- Culture Sports Loisirs
- Toute l'actualité de "Culture - Sports - Loisirs"
Réglé comme une horloge
Roues de rencontre, échappement à foliots et à goupilles... Le geste précis et minutieux, Jean-Philippe Frénot s'affaire sur un mécanisme d'un autre âge.
Horlogers de père en fils depuis plusieurs générations, les Frénot perpétuent un savoir faire artisanal aujourd'hui en voie de disparition: la réparation de mécanismes anciens.
Dans l'arrière-boutique d'une bijouterie moderne de Palaiseau est dissimulé l'atelier de Jean-Philippe, une véritable caverne d'Ali Baba remplie de machines à décompter le temps, mais aussi d'automates datant d'époques diverses.
Toujours passionné par son métier, cet artisan de 63 ans exerce encore et ne s'arrêtera pas “tant qu'il pourra continuerâ€. Équipé de sa loupe et d'une minuscule pince, il vante les attraits de la profession qu'il chérit tant : “Ces mécanismes ont été faits par des gens qui nous ont laissé un patrimoine. C'était un travail extraordinaire, un peu comme les cathédralesâ€. Montres et horloges datant d'Henri IV, Louis XIV ou de l'Empire, les objets qui passent entre ses mains sont pleins de surprises. “Un jour, j'ai découvert un tiroir secret dans une vieille boîte à musique. J'ai dû faire une clé, et dans le tiroir il y avait un parchemin lettre d'amourâ€, raconte-t-il, amusé.
Un métier en danger
Chaque mécanisme est unique. Jean- Philippe doit donc fabriquer les pièces lui-même lorsqu'elles sont cassées ou manquantes. Une activité qui nécessite de solides connaissances en géométrie. “Je vais toujours à l'école d'horlogerie pour faire des mathématiquesâ€, précise-t-il. Malheureusement, Jean-Philippe est aujourd'hui l'un des seuls horlogers à être capable de réparer de telles oeuvres. Une situation qu'il déplore.
“Le métier est en difficulté : à l'école d'horlogerie, il y a seulement quatre élèves en troisième année. Et ces jeunes sont recrutés par les Suisses qui leur offrent des salaires plus élevés.â€
Avide de transmettre son savoir-faire, il a chez lui un apprenti. Mais il faut du temps pour saisir toutes les subtilités des mécanismes anciens. “J'ai commencé mon apprentissage à 16 ans et c'est seulement au bout de cinq années que j'ai commencé à faire de très vieilles pendulesâ€, se souvient-il.
Le jeu en valait la chandelle : Jean-Philippe compte des clients partout dans le monde, et pas des moindres: “J'ai refait des pièces pour le château de Versailles et le roi du Marocâ€, détaille-t-il, évoquant ensuite l'acteur Michel Serrault et ses quatre pendules. Aujourd'hui, “je ne cherche plus à faire du chiffre pour gagner ma vieâ€. Son seul enjeu est la passion.
© Conseil général de l'Essonne - CG91
Hôtel du département ► Boulevard de France ► 91012 Évry cedex ► Tél. 01 60 91 91 91 ► Télécopie 01 60 91 91 77








