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Cinq départements de gauche unis pour l'avenir de l'Ile-de-France
En plein débat sur le "Grand Paris", les présidents des conseils généraux de l'Essonne, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne et Val d'Oise ont signé une déclaration commune sur "la Métropole Paris Ile-de-France". Ils réclament notamment la solidarité financière entre collectivités franciliennes. Une position qu'ils ont défendue lors des Assises de la Métropole, qui rassemblaient gauche et droite le 25 juin.
"Nous vivons un grand événement aujourd'hui. Pour la première fois, cinq présidents de conseils généraux de gauche d'Ile-de-France s'expriment sur l'avenir de la région, chacun en fonction des territoires et des habitants qu'ils représentent, mais avec la cohérence du diagnostic et des propositions." Michel Berson a tenu à marquer cette journée du 18 juin 2008 d'une pierre blanche. En plein débat sur le "Grand Paris", le président du Conseil général de l'Essonne a signé une déclaration commune sur "la Métropole Paris Ile-de-France" [pdf] avec les quatre autres présidents de Départements de gauche de la banlieue parisienne : Vincent Eblé (PS, Seine-et-Marne), Claude Bartolone (PS, Seine-Saint-Denis), Christian Favier (PCF, Val-de-Marne) et Didier Arnal (PS, Val d'Oise).
Invités par Christian Favier à l'Hôtel du Département de Créteil, les cinq élus ont défendu face à la presse le rôle des départements dans "les processus de métropolisation à l'œuvre depuis une quinzaine d'année en Ile-de-France". Tout en saluant la nomination par le gouvernement d'un secrétaire d'Etat chargé du développement de la région capitale, les cinq présidents de gauche ont dénoncé les "fausses bonnes idées" qui se sont multipliées sur ce sujet. Par exemple, la création d'une Communauté urbaine rassemblant Paris et la petite couronne, qui ne ferait que renforcer le "millefeuille institutionnel" et "laisserait de côté la grande couronne". Quant à la suppression des départements, les élus parlent d'"usines à gaz", qui priveraient les territoires d'une "collectivité historique, dynamique et solidaire, combinant proximité et cohérence territoriale".
Quatre enjeux concrets
Dans leur déclaration commune, ils présentent leur vision partagée du devenir de la région francilienne. Pour tous, il est essentiel "de raisonner à l'échelle régionale", "loin du schéma aujourd'hui dépassé opposant le centre à la périphérie". Les cinq départements s'engagent à mettre en œuvre de "grand projets partagés", à partir de "quatre enjeux concrets" : la solidarité financière, en renforçant les mécanismes de péréquation fiscale ; les déplacements, avec en ligne de mire le désengorgement des transports de la petite couronne et le développement de liaisons transversales entre les agglomérations de la grande couronne ; l'habitat, en fournissant des logements de qualité pour tous les Franciliens ; enfin, la préservation de l'environnement et des ressources naturelles, dans une région où les espaces agricoles et naturels couvrent encore 80% de la superficie totale.
Projets interdépartementaux
Tour à tour, les cinq présidents ont pris la parole pour détailler leur position et les spécificités de leur département. Michel Berson a pour sa part insisté sur le rôle "fédérateur" des départements dans le lancement et la mise en œuvre de "projets interdépartementaux" : "L'Essonne travaille avec ses voisins : avec le Val-de-Marne sur le pôle d'Orly et avec les Yvelines sur le Plateau de Saclay. (...) Nous devons travailler davantage avec la Seine-et-Marne où il y a des potentialités énormes, notamment avec la ville nouvelle de Sénart". L'Essonne plaide aussi pour la création d'un "arc sud francilien de l'innovation" qui s'étendrait du Plateau de Saclay à Evry, en englobant Orly. Parmi "les sujets qui rassemblent" évoqués par Michel Berson, citons également la création de deux grandes rocades ferroviaires autour de Paris et l'investissement dans les pôles de compétitivité régionaux.
Disparités des ressources
Mais dans la réalisation de ces projets, Michel Berson pointe "un handicap principal" auquel se heurtent les départements d'Ile-de-France : les disparités énormes de leurs ressources. "On ne peut plus opposer l'est pauvre à l'ouest riche", a-t-il souligné. Le potentiel fiscal varie en effet de 1 à 7,5 entre les communes d'Ile-de-France et de 1 à 2,3 entre les départements. Sur ce point, les cinq présidents parlent d'une même voix : Michel Berson plaide pour "une réforme de la fiscalité locale", tandis que Didier Arnal, Christian Favier et Vincent Eblé réclament tous une "péréquation fiscale des ressources entre collectivités franciliennes". Claude Bartolone propose lui "une mutualisation des droits de mutation à l'échelle de la Région" dès 2009, une remise à niveau du Fonds de solidarité d'Ile-de-France et le lancement d'un grand emprunt européen pour les transports.
Des propositions qui devaient être débattues le 25 juin, lors des Assises de la Métropole, qui rassemblaient pour la première fois gauche et droite autour de l'avenir de l'Ile-de-France. Le secrétaire d'Etat à la région capitale, Christian Blanc, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Roger Karoutchi, et le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, y ont notamment participé, aux côtés des représentants des collectivités d'Ile-de-France. Au programme : les épineuses questions de la répartition des compétences et des ressources, sur lesquelles les cinq présidents des conseils généraux de gauche font désormais front commun.
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La déclaration commune sur la Métropole Paris Ile-de-France [pdf]
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