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Lavilliers descend dans l'arène
On l'adore. Ou on le déteste. Bernard Lavilliers ne laisse jamais indifférent. C'est qu'il ne mâche pas ses mots, l'artiste ! Depuis plus de quarante ans, il balance, s'insurge... Des coups de gueule qui lui ont valu d'être boycotté par les radios à une certaine époque. Il n'a pourtant jamais cessé de composer, de chanter et de tourner... tissant avec son public des liens solides comme un roc.
À la manière d'un Bruce Springsteen aux États-Unis - dans un style musical différent -, Lavilliers est devenu le porte-voix de ceux qui n'en ont pas. Engagé depuis toujours, ce fils d'ouvrier stéphanois n'a pas oublié ses racines. Mieux, il les revendique. Et mouille la chemise. Aussi n'est il pas rare de le voir débarquer, la guitare en bandoulière, dans des usines menacées de fermeture, improvisant un concert de soutien pour les ouvriers qui veulent sauver leur emploi.
Et le public d'entonner, les larmes aux yeux, pour se donner du baume au coeur, son fameux "Je voudrais travailler encore, travailler encore, forger l'acier rouge avec mes mains d'or (...)."
Compagnon de route...
Auteur, compositeur (donc musicien) et interprète, l'artistevoyageur est profondément libre, à l'image d'un Léo Ferré, son maître. Comme lui, il appuie souvent là où ça fait mal. Son dernier opus, le vingtième, "Causes perdues et musiques tropicales" ne fait pas exception à la règle. Un titre un peu long qui a sa petite histoire : "Un jour, Mitterrand m'a demandé ce que je faisais. Je lui ai répondu, "Comme toujours, Président, je chante pour les causes perdues sur des musiques tropicales".
Ses onze morceaux aux rythmes métissés, empreints d'influences brésiliennes, capverdiennes ou encore afrocaribéennes - coup de chapeau aux musiciens et en particulier au Spanish Harlem Orchestra - habillent des textes pas si légers que ça. Comme en atteste "Identité nationale" : sur une bande-son très cinématographique, il dénonce "la censure partout (...)", le retour à Vichy chez Pétain... La poésie à fleur de peau, Lavilliers offre aussi de jolies pépites comme "Sourire en coin" ou "La nuit nous appartient".
Ces nouveaux titres mais aussi de plus anciens seront à découvrir sur scène car Lavilliers sera sur les routes à partir du 4 février. Une première date en Essonne - aux Arènes de l'Agora d'Évry* - avant l'Olympia début mars et une tournée des Zénith... Un rendez-vous, c'est sûr, à ne pas manquer !
*Concert programmé par le centre culturel Robert Desnos de Ris-Orangis, un équipement soutenu par le Conseil général.
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