Amélie Moreno et Cynthia Bundhoo

Amélie Moreno et Cynthia Bundhoo

Education Une rue de Boussy-Saint-Antoine à haut potentiel

Dans le cadre de notre série "Ils font l'Essonne", interview d'Amélie Moreno et Cynthia Bundhoo, bachelière S mention très bien.

Cynthia et Amélie ont plusieurs points communs: elles habitent toutes les deux dans la même rue à Boussy-Saint-Antoine, étaient dans la même classe de terminale scien tifique au lycée Maurice Éliot à Épinay-sous-Sénart classé Zep* et ont obtenu une mention très bien au baccalauréat en juillet 2009.

Mais la comparaison s'arrête là. Quand l'une est d’origine mauricienne, l'autre a un père espagnol et une mère anglaise. L'une se rêve en médecin, l’autre dans l'ingénierie. Et l'une étudie à Paris, l'autre à Cergy-Pontoise.

Quand on revient sur leurs performances de l'été dernier, là aussi leurs visions divergent... “Je ne suis pas du tout un exemple ! explique Amélie. J’ai des facilités en langues, grâce aux origines espagnole de mon père et anglaise de ma mère. Et puis, j’ai eu beaucoup de chance avec les sujets, car j’avais fait quelques impasses notamment en philosophie”, avoue la jeune fille.

En revanche, pour Cynthia, sa mention n’est en rien due au hasard. “C’est le fruit d’un travail régulier tout au long de l’année et de bonnes révisions à la fin. J’ai souvent refusé de sortir pour travailler et réviser, confie-t-elle. Parfois c’était presque un sacrifice mais j’ai été récompensée pour ces efforts”, explique-t-elle fièrement.

Si pour Amélie, la mention était une surprise, elle n’a pas pour autant changé ses plans. En septembre, elle a ainsi intégré une école d’ingénieur. “Dans ma classe, beaucoup ont eu des mentions, je ne suis pas une exception. Je me sens donc normale. La moitié des étudiants vient de région parisienne. Chacun a son histoire, je ne me sens pas différente”.

Un sentiment que ne partage pas toujours Cynthia qui se sent un peu “décalée” par rapport aux autres étudiants en médecine de son université à Paris. “On ne rigole pas des mêmes choses, on n’a pas la même mentalité. Ainsi, certains m’ont demandé si c’était pour une raison financière que je ne faisais pas la prépa payante qui existe pour aider les premières années à passer le concours. Alors que ce n’est pas la question : j’ai une bourse au mérite grâce à ma mention. En fait, je n’ai pas envie de payer plusieurs milliers d’euros alors que je peux avoir le concours en travaillant par moi-même”. Avec cet argent, Cynthia préfère acheter des cadeaux de Noël pour sa famille. “Peut-être que je l’utiliserai l’an prochain si je rate”, ajoute-t-elle en souriant.

* Zone d’éducation prioritaire.

Dernière mise à jour : le 03 février 2010


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