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L'industrie de demain se dessine en Essonne

Publié le : 29.01.2019, dernière mise à jour : 29.01.2019

Réalité augmentée, imprimante 3D, robots connectés, big data, intelligence artificielle... Sur le plateau de Saclay, l’usine du future "ICO" fourmille de technologies de pointe qu’elle met au service de la production industrielle.

À Villebon-sur-Yvette, l’Innovation Center for Operations (ICO) n’est pas une usine comme les autres. Des robots se faufilent entre les ouvriers qui, tablette tactile en main, filment le châssis d’un scooter pour voir s’afficher en surimpression les pièces à vérifier. Les deux lignes de productions (l’une alterne l’assemblage de scooters et de sèche-linge, l’autre la fabrication de bonbons*) sont truffées de technologies en tout genre : impression 3D, big data, cybersécurité, intelligence artificielle, réalité augmentée… "L’ICO préfigure de l’usine de demain. Son ambition est de montrer, preuve à l’appui, comment ces technologies de pointe peuvent révolutionner le fonctionnement des usines en France", détaille Moundir Rachidi, directeur Opérations du cabinet de conseil Boston Consulting Group, à l’origine du projet.

3 000 personnes formées

Chaque jour, des groupes industriels internationaux et des entreprises alentours, petites et moyennes, débarquent à l’ICO pour expérimenter les technologies et savoir-faire de l’industrie de l’usine 4.0, en référence à la quatrième révolution industrielle*.

"La digitalisation des processus dans une usine permet des gains de productivité de 15 à 30 % sur les coûts de production, dans un délai de 6 à 12 mois", résume Moundir Rachidi.

En 2018, 180 entreprises et 3 000 personnes venant des quatre coins du monde ont été formées à l’ICO. Site d’innovation et d’expérimentation, l’ICO est aussi un lieu de formation. Chaque année, 120 futurs ingénieurs viennent mettre en pratique ce qu’ils ont appris sur les bancs de l’école. Parmi eux, une dizaine d’élèves de Centrale Supélec, partenaire du Boston Consulting Group.

 

Pôle de compétitivité de premier rang

Lancée en 2016, l’ICO de Saclay a été la première des dix usines-écoles que le groupe BCG a installée dans le monde (Chine, États-Unis, Allemagne, etc.). "Le plateau de Saclay est l’un des plus importants pôles de compétitivité du monde, spécialisé dans les hautes technologies associant industrie de pointe et recherche", estime Moundir Rachidi.

D'autres usines 4.0 pourraient voir le jour dans les mois à venir, en France. En septembre dernier, le premier ministre, Édouard Philippe, a annoncé le lancement en région d’une vingtaine de centres de ce type. L’enjeu dépasse la seule formation. "L'usine numérique sera, à termes, plus rentable. Après tant d’années d’une crise sévère, elle est le levier essentiel de la réindustrialisation de la France", prédit le directeur Opérations de BCG France.

* Les produits ne sont pas commercialisés.
** L’usine 4.0 fait référence à la quatrième révolution industrielle (après la mécanisation, l’industrialisation et l’automatisation).

 

"Cette année, huit étudiants de 3e année de génie industriel mènent un projet d’étude au sein de l’Innovation Center for Opérations. Leur travail consiste à observer le lien entre les ouvriers et les robots dans l’usine numérique. Ils livreront ensuite au responsable du site leurs préconisations pour optimiser la production. Cet outil pédagogique leur permet de se confronter au réel, d’être au plus près des machines et des lignes de production. C’est essentiel pour les futurs ingénieurs qu’ils se projettent dans l’usine de demain et comprennent ses enjeux, ses outils pour adapter les machines aux attentes des ouvriers, etc."

Julie Le Cardinal, directrice du département Sciences de l’entreprise, responsable de l’option génie industriel, Centrale Supélec 

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