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Les produits phytosanitaires

Eau Une pollution qui progresse en zones urbaines
QU'EST-CE QU'UN PRODUIT PHYTOSANITAIRE ?
Les produits phytosanitaires dits "pesticides" : herbicides, insecticides, fongicides... sont des poisons destinés à prévenir l'apparition ou à détruire des végétaux indésirables et des organismes jugés nuisibles comme certains insectes et champignons. La pollution de l'eau par des pesticides n'est pas un problème spécifique des zones rurales. En zones urbaines les surfaces recevant les produits sont souvent imperméables et par temps de pluie, le ruissellement emporte les pesticides vers les cours d'eau.
Que se soit en zones rurales ou urbaines, les utilisateurs des produits phytosanitaires sont nombreux comme les collectivités (les conseils généraux, les communes…), l’Etat (les DDE), les agriculteurs, les entreprises privées (les golfs, les jardineries, les gestionnaires de voies routières et ferrées…) et les particuliers. Les produits phytosanitaires ne sont pas anodins et les manipuler sans précaution provoque des effets néfastes sur notre environnement (pollution de l’eau et des milieux aquatiques) et sur la santé humaine. Le problème de pollution de l’eau oblige à des traitements plus poussés pour produire de l’eau potable à partir des rivières (l’eau du nord du Essonne et d’une partie de l’Ile de France sont produites à partir de la Seine).
L'EXEMPLE DOIT VENIR DES COLLECTIVITÉS
• Les actions en interne au Conseil général de l'Essonne
Le Conseil général, utilisateur de produits phytosanitaires s’est engagé depuis plusieurs années dans une démarche de réduction de l’utilisation des pesticides en interne. La régie du service espaces verts n'utilise plus de produits phytosanitaires, elle privilégie des techniques de désherbage manuel (arrachage, binage), mécanique (balayage) ou alternatif (paillage, plante couvre-sol, désherbage thermique…). 
Désherbage thermique à mousse à base d’amidon de noix de coco et le résultat 2 jours après l’application : une technique parfois plus contraignante, mais sans emploi de produits phytosanitaire.
Pour les entretiens des espaces verts et des routes départementales réalisés par des prestataires extérieurs, un guide des bonnes pratiques de traitement phytosanitaire est systématiquement intégré aux différents cahiers des charges des marchés et une fiche de contrôle strict est demandée à chaque traitement. Cette fiche de saisie permet de reporter pour chaque intervention les produits, les doses et les quantités appliqués sur les zones traitées. L’objectif est à terme d’établir un plan de gestion des espaces verts et voiries. Si besoin, sur certains, des méthodes alternatives peuvent être mises en place.
Une fiche thématique du Guide de gestion des dépendances vertes reprend les grandes lignes de cette politique. Ce Guide détaille également d’autres types d’intervention d’entretien comme le fauchage en bordure des routes. En concertation avec le Conservatoire des Espaces Naturels Sensibles (CENS), les types et les fréquences de fauches ont pu être identifiés afin de préserver le patrimoine faunistique et floristique des bords de route. La fauche en milieu sensible respecte la floraison des orchidées et s’échelonne de mi mai à fin juin, de mi juillet à fin août et de mi octobre à fin octobre.
Enfin, le service Cadre de vie a mis en place en 2007 un nouveau prix d’honneur intitulé "Trophée Fleur Verte " pour les communes mettant en œuvre des pratiques de gestion des espaces publics respectueuses de l’environnement et aboutissant à un développement durable (limitation de l’usage des produits phytosanitaires, économie de la ressource en eau, gestion des déchets, actions de communication et de sensibilisation à l’environnement, etc.). Les communes volontaires ont été invitées à compléter un dossier présentant, notamment par le biais d’un questionnaire, leurs actions en matière de gestion de la voirie et des espaces verts. Les communes de Longjumeau, Les Ulis, Saint Germain les Arpajon et Viry-Châtillon ont obtenu le Trophée "Fleur verte" en 2008.
• Les actions de sensibilisation dans le département
Pour sensibiliser et aider les communes, le Conseil général a développé différents partenariats pour lutter contre les phytosanitaires en Essonne. Partenariats en cours pour la lutte contre les phytosanitaires.
L'action Phyt'Eaux Cités pour sensibiliser les collectivités
Sur l’initiative du Syndicat des Eaux d'Ile de France (SEDIF), neuf partenaires se sont fédérés autour du programme d’aide aux collectivités, Phyt’Eaux Cités, destiné à limiter l’emploi des produits phytosanitaires en zones urbaines. Phyt’Eaux Cités a pour objectif d’améliorer la qualité de l’eau prélevée sur la Seine en amont de Paris, en limitant l’apparition épisodique de fortes concentrations en pesticides.
