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En attendant le moustique tigre

Publié le : 12.07.2016, dernière mise à jour : 27.02.2017

Un hiver doux, des pluies fréquentes, un printemps particulièrement humide, des cours d’eau qui débordent... le temps est à la fête pour les moustiques en Essonne. Déjà observé une fois au nord du département, il se pourrait que le moustique tigre fasse son apparition aux côtés de nos suceurs de sang locaux.

Aedes albopictus © wikimedia commons - DR

Aedes albopictus © wikimedia commons - DR

Originaire d’Asie, le moustique Aedes albopictus – ou moustique tigre - est vecteur de virus potentiellement dangereux pour l’Homme : dengue, chikungunya, Zika... Or depuis peu, l’insecte semble se plaire sous nos latitudes européennes. "Avec le réchauffement climatique, les hivers sont plus doux et les précipitations plus importantes. L’animal étant à sang froid et ses larves aquatiques, il apprécie particulièrement ces conditions et s’établit dans nos régions", explique Franck Courchamp, directeur de recherche au CNRS et écologue à l’université Paris-Sud (Orsay).

Moustique voyageur

Mais comment est-il arrivé en France ? Plutôt grégaire, Aedes albopictus vit dans un rayon de 200 mètres autour de son lieu d’éclosion. "Il est toutefois très actif le jour et emprunte nos voitures, trains, avions pour transiter le long des grands axes de communication", indique Frédéric Simard, directeur de recherche à l’IRD de Montpellier*. "Il s’implante alors de villes en villes avant de coloniser les campagnes avoisinantes". Dénué de prédateurs, abri idéal contre les aléas du climat, riche en petits points d’eau, l’environnement urbain est parfait pour l’insecte.

Détecté en Italie en 1999, le moustique tigre a traversé la frontière en 2004 et avait colonisé 20 départements du pourtour méditerranéen en 2014. "Aujourd’hui on le retrouve dans 30 départements. Il poursuit sa progression du sud vers le nord et l’ouest et s’est bien implanté au sud d’une ligne Lyon-Marmande**".

L’Essonne se prépare

Avec ses aéroports internationaux et ses axes de communication multiples, la région parisienne recense ses premiers spécimens. D’abord repéré dans le Val-de-Marne en juillet 2015, il a été identifié dans l’Essonne en septembre 2015. "Un particulier en a capturé un à Savigny-sur-Orge et transmis à l’Agence régionale de santé [ARS] pour analyse. C’était bien un moustique tigre", souligne Thierry Thuegaz, vétérinaire et chef de projet santé environnement au Conseil départemental de l’Essonne.

Le département est désormais sous surveillance de l’ARS (niveau d’alerte 0B) et des pièges-pondoirs ont été disposés au printemps dans douze communes avoisinant Savigny-sur-Orge. S’ils sont positifs au moustique tigre, l’Agence relèvera l’alerte au niveau I, seuil pour lequel la présence de l’insecte est avérée et constitue un risque sanitaire pour la population.

Les équipes départementales auront dès lors toutes compétences pour lutter contre le moustique et prévenir les risques qui lui sont associés. "Inéluctablement, le moustique tigre s’implantera en Île-de-France et il faudra vivre avec. Nous sommes moteurs, avec le Val-de-Marne. Nous réfléchissons avec plusieurs départements de l’Île-de France à la mise en place d’une structure pour gérer cet éventuel problème. Elle pourrait assurer des missions de suivi scientifique du moustique, de communication et de traitement à son encontre".

Il faudra cependant un cas avéré de maladie liée à l’un des virus transportés par Aedes pour déclencher une démoustication. "Les produits utilisés sont nocifs pour l’environnement. On ne traitera que dans un rayon de 200 mètres autour du domicilie du malade", insiste Thierry Thuegaz.

[ajout 19/07/2016] D’après les informations du Parisien (édition du 18/07/2016), les relevés de l’ARS sont négatifs. L’Essonne reste donc classée en niveau d’alerte 0B, ce qui signifie que l’insecte a été détecté mais reste "non colonisant".

Pullulation modérée

Les récentes inondations risquent de favoriser la prolifération des moustiques (tigres ou non) en Essonne. "Ces insectes pondent leurs œufs à la surface de l’eau ou sur des supports humides appelés à être immergés. Au contact de l’eau les œufs éclosent et les larves se développent", explique Frédéric Simard. "La pullulation pourrait toutefois être modérée car les crues ont eu lieu en début de saison, à un moment où les moustiques ont encore peu pondu", conclut le chercheur.

 

*IRD : Institut de recherche pour le développement
**Lot et Garonne

 

Quelques éléments à connaitre sur les moustiques tigres

- Le moustique tigre est facile à reconnaître grâce à ses rayures noires et blanches et à sa petite taille (moins de 1 cm d’envergure).
- Il se développe dans de petites quantités d’eau stagnante (soucoupes de pot de fleurs, pneus usagés, jouets d’enfants dans les jardins, coquilles d’escargot vides…).
- Il est vecteur de virus potentiellement dangereux pour l’Homme (Dengue, Chikungunya, Zika).
- Il s’infecte en piquant des personnes atteintes par ces virus. Nombre d’entre elles ne présentent d’ailleurs aucun symptôme.
- Zika est sexuellement transmissible, tout cas doit donc être déclaré à l’Agence régionale de santé. 126 malades ont été recensés en Île-de-France au cours du premier semestre 2016.

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