Le Conseil général

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Dossier : la solidarité internationale en actions...

Photo d'une borne kilométrique à  proximité de Douenza au Mali

Nous vous proposons dans ce dossier de découvrir quelques actions concrètes de coopération internationale développées grâce au soutien du Conseil général de l'Essonne.

Douentza : le cercle des solidarités

Portrait d'Antoine CheulaAntoine Cheula met en œuvre depuis six mois le programme de coopération entre le Conseil de cercle de Douentza, au Mali, et le Conseil général. Objectif : installer une réciprocité dans les échanges. Depuis janvier, j'habite à  Douentza, dans une maison en banco, la terre argileuse. En ce moment, il fait 45 degrés à  l'ombre”... Antoine Cheula, 26 ans, s'est volontairement expatrié dans cette région du Mali pour mettre en œuvre le programme de coopération décidé entre le Conseil général et son homologue, le Conseil de cercle de Douentza. Multiples partenariats 180 000 habitants, en majorité analphabètes, vivent sur ce vaste territoire de près de 19 000 km2. Leurs principales ressources : l'agriculture et l'élevage. Géographe, titulaire d'un DESS d'aménagement, Antoine Cheula a participé dès septembre 2005 au montage du programme. “Il s'agit d'apporter un appui au Conseil de cercle dans la limite des domaines de compétences des deux collectivités. Concrètement, je facilite la mise en place d'un réseau de partenaires entre l'Essonne et Douentza : collectivités locales, associations, organisations paysannes...

L'objectif, c'est d'échanger, dans un esprit de réciprocité, comme le veut la coopération internationale”, explique le jeune homme. Il a déjà  pris beaucoup de contacts au Mali, dans tous les domaines, du maraîchage à  l'assistance aux personnes handicapées, en passant par des rencontres entre lycées. C'est le cas par exemple de la Radio Daande Dwansa (“La voix de Douentza”), radio communautaire qui fonctionne avec peu de moyens. Elle a besoin, pour progresser, de communiquer avec d'autres professionnels, auxquels son expérience peut en retour beaucoup apporter. Elle est en effet écoutée par 65% de la population, et joue un rôle éducatif, apaisant notamment les tensions traditionnelles entre pâtres et agriculteurs. Un programme pour l'eau

Autre volet de la mission d'Antoine Cheula, en poste pour deux ans : développer des actions d'aménagement rural afin d'améliorer les rentrées fiscales du Conseil de cercle. “Un diagnostic environnemental a fait apparaître la nécessité de reboiser certaines zones où les arbres ont été prélevés sans être replantés, explique le volontaire. Il est prévu d'y réinstaller du néré, une espèce locale qui produit une gousse riche en protéines, avec l'espoir de voir se développer une filière alimentaire. Les organisations paysannes procèdent aux plantations dans les parcelles que j'ai aidées à  identifier. Le Conseil général finance l'achat des semences et des clôtures”. Dans cette région fortement touchée par les vagues de sécheresse des années 70-80, l'eau est un bien précieux. Une mission de photographie aérienne financée par le Conseil général a permis de repérer les mares d'où elle s'évacue trop vite après la saison des pluies. “Pour qu'elles soient remplies en permanence, il faudrait un dispositif de petites retenues d'eau et de micro-digues filtrantes, explique Antoine Cheula. Un plan d'aménagement sera présenté en juin aux villageois de 3 des zones concernées. Ils effectueront eux-mêmes les travaux”.

La concertation avec les habitants est, en effet, au centre de la coopération internationale. Dans cet esprit, une délégation composée d'élus du Conseil de cercle de Douentza est venue en Essonne, du 20 au 30 mai, examiner avec nos élus le bilan du programme 2006 et le projet pour 2008-2010.

Association Idilick
Bien  Au-delà  du voyage musical

Portrait Enzongo NgekeL'association Idilick travaille depuis plusieurs années déjà  avec des jeunes rappeurs à  Juvisy-sur-Orge. “Notre action porte sur la musique, les textes, la vidéo, dans les maisons de quartier avec des adolescents à  partir de 12 ans, raconte son président Enzongo Ngeke. Comme Juvisy entretient des liens privilégiés avec Tilabéri, une ville du Niger, nous avons décidé d'aller plus loin, notamment en privilégiant la découverte d'autres cultures. Notre but était de favoriser les échanges et d'offrir à  ces jeunes l'occasion d'élargir leur horizon et de s'ouvrir aux préoccupations des autres”.

En 2004, puis en 2005, des musiciens de Tilabéri viennent à  Juvisy. Une rencontre qui crée de vrais liens entre les uns et les autres puis débouche sur un travail en commun : l'enregistrement d'un CD, de deux clips et d'un court-métrage. En 2006, des membres de l'association se rendent alors à  Tilabéri avec du matériel de prise de vue et de prise de son. “Nous nous sommes aperçus qu'il y avait une énorme créativité sur place, explique Enzongo Ngeke. Seulement, il n'y a aucun moyen technique pour que les musiciens locaux puissent enregistrer leurs créations, ce qui est vraiment dommage car les échanges qui ont été menés ont apporté une nouvelle dynamique sur place”. Le grand projet de l'association vise désormais à  créer un studio d'enregistrement là -bas. “Nous sommes en train d'y travailler, confie le président d'Idilick. Cela donnerait un énorme élan à  la production culturelle locale”.

