Essonniens Bitinkodji, au Niger. Dans cette petite commune rurale de l'Afrique sahélienne écrasée en permanence par le soleil, l'eau potable est une denrée rare pour les villageois. Depuis plus de dix ans, les habitants de la région ont pris le problème à  bras le corps en s'attelant à  la construction de 25 puits modernes sur leurs terres arides. Un exploit technique dans lequel ils sont aidés par... les habitants de l'Essonne. Plus précisément dans ce cas, ceux du Syndicat mixte de la vallée de l'Orge aval (Sivoa), qui regrou pe 32 communes de notre département.

En plus de sa mission première - gérer la rivière Orge pour éviter les inondations et préserver le milieu naturel -, le Sivoa fait appel à  la solidarité des usagers de son territoire : sur chaque m3 d'eau qui leur est facturé, 15 centimes d'euro sont consacrés à  des actions de coopération internationale comme celle de Bitinkodji. Un simple coup de pouce en apparence, mais qui permet aujourd'hui d'approvisionner en eau quelque 13000 habitants au Niger.

L'Essonne, chef de file de la coopération avec le Mali


Des exemples de coopération comme celui-ci, il y en a à  foison entre l'Essonne et l'Afrique. Notamment au Mali, où le département entretient depuis quatorze ans un partenariat étroit avec le Conseil de Cercle de Douentza, élargi depuis peu à  deux autres collectivités maliennes. L'Essonne est d'ailleurs chef de file d'un réseau de 12 collectivités françaises intervenant dans ce pays. En parallèle, le Conseil général apporte son soutien aux projets portés par d'autres acteurs essonniens de la solidarité internationale (collectivités, associations, entreprises), en Afrique, Asie, Amérique latine... Il est aussi engagé dans un partenariat avec Haïti depuis 2008.

Ce n'est donc pas un hasard si l'Essonne - dont "l'exemplarité pour un développement durable et solidaire n'est plus à  démontrer", comme le souligne la vice-présidente en charge de ce secteur, Claire Robillard -, a été sollicitée pour accueillir le 8e Forum du développement durable, du 24 au 26 juin à  Marcoussis. "Nous participons depuis trois ans aux différents forums mondiaux pour témoigner, apporter nos expériences et défendre nos conceptions et analyses concernant la coopération décentralisée. Il nous est apparu naturel de poursuivre cet engagement en accueillant ce 8e Forum", renchérit Patrice Finel, conseiller général délégué au développement solidaire et à  la coopération décentralisée.

Au menu de ce rendez-vous international, qui se veut une passerelle entre le Forum social mondial de Porto Alegre et le Forum économique mondial de Davos : le défi alimentaire (comment nourrir 6,5 et bientôt 9 milliards d'habitants ?), le réchauffement climatique (comment dépasser l'échec du Sommet de Copenhague ?), la protection de l'environnement (en cette Année internationale de la biodiversité), ou bien encore le financement du développement (comment atteindre les 8 Objectifs du Millénaire pour le développement, fixés par l'ONU pour l'horizon 2015 ?).

"Pour nourrir l'humanité, il faut revoir la copie !"


Autant de questions cruciales pour l'avenir de notre planète, sur lesquelles plancheront les quelque 700 participants attendus. Des spécialistes de chaque problématique se chargeront d'alimenter les débats. L'agronome Marc Dufumier par exemple expliquera pourquoi selon lui "pour nourrir l'humanité, il faut aujourd'hui revoir la copie". Comment ? "En doublant la production végétale dans les pays du Sud" et en permettant à  ces paysans "de vivre de leurs récoltes", ce qui implique pour l'Europe d'arrêter "de fourguer nos surplus dans ces pays !", s'insurge l'agronome.

Côté réchauffement climatique, l'ONG Good Planet viendra présenter son programme Action Carbone, qui propose à  chacun, particulier ou entreprise, de calculer, réduire et compenser ses émissions de C02 en finançant des projets de développement dans les pays du Sud.

Face à  ces défis d'ampleur planétaire, les collectivités présentes s'interrogeront sur le rôle croissant qu'elles sont amenées à  jouer. Issues des jumelages d'après-guerre qui visaient la réconciliation, les coopérations Nord-Sud, conçues dans un élan de charité, ont peu à  peu pris la forme de véritables partenariats entre territoires. Demain, elles contribueront peut-être à  l'élaboration d'un nouveau mode de développement, plus solidaire et plus soutenable pour notre planète.


Date de création : 07 06 2010
Dernière mise à  jour : 12 07 2010

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REPÈRES

- 6,5 et bientôt 9 milliards d'habitants à  nourrir sur Terre
- Limiter la hausse des températures globales à  2°C d'ici 2050 (accord de Copenhague)
- 25% des espèces connues sont menacées d'extinction d'ici 2050
- 20% des personnes vivant avec moins d'un dollar par jour se partagent 1% du revenu mondial
- 8 Objectifs du Millénaire pour le développement à  atteindre d'ici 2015, parmi lesquels : réduire l'extrême pauvreté et la faim, assurer l'éducation primaire pour tous, combattre le VIH/Sida, le paludisme et d'autres maladies, assurer un environnement humain durable...