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La recherche essonnienne au chevet de Notre-Dame

Publié le : 17.09.2019, dernière mise à jour : 18.09.2019

Après le terrible incendie qui a ravagé la charpente en bois et la flèche de la cathédrale Notre-Dame, la communauté scientifique se mobilise pour étudier le passé de la cathédrale quasi-millénaire et mieux appréhender sa restauration. Des laboratoires essonniens font partie de l’aventure.

Les scientifiques essonniens sont au chevet de Notre Dame de Paris©Gettyimages

Le 15 avril dernier, le chercheur Philippe Dillmann descend le boulevard Saint-Michel à Paris et tombe, effaré, sur la cathédrale Notre-Dame en flammes. Le violent incendie ravage la charpente en bois, la flèche et une partie de la voûte du monument le plus visité d’Europe.

Quelques jours plus tard, l’émotion est retombée et la rigueur scientifique reprend le dessus. Le chimiste spécialiste des métaux de cathédrales est nommé, aux côtés de Martine Regert, spécialiste d’archéologie biomoléculaire, directrice adjointe scientifique à l’Institut écologie et environnement du CNRS, coordinateur du collectif scientifique "Chantier CNRS – Notre Dame". Très vite le ministère de la Culture se joint au mouvement. "Notre rôle est de coordonner les nombreux travaux de recherche qui ont émergé suite à l’incendie", précise le directeur du Laboratoire archéomatériaux et prévision de l’altération (LAPA), installé au CEA, sur le plateau de Saclay. Le collectif, comprend environ 80 chercheurs, issus de 25 laboratoires CNRS et ministère de la Culture. Certains d’entre eux sont basés dans le département de l’Essonne : le Lapa, mais aussi le laboratoire des sciences du climat et de l'environnement (LSCE) de Saint-Aubin, ou l’Institut rayonnement-matière de Saclay (Iramis).

Faire parler les poutres calcinées

Parmi les axes de recherche figure l’étude des centaines de poutres calcinées qui composaient la charpente de la cathédrale, surnommée la "Forêt de Notre-Dame". "Grâce des méthodes physico-chimiques développées par les laboratoires, le bois de la charpente peut livrer de précieuses informations". Les chercheurs vont par exemple déterminer, à l’année près, l’évolution du climat en Île-de-France entre le XIe et le XIIIe siècles. Le nombre de cernes recensés sur les troncs des chênes brûlés indique l’âge des arbres. Autre exemple : des études isotopiques (c'est à dire de la composition des atomes) mettent en lumière leur région de provenance.

Les chercheurs en sauront bientôt davantage sur la gestion des forêts, les techniques de construction de l’époque, comprendre comment le bois a évolué au fil des siècles, etc. Les scientifiques se donnent cinq ans pour achever leur mission. "Des travaux identiques seront menés sur les blocs de pierre, le plomb, le verre des vitraux, précise Philippe Dillmann. Les matériaux de Notre-Dame ont été, jusqu’à présent, très peu étudiés. C’est une mine d’informations inestimable".

Le collectif "Chantier CNRS Notre-Dame" ne se contente pas de scruter le passé monument gothique. Il entend bien participer à son renouveau. "Les données récoltées sur les caractéristiques des matériaux qui composent l’édifice aideront à choisir ceux qui serviront pour sa restauration", conclut le scientifique, impatient que la cathédrale livre ses secrets. 

 

 

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