Zoom sur le patrimoine mobilier essonnien

Ce patrimoine trop souvent méconnu, dispersé dans les 196 communes de l'Essonne se caractérise par son ancienneté et sa grande diversité typologique, à travers : le patrimoine religieux, civil, scientifique, technique, et le mobilier monumental.

 

Près de 12 000 objets bénéficient d'une protection au titre des monuments historiques (inscription ou classement), décidée par des instances administratives spécifiques (examen en commission départementale des objets mobiliers et décision finale en commission supérieure des monuments historiques) après récolement (inventaire) des objets in-situ par la Conservation des antiquités et objets d'art.

 


Patrimoine religieux

Statue classée MH en 1897, conservée à  Marcoussis, église Sainte Madeleine. Vierge à  l'enfant dite "Vierge des Célestins", statue, marbre, trace de polychromie, H.178 cm, attribuée à  Jean de Roupy, vers 1400-1410, Marcoussis, église Sainte Madeleine. Cette sculpture est impressionnante par sa monumentalité, exceptionnelle par sa conception plastique et son iconographie. Elle a été exécutée avec une parfaite maîtrise du travail du marbre. Sa réalisation est attribuée à  Jean de Roupy dit "Jean de Cambrai", imagier et valet de chambre du duc de Berry dès 1336.

Vitraux classés MH en 1931, conservés à  Bruyères-le-Châtel, église Saint Didier. "L'Annonciation", vitraux, deux panneaux d'un tympan, H.95 cm, vers 1420-1423, Bruyères-le-Châtel, église Saint Didier. Ces panneaux renvoient à  la production d'artistes tels que le Maître de Boucicaut et le Maître de la Mazarine. Vitraux classés MH en 1931, conservés à  Bruyères-le-Châtel, église Saint Didier.

Les types physiques et les attitudes (la silhouette de la Vierge), la plastique des accessoires et de certains détails (les minuscules cercles d'or des étoffes) se retrouvent dans leurs enluminures.

La statue de Marcoussis et les vitraux de Bruyères-le-Châtel, ont été sélectionnés par le musée du Louvre à  Paris, pour l'exposition "Paris 1400, les arts sous Charles VI", du 26 mars au 12 juillet 2004.


Patrimoine civil

Enseigne inscrite MH en 1996, conservée à  Etampes, Hôtel de Ville."A la bonne rencontre", enseigne d'auberge, peinture sur bois, H.49 x L.95 cm, auteur inconnu, 1808-1809, Etampes, Hôtel de Ville. La scène suggère un établissement ayant servi de terrain à  la rencontre entre deux militaires de l'époque napoléonnienne : à  gauche, un officier de carabiniers de la ligne, en tenue de société ; à  droite un officiers de lanciers polonais du 2e régiment de la garde impériale en tenue de campagne. Typique des enseignes en place au début du 19e siècle, c'est un objet rare en raison de sa fragilité. Ce petit vestige a été découvert dans un local ayant abrité le greffe de Paix.


Patrimoine scientifique

Le Linac classé MH en 1987, conservé à  Orsay, Institut de physique nucléaire.Accélérateur linéaire d'ions lourds dit "le Linac", cuivre, H.120 x l.1000 cm, oeuvre exécutée entre 1966 et 1970, Orsay, Institut de physique nucléaire. Cet appareillage qui a fonctionné de 1970 à  1985, est à  l'origine de nombreux progrès dans le domaine de la connaissance du noyau atomique, et a permis de grandes avancées dans des domaines tels que : la physique atomique, la physico-chimie, la pharmacie ou la médecine dans le traitement de certains cancers.



Patrimoine techniquePressoirs inscrits MH en 2001, conservés à  Villabé, Hôtel de ville.

"Pressoirs à  vin et éléments de patrimoine vinicole local",
un grand pressoir : diamètre de 190 cm, datant de 1880-1900 ; un petit pressoir : diamètre de 120 cm, datant de 1920, Villabé, Hôtel de Ville . La présence de ces éléments atteste la permanence de la tradition des petits vins de la Région Parisienne, vivace jusqu'en 1955, date du dernier cadastre vinicole en Essonne actuelle.


Patrimoine mobilier monumental

Peinture mural inscrite MH en 2001, conservée à  Prunay-sur-Essonne, église Saint Martin."Peinture murale médiévale à  décor d'armoiries royales", exécutée au pochoir et à  la sanguine, faux joints, 14e s., Prunay-sur-Essonne, église Saint Martin. Il s'agit d'ensemble imitant des pierres rectangulaires dans lequel s'insère des motifs décoratifs : un blason aux armes de France, souligné d'une couronne et un semis de marguerites, roses stylisées et fleurs de lys. C'est au cours de relevés architecturaux dans l'église, qu'il a été identifié cette peinture murale dans les combles de la nef et du choeur.

C'est une découverte interessante, car il existe très peu de témoignage de cette nature en Essonne, à  ce jour.



Douze collections remarquables

L'Essonne possède actuellement douze collections d'objets remarquables par leur caractère unique et atypique et d'intérêt néanmoins universel. 

• Trois collections scientifiques : L'herbier Roger de Vilmorin à  Verrières-le-Buisson, Les instruments de l'Ecole polytechnique à  Palaiseau, Les objets à  caractère scientifique de l'observatoire Flammarion à  Juvisy-sur-Orge.

Une collection industrielle : L'ensemble de porcelaine tendre, avec ses moules et pièces de four de la fabrique du duc de Villeroy à  Mennecy.

Deux collections d'artistes : Les épreuves et manuscrits autographes de Victor Hugo à  la Maison littéraire à  Bièvres, Les oeuvres réalisées et les objets collectés représentatifs de l'univers quotidien de Léonard Foujita à  la Maison-atelier à  Villiers-le-Bâcle.

Trois collections civiles : Le mobilier estampillé du duc de Talleyrand-Perigord au château du Marais au Val-Saint-Germain, Le mobilier commandé du duc de Padoue au château de Courson à  Courson-Monteloup, L'ensemble de vaisselle d'étain et les instruments de chirurgie de l'Ancien
Hospice à  Montlhéry. 

Trois collections religieuses : L'ensemble de l'orfèvrerie de la chapelle de l'Hôtel-Dieu à  l'église Notre Dame à  Etampes, Le reliquaire de labasilique Notre-Dame-de-Bonne-Garde à  Longpont-sur-Orge, Le reliquaire de l'abbaye Saint-Louis-du-Temple à  Vauhallan.

Outils à  votre disposition

Le patrimoine mobilier historique de l'Essonne est répertorié dans la base de données locale Abyla gérée par la CAOA, et au plan national - pour les objets inscrits et classés - dans la base de données Palissy accessible en cliquant ici.  

La base de données Abyla se compose de deux "sous-bases" appelées AOA et COLLECTION. Elle contient (chiffres en 2009) 7 930 notices d'objets avec 9 303 images, représentant un total de 11 953 objets.

La base AOA recense les objets appartenant au domaine public depuis la loi dite "de séparation des Eglises et de l'Etat" en 1905, protégés et non protégés au titre des monuments historiques.

La base COLLECTION recense les objets objets appartenant au domaine public ou privé formant un ensemble dit "cohérent", protégés au titre des monuments historiques.

En attendant sa mise en ligne prochaine (pour les objets protégés), elle est accessible uniquement sur RV à  la Conservation des antiquités et objets d'art (lmayeur(at)cd-essonne.fr, 01 60 82 57 84).

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