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Les éco-activités, nouvel eldorado de l'Essonne
Avec 250 éco-entreprises, 45 laboratoires et 60 formations dédiées à l'environnement, notre département dispose d'un formidable gisement naturel d'éco-activités. Une richesse que le Conseil général a souhaité valoriser en lançant une nouvelle filière de développement économique et écologique.

Des palmiers au Pôle Nord ? Ce n'est pas un mirage dû au réchauffement climatique, mais bel et bien la réalité de notre planète, il y a 50 millions d'années. Et aussi l'une des étonnantes pistes de recherches du Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement, basé à Gif-sur-Yvette. Les études menées par ses chercheurs alimentent en ce moment même les débats, au Sommet de Copenhague sur le climat.
Pendant ce temps, toujours sur le plateau de Saclay, l'Ecole Polytechnique de Palaiseau poursuit ses recherches sur l'énergie solaire photovoltaïque, en partenariat avec le groupe Total. A Evry, l'entreprise Global Energies met au point un procédé de biocarburant innovant, à partir des produits de l'agriculture essonnienne. Et à Vert-le-Grand, le groupe Sémardel transformera bientôt les déchets d'Evry et de Courcouronnes en électricité...
Capter des initiatives
Le point commun entre ces entreprises, laboratoires ou instituts de formation ? "Quelle que soit leur taille, ces acteurs essonniens développent tous des projets dans le secteur de l'environnement. Ce qui prouve que l'Essonne arrive à capter ces initiatives et à les faire émerger", analyse Sophie Aubin, de l'Agence pour l'économie en Essonne (AEE). Dans le jargon économique, ces produits et services "écolo" ont un nom : les "éco-activités".
L'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) définit ce nouveau secteur porteur comme "l'ensemble des biens et des services à caractère marchand visant à : mesurer, prévenir, limiter ou corriger les pollutions de l'eau, de l'air, des sols et celles liées au bruit ; récupérer, gérer, recycler, valoriser les déchets et dépolluer les sites industriels ; développer les énergies à faible impact environnemental ; et améliorer l'efficacité énergétique des bâtiments". Une définition large qui recoupe donc la gestion des déchets urbains, l'assainissement de l'eau, le développement des énergies renouvelables (solaire, éoliennes...), de véhicules électriques, la production de biocarburants, la construction de bâtiments économes en énergie, etc.
Trois secteurs prioritaires
Or, avec 250 éco-entreprises, 45 laboratoires publics de recherche et plus de 60 formations dédiées à l'environnement, l'Essonne fait aujourd'hui partie des départements pionniers en matière d'éco-activités. Un formidable potentiel que le Conseil général a voulu valoriser et structurer en créant, le 23 novembre dernier, une filière. "L'Essonne est une terre d'éco-initiatives qu'il faut accompagner et aider à se développer. Avec cette délibération-cadre, nous allons donner aux éco-entrepreneurs les moyens nécessaires à la création et à la poursuite de leur activité", explique Thierry Mandon, président délégué aux stratégies d'aménagement et de développement des territoires au Conseil général.
Dès le lendemain, les "éco-acteurs" de l'Essonne – décideurs, entrepreneurs, chercheurs, universitaires – étaient conviés au Génocentre d'Evry pour un colloque dédié aux éco-activités, afin de décider de l'organisation de cette filière. Trois secteurs ont été identifiés comme prioritaires : les énergies renouvelables, le climat et le bâtiment durable. L'intervention du Conseil général (évaluée entre 1 et 1,5 M € par an) portera plus précisément sur le soutien à la recherche et l'aide à la création et au développement des éco-entreprises.
"Révolutionner nos modes de vie"
En clôture de la rencontre, le président du Conseil général Michel Berson a présenté les éco-activités comme la "troisième filière de développement stratégique de l'Essonne, après les biotechnologies et l'optique". Selon lui, cette éco-filière va contribuer à "révolutionner nos modes de vie". Comment ? En généralisant par exemple l'usage de panneaux solaires dans les nouveaux bâtiments, comme le propose la société Eco-Logis. En remplaçant le transport aérien par de futurs trains à très grande vitesse, imaginés aujourd'hui par Altsom. Ou bien encore en faisant d'une pierre deux coups : récupérer les gaz à effet de serre pour chauffer directement les habitations...
Claire Robillard, vice-présidente chargée du développement durable et solidaire et de l'écologie, voit déjà dans ces projets en cours de réalisation "un gain de bien-être et de bonheur certain pour les Essonniens", qui s'inscrit dans la démarche globale de développement durable du département.
Facteur de croissance
Mais la véritable valeur ajoutée des éco-activités réside dans leur double dimension : à la fois écologique et économique. Selon des estimations de l'Agence pour l'économie en Essonne, ce secteur pourrait générer rapidement près de 10 000 nouveaux emplois sur le département, dans des métiers et des niveaux de qualification très variés - chercheurs, ingénieurs mais aussi artisans ou ouvriers.
Et en période de crise, la filière éco-activités est aussi un facteur de croissance à l'abri d'éventuelles délocalisations : à la clé en effet, une production industrielle peu délocalisable puisque très liée au marché essonnien... Autant de raisons qui poussent le Conseil général et ses partenaires à exploiter cette mine de richesses "vertes" dont regorge notre département. Et qui, contrairement aux ressources traditionnelles, n'est pas prête de s'épuiser...
Contact
Agence pour l'économie en Essonne(AEE)
6 Cours Monseigneur Roméro
91025 EVRY Cedex
Tél. 01 69 91 05 29
http://www.essonne-developpement.com/
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