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Du domaine de Bellejame au Centre national de rugby (CNR)

Carte postale d'époque du domaine de Bellejame

Depuis 2002, l'Essonne accueille à  Linas-Marcoussis, sur le domaine de Bellejame, le Centre national de rugby (CNR), lieu de formation et d'accueil pour les joueurs de haut niveau.

Si aujourd'hui, les murs de pierre cachent des équipements ultra-modernes, ils ont protégé jadis une propriété seigneuriale avant de devenir le centre national de rugby français.

Au XIIe siècle, un seigneur de Longjumeau appartenant, à  la famille de Bellejambe donne son nom au domaine qu'il vient d'acquérir : un manoir entouré d'eau au sein d'un vaste parc traversé par la Sallemouille (appelée alors Gadanine). Jean de Montagu, conseiller du roi Charles VI, l'achète en 1399. La terre de Marcoussis, sur laquelle se trouve le domaine de Bellejambe, est élevée au rang de châtellenie et devient un enjeu politique local. Au xve siècle, de nombreux propriétaires se succèdent dont Armanjeu de Guarlande, puis Étienne Prévost, marchand et couturier qui lègue son fief aux moines Célestins. Mais Louis Malet de Graville, devenu seigneur de la Roue (nom d'une terre située à  Linas), utilise son droit féodal en dépossédant les Célestins au profit de son valet de chambre, Richard Hochet, “pour le récompenser de ses bons services.”

Bellejambe devient Bellejame...
À partir de 1540, le domaine, saisi par le roi, est donné à  la famille Le Maistre, petite noblesse de robe, qui construit patiemment le château et acquiert des terres et des bois. Louis Le Maistre (1628-1666), conseiller du roi Louis XIV, obtient le changement du nom de Bellejambe en Bellejame pour faire taire les moqueries dont il est victime au sujet de ses “jambes... petites et fort grêles.” Le XVIIIe siècle marque l'apogée du lieu, avec l'achèvement du château et le dessin des jardins à  la française. En 1792, le domaine est acheté par un ancien huissier du roi, Auguste Dubois, autorisé en 1817 à  ajouter “de Bellejame” à  son patronyme. La propriété devient une exploitation agricole et une résidence de campagne.

Une maison bourgeoise y est édifiée, le jardin perd progressivement sa régularité. De 1831 à  1841, le domaine appartient au baron Pierre-Paul Denniée, puis à  Alphonse Éric Joly de Bammeville, maire de Marcoussis. En 1880, il occupe quatre-vingt-treize hectares sur les communes de Marcoussis, Janvry, Linas et Montlhéry. Au XXe siècle, Jean de Pontevès d'Amirat, dernier marquis de Bellejame, mène dans les années 1950 des travaux de restauration, donne des fêtes et loue dix hectares à  une importante société de production florale. Laissé à  l'abandon à  partir de 1969, le domaine est incendié et vandalisé. De nombreux projets de réhabilitation s'avèrent infructueux comme, en 1981, l'implantation du Centre technique national de football.

Retenu parmi 20 candidatures
La Fédération française de rugby, qui ne possède aucun équipement permettant la préparation des grandes rencontres, lance en décembre 1998 une consultation nationale pour le choix d'un site dédié au rugby. Le 14 janvier 1999, Jean de Pontevès d'Amirat, propriétaire du domaine de Bellejame, autorise le maire de Marcoussis à  poser sa candidature. Sur une vingtaine de dossiers, c'est finalement, à  l'issue de trois votes, le site de Linas-Marcoussis qui est retenu. L'annonce du choix de Bellejame est proclamée le 2 juillet 1999. Le Centre national du rugby, conçu par les architectes Françoise Jourda et Pierre Ferret, sera inauguré trois ans plus tard, en septembre 2002.

Sur l'ensemble des quarante-trois hectares, la FFR est propriétaire de dix-huit hectares. Le Conseil général détient l'autre partie, classée “espace naturel sensible”. Du domaine historique de Bellejame, demeurent aujourd'hui le mur d'enceinte et le pigeonnier, intégrés à  la résidence de l'équipe de France de rugby.

Date de création : 04 10 2007
Dernière mise à  jour : 09 10 2009

Contact

Centre national de Rugby
Domaine de Bellejame
3-5 rue Jean de Montaigu
91460 Marcoussis - France
Tél. 01 69 93 64 65
Fax 01 69 63 64 06

Sources : Archives départementales de l'Essonne