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Interview de Marc Peschanski
Essonne.fr: En quoi consistent les recherches d'I-Stem?
Marc Peschanski: I-Stem est un institut dédié à l'exploration du potentiel thérapeutique des cellules souches dans le traitement des maladies génétiques, plus exactement celles concernant un seul gène. Nous travaillons sur des cellules souches pluripotentes, c'est-à -dire capables de développer n'importe quel organe. Il en existe deux types: les cellules souches pluripotentes embryonnaires et les cellules induites à la pluripotence (IPS), créées pour la première fois il y a deux ans.
Essonne.fr: Votre équipe a réalisé une première mondiale cette année, la reconstitution totale d'un épiderme à partir de cellules souches. Qu'est-ce que cela signifie concrètement?
Marc Peschanski: La nature fait en sorte que les cellules souches embryonnaires, qui à la base peuvent “fabriquer†n'importe quel organe, s'orientent pour donner un type de cellule bien précis. Nous essayons de reproduire ce mécanisme en laboratoire : c'est pratiquement une recette de cuisine. Nous avons trouvé le protocole pour que les cellules souches embryonnaires donnent de l'épiderme. Et depuis un an, nous travaillons sur les cellules IPS pour lesquelles la démarche est à peu près la même.
Essonne.fr: Quelles perspectives ouvrent cette prouesse?
Marc Peschanski: L'utilisation de la thérapie cellulaire pour l'épiderme existe depuis vingt-cinq ans pour le traitement des grands brûlés, des maladies de l'épiderme ou encore des complications du diabète. Mais il y a des problèmes de compatibilité lorsqu'on utilise des cellules adultes pour les greffes. Il y a moins de risques de rejet avec les cellules embryonnaires. Dans l'avenir, les cellules IPS ouvrent une autre voie : aller chercher des personnes ayant un patrimoine génétique particulier qui en ferait des donneurs quasi-universels. À terme, il sera possible de constituer une banque de cellules IPS correspondant au patrimoine immunitaire de la majorité de la population.
Essonne.fr: Quel bénéfice I-Stem tire-t-il du Téléthon?
Marc Peschanski: I-Stem est depuis l'origine une construction commune de l'Inserm et de l'AFM, l'Agence française contre les myopathies, organisatrice du Téléthon , celle-ci ayant financé le projet à hauteur de 50 %. I-Stem touche ainsi 4 % des bénéfices du Téléthon, c'est l'un des laboratoires les mieux financés parmi les 400 soutenus par l'AFM. Cette année, l'opération a récolté 90 millions, soit 5 millions de moins que l'an dernier. On peut penser que les retombées de la crise y sont pour quelque chose.
Essonne.fr: Que pensez-vous des attaques sur le fait que le Téléthon rapporterait trop d'argent?
Marc Peschanski: C'est stupide. Le Téléthon représente 3 % de la somme totale rapportée par toutes les collectes associatives. Cela peut sembler énorme, mais ce n'est pas beaucoup par rapport aux besoins de la recherche. Le Téléthon finance des études cliniques. Et le coût de ce genre d'études se chiffre en millions d'euros...
Mais aussi
BIO
1982 : Marc Peschanski obtient le statut de chercheur à l'Inserm.
1991 : Son équipe réalise la 1ère greffe de cellules nerveuses en France.
2005 : Il crée I-Stem avec les soutiens de l'Inserm et de l'Association française contre les myopathies (AFM).
20 novembre 2009 : 1ère mondiale à Évry ! À partir de cellules souches embryonnaires, reconstitution totale d'un épiderme.
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