Renseignements au 01 69 05 97 49 ou par courriel à  enzongo.ngeke@hotmail.com

Association des jeunes des Aunettes
Volonté citoyenne

Membres de l'association Abolay Barry n'a que 20 ans, mais il sait déjà  précisément ce qu'il veut. “Comme beaucoup d'autres, à  18 ans, je ne suis plus parti avec le service Jeunesse de Sainte-Geneviève-des-Bois pour des chantiers humanitaires au Sénégal durant les vacances. Mais je voulais absolument poursuivre ce que j'avais commencé et continuer d'aider. Alors, j'ai eu l'idée de réactiver l'Association des jeunes des Aunettes et de lui donner une nouvelle dimension, davantage tournée vers l'éducation. Nous sommes une vingtaine, âgés de 16 à  22 ans, à  vouloir conserver des liens fraternels avec ce pays”.

En huit mois, Abolay recadre l'association sur de nouveaux objectifs, forme un bureau, accomplit les démarches administratives et ouvre un compte en banque. “Je suis allé voir Laurent Coulibaly, le responsable du service Jeunesse. Il m'a conseillé pour trouver des subventions pour un premier voyage, en décembre dernier. À Dakar, l'école et la bibliothèque sont terminées et on poursuit la réalisation d'autres chantiers en cours, initiés depuis longtemps par l'association de La Maison des Potes. Nous avons ramené la matière pour un livret et un CD sur l'île de Gorée, principal point de départ de l'esclavage”. Depuis son retour, Abolay prépare minutieusement le prochain voyage afin d'acheminer par containers, en juillet, jouets, livres, crayons, vêtements et ordinateurs collectés lors des différentes opérations de sensibilisation. Le tournoi de football et la buvette tenue par les jeunes volontaires de l'association ont permis de rassembler d'autres fonds. “Désormais, ils n'ont plus besoin qu'on les aide. Ils sont autonomes, déclare Laurent Coulibaly. Je suis heureux de les voir réaliser leur rêve. Et surtout très fier de ce qu'ils ont fait : c'est une action à  la fois citoyenne et émancipatrice”.

Abolay met un point d'honneur à  tenir une séance de bureau chaque semaine “pour faire le point, ranger les différents dons. Je travaille à  l'aéroport d'Orly, mais j'ai toujours du temps pour ce projet qui me tient à  cœur, pour aider les plus démunis”.

Renseignements au 06 29 44 10 43 ou par courriel à  abolay@hotmail.fr

Association Dégué Dégué Faso
 Du vélo... à  l'humanitaire !

Olivier Derquenne dans sa classeTout est parti d'une passion pour le vélo... et pour l'Afrique. En 2005, Olivier Derquenne participe avec quelques amis au Tour du Faso, une épreuve cycliste internationale où se mêlent professionnels et amateurs. Pour cet enseignant de Grigny et ses compères, il est “évident” que leur participation doit s'accompagner d'une démarche humanitaire. Grâce à  un travail en amont avec quatre écoles élémentaires essonniennes, 3 000 livres sont distribués dans six écoles burkinabé situées sur les étapes du Tour. Olivier Derquenne imagine également de mettre en place une correspondance entre élèves des écoles françaises et africaines. “C'était important pour les gamins d'ici de s'ouvrir à  d'autres cultures, de comprendre les différences et de prendre conscience des inégalités face à  l'accès au savoir. De même pour les enfants du Burkina, outre l'aide matérielle que nous pouvions leur apporter, ces échanges pouvaient leur permettre de mieux connaître la vie en France”, raconte-t-il. Malheureusement, les délais d'acheminement des courriers rendent la correspondance utopique.

Olivier Derquenne décide alors, avec l'association Dégué Dégué Faso qu'il préside, de poursuivre dans cette voie et d'équiper d'ordinateurs deux écoles du Burkina et de correspondre, mais cette fois-ci, via Internet. L'enseignant et ses amis participeront à  nouveau, en octobre prochain, au Tour du Faso, avec dans leurs bagages des ordinateurs qui pourront relier petits Essonniens et petits Burkinabé. “Nous rapporterons également des ouvrages locaux de littérature, ce qui permettra de travailler sur d'autres domaines dans les classes. Un film sera également réalisé sur les conditions d'enseignement différentes de ce pays”, explique Olivier Derquenne.

Renseignements au 06 87 49 25 71 et par courriel à  oldy76@hotmail.fr

Date de création : 06 06 2007
Dernière mise à  jour : 14 04 2010