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24 heures avec les pompiers de Massy-Igny

Jérôme Guedj, le président du Conseil général, 24 heures avec les pompiers de Massy-Igny

Jérôme Guedj, le président du Conseil général, 24 heures avec les pompiers de Massy-Igny

Le 1er juillet dernier, Jérôme Guedj, le président du Conseil général accompagné de Jérôme Cauët, conseiller général de Montlhéry et président du Conseil d'administration du Sdis, a passé la journée avec les sapeurs-pompiers de Massy-Igny. En immersion totale... 

Objectif : côtoyer le quotidien de ces soldats du feu qui assurent 4200 interventions par an.

Après la prise de garde, les sapeurs-pompiers vérifient les engins et le matériel.
Après la prise de garde, les sapeurs-pompiers vérifient les engins et le matériel.

7h30 : Les 12 sapeurs-pompiers se rassemblent et prennent leur garde. Les informations concernant la nuit leur sont transmises. Le capitaine Sage, chef du centre de secours de Massy-Igny, en présence du colonel Caroli, directeur départemental du Sdis, présente l'équipe à Jérôme Guedj et Jérôme Cauët : "Vous allez suivre le programme type d'une journée en centre de secours mais il nous est impossible de savoir à l'avance quelles interventions nous devrons assurer. Cela fait partie de notre quotidien".

Les soldats du feu s'activent : ils procèdent aux vérifications des engins et du matériel. Pendant ce temps, les deux élus Essonniens se familiarisent avec les véhicules d'intervention désignés par des sigles difficiles à retenir. Ce centre de secours intervient sur un secteur composé de 5 communes : Massy, Igny, Verrières-le-Buisson, Vauhallan et Saclay. Il compte, au total, 68 sapeurs-pompiers, professionnels et volontaires.

C'est dans cette salle qu'arrivent les demandes de secours, comme l'explique le capitaine Sage, chef du centre de secours de Massy-Igny à Jérôme Guedj.
C'est dans cette salle qu'arrivent les demandes de secours, comme l'explique le capitaine Sage, chef du centre de secours de Massy-Igny à Jérôme Guedj.

8h15 : Les élus ainsi que le chef du centre s'acheminent ensuite vers la salle où les demandes de secours arrivent. Tout est informatisé, l'incident est signalé en temps réel.

"On partage un système informatisé de gestion et de traitement de l'alerte avec le Centre départemental d'appel d'urgence (CDAU) installé à Corbeil-Essonnes depuis 2006. Ce dispositif, qui reçoit l'ensemble des appels des numéros d'urgence 15, 18 et 112, a vocation à traiter le plus rapidement possible les demandes de secours, sur tout le territoire essonnien. Sur le même plateau, les personnels du Sdis et du Samu prennent les appels, régulent les demandes et les transmettent aux centres d'incendie et de secours les plus rapides pour intervenir sur les lieux", indique le colonel Caroli.

8h30-10h : La séance d'éducation physique et sportive démarre. Elle est encadrée par l'un des 12 sapeurs-pompiers spécialement formés. Au programme : renforcement musculaire et fitness. "Cet entraînement sportif est obligatoire. Il se déroule tous les matins. Les pompiers doivent être opérationnels de jour comme de nuit. Ils doivent être en condition pour remplir leurs missions et éviter les blessures", précise le capitaine Sage. Une heure trente exténuante pour les deux Jérôme. Le président du Conseil général s'en amuse : "Je ne pensais pas que ce serait si physique. Mais cela fait du bien, j'ai grand besoin de me remettre au sport !".

Muni d'un écarteur – un engin assez lourd - , Jérôme Guedj, le président du Conseil général, s'essaie au découpage d'une voiture.
Muni d'un écarteur – un engin assez lourd - , Jérôme Guedj, le président du Conseil général, s'essaie au découpage d'une voiture.

10h : Après une douche particulièrement bienvenue et un café, les sapeurs-pompiers se retrouvent dans la cour de la caserne pour faire une manœuvre de secours routier. "On récupère des véhicules via des casses. Elles nous sont utiles pour ce genre d'exercice", précise le chef du centre. Ici, pas de victime réelle mais un pompier qui prend place derrière le volant du véhicule. Ses collègues doivent assurer sa sécurité en procédant à une désincarcération.

En tenue de feu et muni de casque ainsi que de lunettes, le président du Conseil général et le président du Sdis brisent les vitres et découpent la carrosserie. Le colonel Caroli leur explique les contraintes techniques des voitures actuelles bourrées de nouvelles technologies. "Venir en immersion nous permet vraiment de prendre conscience des réalités du quotidien des pompiers. C'est important de voir ce qui se passe sur le terrain d'autant que le Conseil général finance quasi intégralement le Sdis, à hauteur de près de 100 millions d'euros par an".

