Le patrimoine géologique

Les sites géologiques représentent environ 240 hectares en Essonne. De très nombreuses carrières, anciennes ou contemporaines, ont été ouvertes sur les coteaux et dans les fonds de vallées. Ces exploitations révèlent la grande "géodiversité" du substratum essonnien (sable, grès, argile, calcaire et meulière).

Le Département est d'ailleurs l’un des berceaux historiques de la géologie en tant que science : Au XVIIIe siècle, Guettard et Lavoisier y dessinent en effet les premières cartes minéralogiques, puis au XIXe Alcide d’Orbigny décrit les couches de la région d'Etampes.

L'Essonne abrite également la première Réserve Naturelle Nationale de France créée en 1989, qui préserve des couches de référence datant de 30 millions d’années environ.

Ces sédiments, datés de l’époque dite "stampienne", se composent, entre autres, de sables déposés par la dernière mer ayant occupé le bassin parisien. Qu'ils soient très fossilifères ou extrêmement purs, ces sables sont dénommés "sables de Fontainebleau". Une partie de ceux-ci s’est solidifiée selon des processus chimiques complexes pour donner naissance aux grès de Fontainebleau qui composent des chaos rocheux impressionnants dans le secteur du Gâtinais.

Autre curiosité locale, d’épais dépôts de tourbe, datés du Quaternaire, se sont déposés sur plus de 15 mètres d’épaisseur dans les vallées de l’Essonne et de la Juine. Ils ont été intensément exploités comme combustible depuis le Moyen-âge jusqu’à la seconde guerre mondiale, laissant de nombreuses traces dans les paysages (étangs, fosses, digues, canaux...).

Exceptionnel mais fragile, ce patrimoine scientifique, paysager et culturel contribue à l’identité paysagère de l’Essonne. Sa valeur est souvent d’ordre nationale, voire internationale. En outre, les carrières sont des lieux témoins : elles abritent souvent des éléments du petit patrimoine industriel témoignant d’anciens modes d’exploitation des ressources locales.

 

La géodiversité, qu’est-ce que c’est ?

La géodiversité désigne la diversité du monde minéral. Ce terme intègre les différentes facettes de la diversité du sous-sol (roches, minéraux, fossiles, sols), ainsi que l’ensemble des processus dynamiques qui les génère (érosion, sédimentation…).

Bien qu’inerte, ce patrimoine est important car il explique l’organisation des paysages, influe sur la biodiversité et conditionne les activités humaines qui s’exercent en surface.

En complément

DOCUMENTS