Ce programme, suivi par le service de l’eau du Conseil général, se déroule sur 4 ans, entre 2007 et 2010 et permet à 73 communes (dont 54 en Essonne) du bassin de l’Yvette, de l’Orge aval et de la Seine, de bénéficier de prestations concrètes pour une gestion des espaces plus respectueuse de l’environnement. L’action Phyt’Eaux Cités est subventionnée à hauteur de 70% par l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Région Ile-de-France et le Conseil général de l’Essonne. Le reste est pris en charge par le SEDIF et les producteurs d’eau potable.
En Essonne 2 syndicats mobilisent les communes sur leur territoire, le SIAHVY pour 21 communes de l’Yvette et le SIVOA pour 29 communes de l’Orge aval.
Sur ces territoires, les communes volontaires sont identifiées et bénéficient gratuitement les prestations suivantes :
- d'un audit des pratiques phytosanitaires,
- d'une formation des agents et élus à l’emploi raisonné des produits phytosanitaires,
- d'un plan de gestion des espaces communaux permettant d’identifier les pratiques à mettre en œuvre en fonction du risque des transferts des produits vers les cours d’eau,
- de conseil pour intégrer des clauses environnementales au cahier des charges liants les communes en gestion déléguée à leurs prestataires,
- d'un suivi des pratiques pendant le déroulement des actions.
Les autres usagers de pesticides sont aussi sensibilisés par l’envoi de documents et l’invitation à des journées d’information L’action Phyt’Eaux Cités est évaluée par des indicateurs de suivi des pratiques et des analyses de l’eau portant sur 185 molécules de pesticides. Elle est soutenue par la diffusion d’une lettre électronique semestrielle.
• Carte : Les périmètres d'actions de prévention et de lutte contre les pesticides [pdf]
• La lettre 1 Phyt'eaux Cités - septembre 2007 [pdf]
• La lettre 2 Phyt'Eaux Cités - avril 2008 [pdf]
• La lettre 3 Phyt'Eaux Cités - novembre 2008 [pdf]
• La lettre 4 Phyt'Eaux Cités - juin 2009 [pdf]
L'action Aqui'Brie pour la reconquête de la qualité de l'eau grâce à une gestion des espaces publics plus respectueuse de l'environnement
A travers l’adhésion à l'association de l'aquifère des calcaires de Champigny en Brie (AQUI’Brie) en 2006, le Conseil général souhaite inciter également les collectivités, fortes utilisatrices de produits, à réduire leurs usages. Cette adhésion, permet en effet aux 17 communes de la vallée de l’Yerres, l’est de la Seine ainsi qu’aux communautés d’agglomérations de ce territoire de bénéficier de prestations gratuites similaires de l’action Phyt'Eaux Cités, proposées par Aqui’Brie (diagnostic des pratiques, définition de plan de gestions des espaces publics, formation et suivis des pratiques d’entretien).
Désherbage en bordure de rivière avant et après action Aqui'Brie (photos Aqui'Brie)
Ces prestations font partie d’une démarche globale qui a déjà été mise en oeuvre auprès de nombreuses communes sur le département de Seine-et-Marne. Le bilan depuis 2003 des actions de sensibilisation à la réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires auprès des 200 communes Seine-et-Marnaises est encourageant. En effet, une diminution de 65 % des volumes de produits et quantités de matières actives a été observée sur l’ensemble des communes sensibilisées. Il n’y a plus de traitements chimiques sur les berges de rus et fossés. Désherbage en bordure de rivière avant et après action Aqui’Brie.
En 2007, le Conseil général de l’Essonne a signé la charte du Champigny, qui vise à réduire l’usage des produits phytosanitaires, en partenariat avec l’association Aqui’Brie, les communes volontaires, l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, la Région Ile-de-France, le Conseil général de Seine-et-Marne.
• Carte : Les périmètres d'actions de prévention et de lutte contre les pesticides [pdf]
• La Charte du Champigny [pdf]
Ces actions répondent aux objectifs de la politique départementale de l’eau et présentent un double intérêt :
- la protection de la ressource en eau,
- la protection de la qualité des milieux aquatiques.
Ce dispositif est subventionné à hauteur de 40% du montant hors taxes et est ouvert à toutes les autres collectivités situées hors territoires Phyt'Eaux Cités et Aqui'Brie.