A Verrières-le-Buisson, une femme de 67 ans s'est blessée au bras, suite à un malaise. Elle sera transportée vers l'hôpital Cartier de Massy par les sapeurs-pompiers.
A Verrières-le-Buisson, une femme de 67 ans s'est blessée au bras, suite à un malaise. Elle sera transportée vers l'hôpital Cartier de Massy par les sapeurs-pompiers.

11h : Pas le temps de finir sa phrase que Jérôme Guedj se retrouve en intervention. "Une personne est blessée sur la voie publique à Verrières-le-Buisson", indique le capitaine Sage. Immédiatement, trois sapeurs-pompiers grimpent dans l'ambulance, enfin, dans le véhicule de secours et d'assistance aux victimes. Ils activent le deux-tons pour que les automobilistes les laissent passer. L'adrénaline est palpable.

Arrivés sur place, ils trouvent une femme d'une soixantaine d'années, allongée au sol. Suite à un malaise, elle est tombée sur le bras qu'elle s'est probablement luxée. Les sapeurs-pompiers la prennent en charge avec beaucoup de précaution et la rassurent. Un contact est pris par radio avec le Samu, chargé d'évaluer la gravité médicale et d'orienter vers un hôpital si besoin, en fonction du bilan de la victime, de ses antécédents médicaux et de ses traitements éventuels. Le Samu demande aux sapeurs-pompiers de transporter la blessée à l'hôpital Cartier de Massy.

12h30 : Retour à la caserne où la délégation essonnienne est renforcée par l'arrivée de Guy Bonneau, l'autre conseiller général de Massy. L'équipe se retrouve autour d'un barbecue préparé par d'anciens pompiers volontaires. "Ce genre de moment convivial ressert les liens. Et c'est indispensable. On est appelé pour des petits bobos, cela fait partie de notre quotidien. Il arrive aussi qu'on intervienne pour des accidents beaucoup plus lourds. On doit être soudé et se serrer les coudes. En fait, face à certaines situations, même avec l'habitude, nous sommes désarmés. Il peut arriver que nous demandions un accompagnement psychologique", précise le capitaine Sage.

Avec son flair hors du commun, le chien KO est dressé pour rechercher des personnes ensevelies ou égarées. Il obéit au doigt et à l'œil du Sergent chef Gallina, responsable de l'unité cynotechnique de Massy-Igny.
Avec son flair hors du commun, le chien KO est dressé pour rechercher des personnes ensevelies ou égarées. Il obéit au doigt et à l'œil du Sergent chef Gallina, responsable de l'unité cynotechnique de Massy-Igny.

14h : Les deux Jérôme assistent à un exercice avec KO, un berger allemand de 4 ans qui appartient au Groupe Opérationnel Spécialisé départemental cynotechnique. Le Sergent-Chef Gallina : "Nous avons pour mission de rechercher des personnes ensevelies, suite par exemple, à l'éboulement de bâtiment, ainsi que les personnes égarées vulnérables comme les enfants ou les malades d'Alzheimer...". Un sapeur-pompier s'est caché dans un caisson. Charge au chien de le retrouver.

"En passant près de vous, KO a détecté vos odeurs. Il sent une odeur suspecte, celle du stress de la personne 'disparue' ". De fait, le chien procède à des cercles de plus en plus petits pour arriver jusqu'à ladite odeur. Un aboiement signale sa découverte. Très fier, KO vient recevoir son lot de caresses des mains d'élus impressionnés.

A Palaiseau, l'équipe porte secours à une personne âgée qui a fait une mauvaise chute. Ce sont deux SDF témoins de la scène qui ont composé le 18.
A Palaiseau, l'équipe porte secours à une personne âgée qui a fait une mauvaise chute. Ce sont deux SDF témoins de la scène qui ont composé le 18.

15h : L'équipe nettoie la remise. Les Bip sonnent : un ordre de départ est transmis au centre de secours avec toutes les informations nécessaires à l'intervention. Une vieille dame est tombée sur la chaussée à Palaiseau, il faut faire vite. L'ambulance actionne sa sirène et arrive rapidement dans le centre ville. Une personne âgée est effectivement allongée par terre. Blessée superficiellement à la tête, elle a chuté en bas d'un escalier. Deux SDF qui ont assisté à la scène ont immédiatement appelé les secours. La mission s'avère compliquée car la victime parle peu.

Est-ce son état normal ou ce mutisme est-il lié à la chute ? Les sapeurs-pompiers appellent la résidence où vit cette Essonnienne pour connaître son identité ainsi que ses antécédents médicaux et sa situation médicale. Rassurés, ils apprennent que la victime a des difficultés d'élocution et que ce n'est pas nouveau. Ils prennent ensuite contact avec le Samu qui les oriente vers l'hôpital le plus proche. Les élus, toujours de garde, n'en perdent pas une miette. "C'est un rêve de môme d'être pompier. Ils assurent une mission de service public cruciale", ajoute Jérome Guedj, le patron du département, qui toute la journée alimente sa page Facebook via des photos et des témoignages postés en temps réel.

