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Manger moins pour vivre plus longtemps (si vous êtes un lémurien)

Publié le : 06.11.2019, dernière mise à jour : 08.11.2019

Une étude marathon et unique en Europe du laboratoire essonnien « Mécanismes adaptatifs et ÉÉvolution », à Brunoy, confirme le lien entre une alimentation modérée et une meilleure espérance de vie en bonne santé. Explications avec la biologiste Fabienne Aujard, à l’origine du projet de recherche.

Lémurien et être humain : des caractéristiques physiologiques en commun©DR

À Brunoy, le laboratoire « Mécanismes adaptatifs et Évolution – Mécadev * » abrite le plus grand élevage au monde de microcèbes, le plus petit des lémuriens. Ils sont environ 500, mesurent 15 centimètres, pèsent entre 60 et 110 grammes. Mais surtout, ces petits primates partagent de nombreuses caractéristiques physiologiques avec l’être humain. Les scientifiques du Mécadev ont mené sur nos lointains cousins une étude sur dix ans. Leur piste de recherche ? Manger moins pour vivre plus vieux et en meilleure santé. « Nous avons réduit de 30% l’apport calorique quotidien d’un groupe de lémuriens mâles adultes, pour le restant de leur vie », détaille Fabienne Aujard. Précision utile : les animaux ne souffrent pas de cette diète forcée, les repas restent équilibrés, leurs activités ne diminuent pas.

Une durée de vie augmentée de près de 50%

Publiés en 2018, les résultats sont probants. Les lémuriens sous restriction calorique chronique ont vécu bien plus longtemps que les autres, et en meilleure santé. Certains ont même atteint l’âge de 13 ans (leur espérance de vie est de 8 à 10 ans). « Ils présentent les caractéristiques morphologiques d'un animal plus jeune », résume Fabienne Aujard.
Les scientifiques ont constaté une baisse du nombre de cancers, de diabète. Les capacités motrices sont préservées. « Certains effets sont contradictoires sur l’atrophie cérébrale liée à l’âge, tempère la chercheuse. Chez les microcèbes âgés sous restriction calorique chronique, une accélération légère de la perte de matière grise – corps cellulaires des neurones – est observée. Mais en même temps qu’un ralentissement notoire de l’atrophie de la matière blanche, les fibres des neurones ».

Une piste de recherche, pas un précepte

Les conclusions de l’étude ne valent pas précepte, que chacun pourrait appliquer dans la vie de tous les jours. « Aujourd’hui, les mécanismes expliquant les puissants effets observés lors de l’étude sont encore méconnus », confirme Fabienne Aujard.
Parmi les hypothèses, celle de l’hormèse. L'organisme, soumis à un stress léger et constant, déclenche des défenses bénéfiques pour la longévité. Autre piste avancée : la diète calorique imposée par l’expérimentation correspondrait en réalité à un niveau adapté et bénéfique pour la santé des lémuriens.
Une chose est certaine : une alimentation saine, équilibrée, sans excès de calories ni de protéines, suivant les recommandations du quatrième programme national nutrition santé (PNNS), joue en faveur d’une meilleure santé. Que l’on soit un lémurien ou un être humain.

* Unité mixte CNRS et du Muséum national d'Histoire naturelle

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