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Grand flou autour du grand emprunt

Chercheurs en laboratoire

Un milliard d'euros, en plus des 850 millions du Plan Campus, pour faire en quelques années du site de Saclay l'un des meilleurs centres mondiaux de recherche et d'innovation : pourquoi pas ? Pourtant, le compte et la méthode n'y sont pas !

Annoncée le 11 janvier dernier, la déci­sion du président Nicolas Sarkozy de consacrer un milliard d'euros au plateau de Saclay, dans le cadre du grand emprunt national, ne laisse personne indifférent. La communauté scientifique y a d'abord vu avec intérêt la possibilité de mettre en synergie les établissements constituant le campus : dix grandes écoles d'ingénieurs et de management, une école normale supérieure, deux universités, six or­ga­­nis­mes et instituts de recherche.

"Des travaux indispensables sont ignorés"

Sauf que, passé l'effet d'annonce, les interrogations se font de plus en plus nombreuses, notamment chez les élus du secteur qui tirent la sonnette d'alar­me. Pour David Ros, maire d'Orsay et vice-président du Conseil général chargé du dévelo­p­pe­ment éco­nomi­que, de la recherche et de l'ensei­gne­ment supérieur, “le bonheur est annoncé dans 25 ans ; mais en atten­dant, l'amé­lioration du quotidien n'est ab­so­­lument pas prise en compte. Des tra­vaux indis­pen­­sables pourtant clairement définis et identifiés en matière de transports com­me le réaménagement du RER B, ou la construction de logements, sont ignorés.”

François Lamy, député-maire de Pa­lai­seau et président de la communauté d'agglomération du plateau de Saclay, souligne l'incohérence du projet qui n'évoque même pas la viabilisation du site en ce qui concerne les eaux pluviales et usées. Un préalable pourtant nécessaire à  toute construction. “Ces opérations nécessitent à  elles seu­­les 500 millions d'euros...

À la char­­ge de qui ? Le flou du côté de l'État est to­tal.” Le doute plane à  présent sur le campus, qui pour être à  la hauteur des ambitions proclamées demanderait non pas 1,85 milliard, mais quatre milliards d'euros. Des inquiétudes encore ren­for­cées par le refus du gouvernement de mettre en place une gouvernance du site de Saclay, partagée entres les élus et l'État.

Date de création : 24 02 2010
Dernière mise à  jour : 24 02 2010