A Bièvres, un ouvrier s'est blessé au doigt. Il souffre. Les sapeurs-pompiers se hâtent pour le transporter d'urgence à la clinique de l'Yvette de Longjumeau qui dispose d'un centre SOS mains.
A Bièvres, un ouvrier s'est blessé au doigt. Il souffre. Les sapeurs-pompiers se hâtent pour le transporter d'urgence à la clinique de l'Yvette de Longjumeau qui dispose d'un centre SOS mains.

16h15 : A peine rentrés, les élus repartent en mission de secours avec une autre équipe de sapeurs-pompiers. Un accident du travail est signalé sur un chantier à Bièvres. Un ouvrier s'est blessé avec une barrière mal fermée. Une fracture du doigt avec arrachement osseux. Ce qui signifie, en clair, qu'une partie du doigt est restée coincée dans la barrière.

"Nous avons pu récupérer le morceau de doigt, c'est une chance. Nous avons appelé le Samu qui nous oriente vers le centre SOS mains de la clinique de l'Yvette à Longjumeau", indique l'un des sapeurs-pompiers. Dans l'ambulance, la victime souffre. "Nous assurons les premiers secours. Compte tenu de la réglementation, nous ne pouvons pas soulager la douleur sans la présence d'un médecin. C'est très frustrant car nous sommes impuissants. Nous ne pouvons, après aval du Samu, que transporter la personne pour qu'elle se fasse soigner", ajoute le capitaine Sage.

L'équipe fonce pour un incendie qui se serait déclaré au 2e  sous-sol d'un parking à Massy. Il n'en est rien. Après avoir utilisé des pétards, des individus ont percuté un extincteur poudre qui s'est vidé, laissant derrière lui un épais nuage de poussière blanche.
L'équipe fonce pour un incendie qui se serait déclaré au 2e sous-sol d'un parking à Massy. Il n'en est rien. Après avoir utilisé des pétards, des individus ont percuté un extincteur poudre qui s'est vidé, laissant derrière lui un épais nuage de poussière blanche.

17h30 : Retour à la centre d'incendie et de secours avant de repartir pour ce qui est signalé comme un incendie dans un parking souterrain à Massy. En plus de l'ambulance, un camion suit : il s'agit d'un fourgon pompe tonne, nécessaire pour l'extinction des incendies. Le centre de secours de Palaiseau venu en renfort est là avec la grande échelle. Plus de peur que de mal... Pas de feu mais un épais nuage de poussière blanche en sous-sol.

Après avoir utilisé des pétards, des individus ont percuté un extincteur poudre qui s'est vidé. Alertée, la police nationale arrive sur place elle aussi. Pour rien. "Il arrive qu'on soit appelé pour ce genre de choses. Cela mobilise des moyens matériels et humains inutiles. Pendant ce temps-là, si une urgence tombe, une partie de l'équipe n'est pas disponible", déplore le chef du centre de secours de Massy-Igny.

18h30 : Jérôme Guedj et Jérôme Cauët prennent une collation avec l'équipe. Tous deux sont surpris de constater combien la journée est passée vite. Ils écoutent les sapeurs-pompiers leur faire part de leurs remarques. Un dernier temps de dialogue. L'un d'entre eux prend la parole : "On constate des abus. Au moindre bobo, les gens nous appellent. Or, nous ne sommes pas là pour ça".

Jérôme Cauët, le Capitaine Sage et Jérôme Guedj (au centre), entourés des sapeurs-pompiers de Massy de garde ce 1er juillet,  ainsi que des responsables du Service départemental d'incendie et de secours de l'Essonne.
Jérôme Cauët, le Capitaine Sage et Jérôme Guedj (au centre), entourés des sapeurs-pompiers du CIS de Massy-Igny de garde ce 1er juillet, ainsi que du Commandant De Nadaï et du Colonel Caroli, directeur du Service départemental d'incendie et de secours de l'Essonne.

19h30 : La garde se termine pour les élus. Pour le capitaine Sage, cette immersion est une première. Et il l'apprécie : "C'est rare de voir les élus jouer le jeu comme ça. C'est très valorisant pour notre travail. Le personnel a vraiment apprécié cette démarche."

Les mots de la fin de Jérôme Guedj d'abord : "J'ai passé une journée exceptionnelle et je vous en remercie. On vient avec un a priori positif et il est renforcé. Je suis très touché par votre engagement personnel. On sent que votre métier est une passion. Nous devons vous en être reconnaissants. Au-delà de cela, vous incarnez toute la noblesse du service public. A un moment où il est menacé, on a à cœur de le maintenir à niveau".

Puis, de Jérôme Cauët : "Un grand merci pour votre accueil. En temps que nouveau président du Sdis, je fais le tour de tous les centres de secours de l'Essonne. Passer une garde de 12 heures comme ça est rare et appréciable".

Date de création : 06 07 2011
Dernière mise à  jour : 31 08 2011