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L'Essonne à l'horizon 2030
Transports, logements, développement économique, environnement... A quoi ressemblera l'Essonne d'ici à 2030 ? Eléments de réponse avec le Schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF), dont la version définitive vient d'être adoptée le 25 septembre. Ce document phare fixe les priorités d'aménagement de la région pour les 20 années à venir.
Après plus de quatre ans de concertation, le Schéma directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF) a été adopté dans sa version définitive jeudi 25 septembre par l'Assemblée régionale. En près de 250 pages, ce document de référence fixe les objectifs d'aménagement et de développement de la région d'ici à 2030, afin de répondre à trois défis majeurs : "favoriser l'égalité sociale et territoriale", "anticiper les mutations climatiques" et "développer le dynamisme et l'attractivité de la région". Pour y parvenir, le SDRIF prévoit notamment la création de 700 000 emplois, la construction de 60 000 logements par an et le développement des transports en commun, en privilégiant les liaisons de banlieue à banlieue.
Le SDRIF aura donc des incidences sur l'avenir des huit départements d'Ile-de-France. En Essonne, quels sont les grands changements prévus par ce document phare d'ici à 2030 ? Revue de détail à partir d'extraits choisis.
Transports. Il s'agit du domaine où les projets sont les plus précis à l'heure actuelle. Le SDRIF prévoit en effet la réalisation de nombreux sites propres de transports en commun (SPTC) sur le territoire essonnien : Corbeil-Essonnes-Sénart, Massy-Les Ulis, Massy-Orly, Orly-Val-d'Yerres-Val-de-Seine, sur la RN20 de la Porte d'Orléans à Longjumeau et de Massy à Arpajon, et sur la Francilienne entre Evry, le Val d'Orge et la zone d'activités de Coutabœuf. Une voie dédiée aux bus est également en projet sur l'autoroute A10, entre la gare routière de Briis-sous-Forges et la gare RER de Massy. Le tramway qui relie actuellement Villejuif à Athis-Mons devrait quant à lui être prolongé jusqu'à Juvisy et un autre SPTC sera réalisé entre Juvisy et Evry-Corbeil. Egalement sur les rails, la construction d'une gare TGV à Orly et le raccordement de la ligne classique Mantes-Massy avec la Ligne à grande vitesse (LGV) Atlantique dans le secteur de Massy. Une Tangentielle Sud en tram-train devrait par ailleurs être réalisée de Versailles-Chantier à Corbeil-Essonnes via Massy-Palaiseau et Evry-Courcouronnes. Côté routes enfin, l'aménagement de la RD36 devrait permettre de relier Saclay-Palaiseau à Saint-Quentin-en-Yvelines.
Logements. L'Essonne devra contribuer à la construction de 60 000 nouveaux logements par an sur toute l'Ile-de-France en édifiant 7 400 logements chaque année sur son territoire d'ici 2030. Le SDRIF a aussi fixé des objectifs chiffrés en matière de logements sociaux dans chaque département. D'ici 2030, l'Essonne devra ainsi compter 29% de logements sociaux sur son territoire, contre 20% en 2005.
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Développement économique. Le SDRIF identifie des "territoires moteurs de développement économique" qui doivent être confortés ou monter en puissance au cours des années à venir. En Essonne, il s'agit des secteurs d'Evry/Centre-Essonne, de Massy-Palaiseau-Courtaboeuf et d'Orly-Rungis-Nord-Essonne. A ceux-ci s'ajoutent les zones d'activités économiques d'Etampes et de Dourdan, à développer en priorité. Les pôles administratifs et de services, localisés à Evry et Etampes, sont eux aussi à valoriser. Quant au pôle d'Orly-Nord-Essonne, à cheval entre l'Essonne et le Val-de-Marne, il est identifié en tant que "quartier de rayonnement international à développer". Enfin, le SDRIF entend "organiser et accompagner" les unités de recherche, de formation supérieure et les entreprises innovantes, qui sont concentrées en Essonne sur deux secteurs : le Plateau de Saclay et l'agglomération d'Evry/Centre-Essonne.
