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L'enfant de Grigny a tracé sa route

Sandrine Bonnaire

Sandrine Bonnaire

Dans “Le soleil me trace la route”*, Sandrine Bonnaire raconte son enfance et sa carrière à  travers des conversations avec les journalistes Tiffy Morgue et Jean-Yves Gaillac.

Des grandes étapes de son ascension cinématographique aux détails les plus intimes de sa vie, l'actrice se met à  nu. Arrivée au cinéma “un peu par hasard”, elle connaîtra un succès fulgurant, décrochant le César du meilleur espoir féminin pour son rôle dans le film “À nos amours” de Maurice Pialat.

Nous sommes en 1983. Sandrine a 16 ans. Ce destin, elle n'aurait pas pu l'imaginer avant le coup de fil lui promet tant le rôle. “Ma seule ambition à  l'époque, et encore sans grande conviction puisque je ne l'ai même pas tenté, était de passer un CAP de coiffure”, ironise-t-elle.

"L'autoroute du Soleil nous donnait l'envie de fuguer"


Issue d'une famille d'origine modeste de onze enfants dont cinq filles, c'est à  la cité de la Grande Borne à  Grigny que Sandrine Bonnaire a passé la plus grande partie de son enfance. Avec sa soeur Lydie, elles rêvaient alors d'évasion, “l'autoroute du Soleil qui passe pas très loin nous donnait l'envie de fuguer”, se souvient-elle. Mais impossible d'oublier aussi les contraintes de la réalité et de la pauvreté...

À la mort de son père, elle est devenue “le pilier financier” de la famille. Des responsabilités qui lui ont permis de garder les pieds sur terre et surtout de ne jamais renier ses origines durant sa carrière pavée de succès. “Avec mes soeurs, je peux m'oublier, évacuer la pression du métier, faire un peu la folle !” Les liens tissés dans “la fratrie de Grigny” perdurent et ont conduit Sandrine à  faire un film sur l'une de ses membres.

Avec “Elle s'appelle Sabine” en 2006, la comédienne livre un portrait sans détour de sa soeur autiste. Aujourd'hui, elle s'attarde toujours de l'autre côté de la caméra en écrivant un scénario sur un homme de son enfance.

* ”Le soleil me trace la route”, de Sandrine Bonnaire, Tiffy Morgue et Jean-Yves Gaillac, aux éditions Stock (2010).

Date de création : 02 07 2010
Dernière mise à  jour : 02 07 2010