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Corbeil-Essonnes, capitale de la papeterie

Bâtiments de l'ancienne papeterie le long de la Seine

Pendant deux siècles, le site de Moulin-Galant, à  Corbeil-Essonnes, a abrité une gigantesque papeterie. Sur plus de dix hectares, les papeteries Darblay constituaient une véritable petite ville, où vivaient jusqu'à  un millier de travailleurs et leurs familles.

La Révolution couve. Nous sommes le 26 mars 1789. Pierre-François Didot achète les moulins à  papiers de l'Essonne. Il les exploite avec son frère et son gendre, qui n'est autre que l'écrivain Bernardin de Saint-Pierre, précurseur du romantisme et auteur du roman Paul et Virginie. Mais les événements politiques bouleversent le cours de la petite entreprise essonnienne. La Convention réquisitionne la fabrique pour y confectionner les assignats. Tout au long du siècle qui suit, la papeterie change de mains. Jusqu'à  son acquisition, en 1867, par Stanislas Darblay.


Sa famille laisse durablement sa marque sur le paysage industriel de la région. Au moment où les Darblay rachètent le site, l'usine est déjà  l'une des plus importantes de France. Elle ne comprend pas moins de neuf moulins. L'un d'eux est appelé Moulin-Galant, du nom du lieu-dit situé à  un kilomètre en amont de la rivière. L'ensemble est si vaste qu'un historien, Julien Turgan, se penche sur ce lieu.

 

Une petite ville dans la ville

D'après ses estimations, la papeterie couvre une surface de quelque dix hectares et loge près d'un millier de travailleurs et leurs familles ! Les dirigeants veillent au bien-être de leurs ouvriers. En bâtissant de nombreux logements près des usines, ils fondent un économat et des écoles.

 

Un empire familial incroyable

Mais la matière première manque. Le bois pour produire la cellulose viendra du Tyrol autrichien. Les Darblay ouvrent une usine qui fournira la maison mère essonnienne. Au tournant du siècle, les constructions ne cessent de s'étendre. Un tunnel de 750 m est creusé pour relier le port fluvial des Bas-Vignons à  l'usine par une voie de chemin de fer. Les productions se diversifient. On érige une fonderie et un atelier de construction mécanique, une usine de feutres et un atelier de tissage de toiles mécaniques. Des activités qui prendront fin en 1952, à  l'issue de restructurations. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'usine est dotée de machines flambant neuves. Pourtant, petit à  petit, l'empire Darblay quittera l'Essonne. Si Sopalin y voit le jour, c'est pour être déplacé un peu plus tard à  Sotteville, près de Rouen.


Aujourd'hui, la papeterie Darblay (groupe UPM) a définitivement quitté Moulin-Galant pour rejoindre Grand-Couronne, en Seine-Maritime. Il reste cependant d'importantes traces de cet ensemble industriel qui a animé une partie du département pendant deux siècles.

Date de création : 27 01 2004
Dernière mise à  jour : 09 10 2009