Emploi. Avec la création de 700 000 emplois sur toute l'Ile-de-France, le SDRIF vise à augmenter le nombre d'actifs dans chaque département. Pour l'Essonne, il avance le chiffre de 622 000 actifs en 2030 contre 598 000 en 2005. Cette croissance de l'emploi "départementalisée" passe par le développement des pôles économiques déjà existants en Essonne et la modernisation des quartiers d'affaires.
Environnement. De façon générale, le SDRIF veut favoriser une organisation urbaine qui anticipe les mutations énergétiques et climatiques. En Essonne, il encourage le développement de l'énergie éolienne dans le sud rural du département. Le document prévoit aussi la création de trois éco-sites d'intérêt régional sur le territoire essonnien : au sud d'Etampes, au sud d'Evry et à la frontière centre-ouest de l'Essonne. Ces sites seront destinés à accueillir des éco-entreprises, qui produisent des énergies renouvelables, participent à la lutte contre la pollution ou assurent le traitement des déchets. Toujours au chapitre environnemental, le SDRIF s'est fixé comme objectifs de protéger les massifs boisés et la biodiversité (en particulier dans le Parc naturel régional du Gâtinais, à cheval entre l'Essonne et la Seine-et-Marne), renforcer les activités agricoles urbaines et périurbaines et accroître l'attractivité des bases de loisirs et de plein air (en Essonne, à Etampes et Draveil). Des actions de prévention et d'aménagement des zones inondables sont aussi prévues sur les berges des nombreux cours d'eau qui traversent l'Essonne. De nouvelles stations d'épuration devraient par ailleurs voir le jour sur le département, notamment à Olainville et à la confluence entre l'Orge et l'Yvette. Enfin, le SDRIF vise à lutter contre les nuisances sonores : il prévoit de doter les aérodromes de Brétigny et d'Etampes d'un Plan d'exposition au bruit (PEB) et de conforter la vocation agricole des sols autour de l'aéroport d'Orly (déjà doté d'un Plan de gêne sonore, PGS). Objectif : limiter l'urbanisation dans ces secteurs.
Equipements et services. Toujours dans l'optique de lutter contre les inégalités territoriales, le SDRIF souhaite moderniser et conforter le niveau d'équipements autour des deux grandes agglomérations de l'Essonne : Evry-Sénart et Massy-Palaiseau. Les équipements doivent en revanche être développés dans les pôles ruraux et les territoires à enjeux touristiques, situés dans le sud du département. De nouvelles piscines devraient par exemple voir le jour dans les secteurs d'Etampes, Dourdan et Méréville, aujourd'hui déficitaires en termes de bassins.
Les sites prioritaires en Essonne
Au vu de l'ampleur du territoire francilien (12 000 km² et 11,4 millions d'habitants en 2005), le SDRIF a décidé de concentrer les efforts d'aménagement sur certains sites dits "prioritaires". Il s'agit en premier lieu des "pôles moteurs" de la région, situés au cœur d'un bassin de vie, mais qui devront être dynamisés par des initiatives publiques, par exemple dans le secteur de l'emploi ou du renouvellement urbain de certains quartiers. C'est le cas en Essonne pour les sites d'Evry-Corbeil, Massy, Dourdan et Etampes.
Autres sites prioritaires, les "pôles à raccrocher au dynamisme francilien" : il s'agit là de sites qui se retrouvent écartés du développement de la région en raison de leur enclavement géographique, du manque de transports en commun ou bien encore de la concentration de difficultés sociales. En Essonne, les villes de Grigny, Viry-Chatillon, Les Ulis et plusieurs territoires du sud de l'Essonne sont dans ce cas de figure. Pour ces sites, "une action publique forte de rattrapage est nécessaire", précise le SDRIF. Ce qui se traduira par des efforts accrus en termes de réhabilitation urbaine, de diversification de l'habitat, de développement économique local ou bien encore d'équipements.
A noter
Dernière étape : pour entrer réellement en vigueur, le projet de SDRIF adopté par l'Assemblée régionale le 25 septembre doit également être approuvé par le Conseil d'Etat.
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