Quand la Seine sort de son lit

Une crue de fleuve est un phénomène naturel qui peut avoir d'importantes répercussions sur les activités humaines, et ce malgré tous les aménagements réalisés en amont. L'exemple de la Seine en est un très frappant.

En janvier 1910, la région a connu l'inondation la plus importante du siècle. Qualifié de crue centennale, l'événement a paralysé l'activité de Paris et sa banlieue. Pendant plusieurs semaines, plus d'électricité ni de gaz, plus d'eau potable, des chaussées inondées, les réseaux de transport bloqués, des déchets qui s'accumulent sans pouvoir être éliminés,...

La décrue à  peine amorcée, l'heure est à  la désinfection, à  la lutte contre les risques d'épidémie, aux réparations et à  la remise en marche des transports et des services. Deux mois plus tard, les habitants retrouvent les pieds au sec et les activités reprennent leur cours normal. Au total, 400 millions de francs-or (plus d'un milliard d'euros) de dégâts.


Centennale = tous les ans une "chance" / 100

La probabilité annuelle pour qu'un événement de l'ampleur de la crue de la Seine de 1910 se reproduise est : 1 chance sur 100. L'accumulation de deux facteurs est nécessaire.

La première condition est l'incapacité de l'eau à  s'infiltrer dans les sols.
Pour cela, plusieurs causes sont possibles :


La deuxième condition qui, ajoutée à  la précédente, déclencherait des crues concomitantes de la Seine et ses affluents, est d'intenses précipitations. Tous les spécialistes s'accordent à  dire qu'une crue de ce type se reproduira assurément. Mais impossible de prévoir exactement quand !


Faire face au risque

Aujourd'hui, le suivi des conditions météorologiques et des niveaux des eaux de la Seine et de ses affluents amont, permet aux services de l'État de prévoir une crue quelques jours à  l'avance. En prévention de l'arrivée d'un événement exceptionnel, la première ligne de défense du bassin de la Seine consiste en une série de quatre "lacs réservoirs", gérés par l'Institution des grands barrages de Seine (IIBRBS).

Ces ouvrages permettent de stocker des millions de mètres cube d'eau, ce qui pourrait diminuer la hauteur maximale de la crue (- 70cm au mieux), mais pas de l'empêcher.

 

Anticiper l'événement

La mise en œuvre d'ouvrages de protection est donc nécessaire mais pas suffisante. En cas de crue importante de la Seine, c'est plusieurs milliers d'habitations essonniennes qui seront directement touchées par la montée des eaux.

Afin que cet événement majeur ne devienne pas une catastrophe, et pour limiter les impacts sur les zones vulnérables, il faut dès aujourd'hui s'y préparer :


Pour résumer, réduire sa vulnérabilité en cas de crue, c'est développer la conscience et la culture du risque.


Les dates importantes de cette crue centennale
  • Novembre à décembre 1909 : des pluies importantes saturent le sous-sol de la région réduisant l'infiltration des eaux.
  • Du 18 au 21 janvier 1910 : des précipitations importantes provoquent une crue des affluents de la Seine (l'Yonne et la Marne).
  • 28 janvier 1910 : le pic de la crue est atteint. La Seine atteint le débit de 2400 m3/s alors qu'en temps normal le débit moyen est de 450 m3/s. La hauteur d'eau au pont de Corbeil-Essonnes est à  6.15m et à  8.62m à  l'échelle d'Austerlitz (échelle mesurant la hauteur d'eau dans le lit de la Seine, au quai d'Austerlitz). 
  • 16 mars 1910 : la Seine retrouve son lit normal.
  • Avril 1910 : le réseau de transport francilien est progressivement remis en service.

 

L'aménagement idéal pour se prémunir d'une crue

Voici quelques conseils d'aménagements de votre habitat pour réduire les dégâts en cas de crue.

Pour visualiser correctement cette animation, vous devez disposer sur votre ordinateur du lecteur Adobe Flash, gratuitement téléchargeable sur le site de l'éditeur.

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